Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3232, 4 Fvrier 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3232, 4 Fvrier 1905

Author: Various

Release Date: September 8, 2010 [EBook #33675]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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Produced by Jeroen Hellingman and Rnald Lvesque






L'Illustration, No. 3232, 4 FVRIER 1905.

LA REVUE COMIQUE, par Henriot.


Supplment de ce numro: LE PATINAGE A PARIS, gravure hors texte de
double page.


L'ILLUSTRATION

Prix du Numro: 75 Centimes. SAMEDI 4 FVRIER 1905 63 Anne.--N 3232.

[Illustration: A SAINT-PTERSBOURG: L'ENTERREMENT D'UNE VICTIME DU 22
JANVIER _Photographie de notre envoy spcial.--Voir l'article, page
68._]


COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE TRANGRE

Lundi, trois heures. A l'Acadmie des sciences. De chaque ct du
tableau noir, au long d'un grand mur nu, s'alignent deux banquettes o,
serrs les uns contre les autres, de vieux messieurs somnolents, de
jeunes hommes  mine grave, la serviette pose sur les genoux, coutent,
prennent des notes ou billent; c'est le public. Je me suis glisse au
milieu d'eux. A la tribune o sige le bureau, trois hommes chauves
remuent des paperasses ou bavardent  demi-voix. Et, devant les pupitres
bas disposs autour de cette chaire, une cinquantaine de personnages
sont assis, dialoguant tout bas d'un fauteuil  l'autre ou muets;--mais
visiblement indiffrents au bruit de la parole qu'on entend couler,
tomber, monotone, dans le silence de l'assemble, comme un ruisselet de
source dans une pice d'eau.

L'homme qui parle est debout, le buste serr dans la redingote, et tient
des papiers  la main. D'une voix paisible, unie, qui zzaye un peu, il
lit le rcit d'observations qu'il a faites au cours d'un rcent voyage
en mer. Je le reconnais. C'est un chef d'tat: Son Altesse Royale Albert
Ier, de Monaco. Et je me rappelle, en l'coutant, l'impression de
surprise amuse que je rapportai, il y a deux mois, d'une soire o je
vis ce prince pour la premire fois.

C'tait rue des Saints-Pres, dans une faon de petit temple
simili-romain, o l'Acadmie de mdecine autrefois tenait ses sances.
Nous tions l quatre ou cinq cents badauds des deux sexes qui nous
entassions devant l'estrade o devait tre faite, par le prince
lui-mme, la leon d'ouverture d'un cours d'Ocanographie cr par lui 
Paris. C'est mme  cette occasion que j'appris que la science de la
mer, invente il y a deux sicles par les Franais, n'est aujourd'hui
nglige qu'en France. On l'enseigne dans une ville seulement, et cette
ville n'est point un port de mer: c'est Nancy,--une des localits les
plus loignes qu'il y ait, dans tout le territoire, des trois mers qui
le bordent... Les Franais ont de ces distractions.

Le prince de Monaco, qui est gnreux, s'est offert le luxe de rparer
celle-ci au profit d'un pays qu'il aime et d'une science dont il a la
passion. Il a dot Paris d'une chaire qui lui manquait. Et il l'a fait
avec une simplicit charmante Debout, la baguette  la main, devant le
grand panneau de toile blanche o se succdaient les projections, le
prince parlait, comme aujourd'hui, d'une voix un peu terne et zzayante,
sans souci d'tre loquent ou d'amuser, mais seulement proccup de nous
instruire. Et tout au plus,  certains menus indices, et-on pu
reconnatre que ce professeur-l n'tait pas de la mme condition que
les autres... On sentait dans son altitude et mme en certaines faons
de s'exprimer, je ne sais quoi d'imperceptiblement distant, un mlange
singulier de timidit et de hauteur. Il entra, sortit sans presque
saluer, et ne s'entretint qu' la troisime personne avec ses
auditeurs: Je remercie l'assistance qui m'coute, disait-il. Je vous
remercie et t d'une familiarit un peu trop directe. Il ne
recherchait point le contact. Nous non plus. Il tait en frac et cravate
blanche et la plupart de ses auditeurs taient venus l en tenue de
ville et chapeaux mous. A la sortie, notre foule se dispersa;
quelques-uns de ces chapeaux,  peine, se soulevrent au passage du
coup qui ramenait chez lui le souverain.

L'accueil que lui font aujourd'hui ces messieurs de l'Institut n'est pas
plus chaud. On l'coute, comme on couterait le premier lecteur venu,
avec une sorte de dfrence froide d'o toute pense de courtisanerie
est absente. Et, tout de mme, comme je comprends que cette capitale-ci
lui soit plus chre que les autres! Il n'y a pas de refuge plus doux que
Paris au coeur des petits souverains; car il n'y a pas de ville plus
dlicieusement propre  les consoler d'tre petits. Ils n'y sont
acclams nulle part; mais ils s'y voient respects partout. Ils gotent,
dans Paris rpublicain, cette volupt de ne se sentir infrieurs 
personne. L'hospitalit fastueuse d'un empereur puissant ou d'un grand
roi rendrait plus sensible  tous les yeux l'humilit de leur condition,
les exposerait  des comparaisons dsobligeantes... Ici, ce risque leur
est pargn. Et ni la bombe de Tivoli-Vaux-Hall, ni l'engin mystrieux
de la rue d'Argenson ne les empcheront de penser qu'on dne moins
agrablement  Potsdam ou  Windsor qu' l'lyse.

...Des braseros sont allums dans la nef du Grand Palais, et voil que
dj--en attendant l'Hippique et les Salons de printemps--une exposition
s'y improvise. Cela s'intitule le Palais de la Femme, et j'y rencontre
un peu de tout: des robes et des culottes de cheval, un atelier de
fleurs artificielles et des pianos, des fourneaux de cuisine, de la
parfumerie et des billards, des postiches et des machines  crire, des
modles de crches et de maisons ouvrires, de quoi instruire ou tenter
tous les sexes et tous les ges. Alors pourquoi le Palais de la Femme?
Est-ce qu'on veut indiquer par l que la femme est,  Paris, le
commencement et la fin de toutes choses et que les hommes ne font rien,
ne crent ou ne dmolissent rien qu' cause d'elle; qu'en art, en
toilette, en conomie sociale ou domestique, il n'y a rien dont elle ne
soit ici la cause, ou le prtexte, ou le but? Mon cousin Bnaly, qui
m'accompagne, pense que j'attribue aux organisateurs de cette entreprise
une arrire-pense philosophique qu'ils n'ont point eue.

Ces hommes sont simplement, me dit-il, des Parisiens trs intelligents
 qui l'exprience a enseign que, dans cette ville-ci, le titre d'une
oeuvre importe beaucoup  son succs. Et ils ont choisi celui auquel il
est sans exemple qu'une curiosit d'homme ou qu'une sympathie fminine
ait rsist. Ils n'ont fait aux femmes qu'une place honorable parmi eux;
mais trs spirituellement ils ont voulu qu'elles occupassent l'enseigne
tout entire... Ils ont mis  leur livre, qui n'est pas mauvais, une
couverture qui le fera trouver dlicieux. Et cela aussi est bien
parisien.

...Djeun rue Royale, en sortant du Palais de la Femme. Delbon nous a
donn, pour la sance de la Chambre des dputs, deux cartes. En
Prsident install d'hier, onze ministres tout neufs... j'ai voulu voir
cela, vivre pendant une heure dans cette atmosphre de bataille. Et m'y
voici. Nous sommes, Bnaly et moi, juchs et comprims en un coin de
tribune, d'o mon oreille ne peroit qu'une suite de mots confus, noys
dans un brouhaha de clameurs approbatives, de rires, de grognements que
scandent des battements de pupitres et le bruit de coupe-papier heurts
au bois des tables. Imposant dcor, de tonalit cossue, o se fondent le
rouge sombre des siges et l'acajou des deux tribunes. Assis derrire la
plus haute, un petit homme mince, cravat de blanc, considre avec
flegme le va-et-vient des redingotes qui encombrent l'hmicycle, au del
duquel, sous le jour terne qui tombe du plafond, je vois grouiller des
crnes chauves, des mains leves, des poings tendus. De temps en temps,
M. le Prsident appuie le doigt sur le levier d'une grosse sonnette, se
penche vers quelqu'un qui lui vient souffler  l'oreille quelque chose.
Il a les cheveux en brosse, la barbe en pointe coupe, court sur les
joues, le nez pinc, les paupires bouffies, abaisses sur deux yeux qui
semblent clos et dont les cils dessinent,  distance, deux petits traits
noirs sur la face ple:--je ne sais quoi, dans l'aspect, de guind, de
distant, de fatal... Il a l'air de s'ennuyer beaucoup, et la mlancolie
de son attitude contraste plaisamment avec l'animation joyeuse des
visages d'hommes et de femmes qui encombrent, en face de lui, les
tribunes publiques. Ceux-l, visiblement; s'amusent, et j'en fais la
remarque  Bnaly.

Ils s'amusent, en effet, me dit Bnaly; et persuadez-vous bien, ma
cousine, que ni l'orateur que vous voyez se dmener  la tribune, en des
attitudes de thtre, ni ceux qui l'applaudissent ou le conspuent ne
sont indiffrents  la prsence de ces auditeurs et de ces
auditrices-l. Ces hommes se sentent observs, et il leur est agrable
qu'on les observe. Dangereuse coutume! Il me semble que bien des abus de
parole et de geste, bien des niaiseries, bien des extravagances seraient
vits dans cette maison, si la proccupation d'en imposer aux badauds
qui sont l--aux femmes surtout--n'y hantait les cervelles. On se tient
autrement, et l'on pense et l'on parle autrement devant un mur nu que
devant une tribune o l'on aperoit des chapeaux fleuris et de beaux
yeux qui vous regardent. C'est terrible, en politique, les yeux d'une
jolie femme. Cela incite  toutes sortes de btises. On tait un homme
simple: on veut tre brillant; on tait un homme conciliant: on devient
susceptible et agressif; on savait s'abstenir de propos inutiles: on
devient bavard et redondant. _Elle_ est l... il importe de lui plaire.

Et puis il y a la tribune, qui achve de les affoler; chaque parole
qu'on y dit devient un bout de rle qu'on joue et qu'on a le souci de
bien jouer. Regardez l'homme qui hurle en ce moment et que M. Jaurs
menace du poing. Il avait peut-tre une opinion utile  exprimer, qu'il
et donne sagement de sa place. On a pouss cet homme sur un trteau;
on lui a offert l'occasion de se mettre en scne, de dclamer ce qu'il
avait  dire; comment voulez-vous qu'il rsiste  cette tentation? C'est
un Latin; il aime le thtre; et le voil devenu prolixe, impertinent,
tumultueux, mchant... Tout cela vient de ce qu'il s'est plac, pour
parler,  un mtre cinquante au-dessus du sol Faites-le descendre de l;
subitement il s'apaise. Il sourit  l'adversaire qu'il menaait; il
l'accompagne  la buvette...

Sonia.


LES FAITS DE LA SEMAINE

FRANCE

23 janvier.--Clture de l'enqute judiciaire sur la mort de M. Gabriel
Syveton: le juge d'instruction rend une ordonnance de non-lieu.

25.--Grave accident aux ardoisires d'Avrill, prs d'Angers: 15
ouvriers tus par suite de la rupture d'un cble.

27.--Le nouveau ministre se prsente devant les Chambres; lecture de sa
dclaration et de son programme, identique  celui du prcdent
cabinet.--A la Chambre des dputs, interpellation visant la dclaration
ministrielle et la politique gnrale: rponse de M. Rouvier, prsident
du conseil; intervention de M. Berteaux, ministre de la guerre, et de M.
Delcasse, ministre des affaires trangres. Adoption, par 410 voix
contre 107, d'un ordre du jour de confiance. Vote de deux douzimes
provisoires pour les mois de fvrier et de mars.--Afin d'affirmer la
rsolution du gouvernement de faire cesser l'agitation cause par
l'affaire des fiches de dlation, le conseil des ministres arrte, avant
la sance, les mesures suivantes: mise en disponibilit du gnral
Peign, commandant du 9e corps d'arme, membre du conseil suprieur de
la guerre: des gnraux d'Amboix de Larbont et de Nonancourt; radiation
des cadres de la Lgion d'honneur du commandant en retraite Bgnicourt.

30.--Explosion d'une bombe,  Paris, avenue de la Rpublique,  la suite
d'un meeting organis salle Tivoli  propos des vnements de
Saint-Ptersbourg; cinq personnes blesses, dont deux gardes
rpublicains.--La nuit prcdente, un engin explosif a t dpos au
domicile du prince Troubetsko, attach  l'ambassade de Russie.

ETRANGER

23 janvier.--A Saint-Ptersbourg, la situation reste grave. Le ministre
de l'intrieur a fait fermer toutes les succursales de l'Union
ouvrire.--Nombreuses grves  Moscou.--Incendie violent dans les
chantiers de l'Amiraut,  Sbastopol.

24.--Publication d'une dclaration du dpartement d'tat de Washington,
prcisant sa politique  Saint-Domingue: les Etats-Unis garantissent 
la Rpublique Dominicaine l'intgrit de son territoire, ils prennent en
mains la perception des impts, la rvision du tarif douanier et le
rglement des rclamations trangres.--Oukase adress par le tsar au
Snat dirigeant et rtablissant le poste de gouverneur gnral de
Saint-Ptersbourg (supprim depuis 1866); le gnral Trepov, prfet de
Moscou, nomm  ce poste, reoit une partie des attributions du ministre
de l'intrieur et un pouvoir discrtionnaire l'autorisant  faire
intervenir la force arme  sa volont et lui confrant la police des
fabriques et ateliers, des autorits communales, des zemtvos. Il tablit
son quartier gnral au Palais d'Hiver. La grve est d'ailleurs en
complte dcroissance. Arrestations d'crivains et de journalistes,
connus pour leur libralisme.

25.--A Saint-Ptersbourg, dans la nuit du 24 au 25, obsques d'un grand
nombre des victimes de la fusillade du 22; les corps ont t transports
 14 kilomtres de la ville. Entente entre le ministre des finances et
les fabricants: la dure de la journe rglementaire de travail sera
rduite  neuf heures. Aux usines Poutilov, les premires en grve, dans
d'autres ateliers, une grande partie des ouvriers ont repris le
travail.--A Moscou, les cosaques tirent sur des manifestants; plusieurs
blesss.

26.--Entre de l'ambassade franaise  Fez, capitale du Maroc.--En
Espagne, dmission du cabinet Azcarraga.--lections lgislative en
Hongrie. Le cabinet Tisza prouve une dfaite inattendue et complte. Le
parti Kossuth est le victorieux de la journe.--Le trait de commerce
entre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie est sign par les commissaires
des deux tats; il est valable jusqu'en 1918.--A Saint-Ptersbourg,
proclamation du gouverneur gnral et du ministre des finances invitant
les ouvriers  se dfier des meneurs politiques et  reprendre le
travail, annonant que le tsar a mis  l'tude la question des
assurances ouvrires et qu'une loi vient d'tre propose, qui porte
diminution de la journe de travail et donne aux travailleurs la facult
lgale de dlibrer sur leurs besoins et d'en formuler l'expression. En
province, extension de la grve.

27.--En Espagne, M. Villaverde, dj prsident du conseil en 1903,
forme un nouveau cabinet, conservateur comme les prcdents.--A Saint
Ptersbourg, les journaux recommencent  paratre, sous le contrle de la
censure; la ville est calme, La conseil municipal de Moscou lit une
commission de 15 membres charge de s'occuper de la question du
mouvement ouvrier. La grve commence  Varsovie.

29.--Les dsordres s'aggravent  Varsovie, les coles et les thtres
sont ferms.

[Illustration: Le gnral Trepov, gouverneur gnral de
Saint-Ptersbourg.]

LA GUERRE RUSSO-JAPONAISE

La tentative russe sur Niou-Tchouang n'avait t qu'un audacieux raid,
accompli par un fort parti de cavalerie, qui avait russi  forcer le
rideau de l'extrme gauche japonaise.

Dix jours plus tard. Kouropatkine tentait, sur le mme flanc gauche des
japonais, un mouvement bien plus considrable. Dans la nuit du 24 au 25,
tout un corps d'arme (le 8e) prenait l'offensive sur la rive droite du
Houn-Ho, au nord-ouest de Liao Yang. Par un froid intense (16), qui
avait brusquement succd  une temprature exceptionnellement douce, les
Russes attaquaient, le 25, les villages de Khalatosa et de Kekeouatai
et les occupaient; leur cavalerie repoussait deux rgiments de dragons
vers le sud-est. Le 26, le mouvement se dessine contre Sandepou, gros
village aux mains des Japonais depuis le 8 novembre; aprs un vif
combat, les ouvrages artificiels qui le protgeaient sont enlevs et, 
sept heures du soir, les Russes sont dans le village; ils se heurtent
alors  une forte redoute, qui ne peut tre prise sans bombardement
pralable et dont les feux rendent la position dans le village
intenable. Il faut reculer; le 27, le 28, le comtat continue avec
acharnement; les Japonais ont pu couvrir  temps leur flanc gauche; le
plan de Kouropatkine a chou. Le 29, les Russes taient refouls dans
les environs de Kekeouatai, sur le Houn-Ho.


[Illustration: M. Maurice Rouvier, prsident du conseil des ministres,
et son fils, au Bois de Boulogne.]

M. ROUVIER AU BOIS

M. Maurice bouvier, notre nouveau premier qui, en prenant la
prsidence du conseil, a gard le lourd portefeuille des finances, est
sans contredit l'homme le plus occup du cabinet. Certes, son exprience
consomme de parlementaire et de financier, sa puissance de travail, la
remarquable verdeur de ses soixante deux ans, le tiennent  la hauteur
de sa tche; mais celle-ci doit lui laisser bien peu de loisirs, et, en
dehors de ses heures de prsence  la Chambre ou au Snat, on ne se
l'imagine gure qu'assis devant un bureau, courb sur des rapports, des
dossiers, des tableaux de statistiques, des colonnes de chiffres,
prparant des projets et des discours, triturant la matire fiscale et
budgtaire, abattant quotidiennement une besogne ardue,  laquelle vient
s'ajouter maintenant le souci de la politique gnrale.

Eh bien, se figurer M. Rouvier en cette unique posture de sdentaire
attach  un rude labeur, ce serait n'avoir de sa physionomie qu'une
notion incomplte. Son temprament actif de mridional, un besoin de
raction bien naturel, le portent  rechercher l'exercice, et ainsi,
d'ailleurs, il suit l'exemple des hommes politiques anglais, lesquels,
on le sait, sont presque tout des sportsmen distingus. Cet Athnien de
Marseille, devenu de longue date un Athnien de Paris, pratique
volontiers le plus lgant des sports: l'quitation. Au Bois, proche
voisin de son htel de Neuilly-Saint-James, il est des matins--le
dimanche surtout--o on le rencontre chevauchant familirement en
compagnie de son jeune fils. M. le ministre conserve en selle quelque
chose de son attitude habituelle  la tribune: rien de guind, un
certain sans faon, qui n'exclut ni la fermet sur les triers, ni l'art
dlicat de rendre la main  propos Peut-tre ne se pique-t-il pas d'tre
un cavalier d'une correction impeccable; mais que lui importe, pourvu
que l'assiette soit solide comme l'assiette de l'impt et l'quilibre
assur comme l'quilibre du budget? E. F.


MAXIME GORKI A la suite des troubles qui ensanglantrent, le 22 janvier,
Saint-Ptersbourg, un certain nombre d'hommes de lettres, de
Journalistes, d'Intellectuels, comme on dit, ont t arrts par la
police russe.

Neuf crivains qui, la veille de cette tragique journe, avaient t
dsigns par 150 de leurs confrres, au cours d'une runion, pour se
rendre auprs du ministre de l'intrieur et tenter d'viter la collision
qu'on pressentait fatale, furent les premires victimes de la
rpression.

Parmi eux se trouve l'un des crivains les plus puissants, les plus
originaux de la littrature russe contemporaine, Maxime Gorki. Saisi 
Riga, o il tait all, il a t incarcr dans une forteresse.

On a surnomm Gorki le prince des vagabonds. Nulle existence, en
effet, ne fut plus mouvemente que la sienne, il rappellerait assez, par
le ct aventureux de son caractre, notre Villon.

Ag de trente-cinq  trente six ans,--il ne sait pas au juste la date de
sa naissance.--Maxime Gorki a t tour  tour apprenti cordonnier, puis
apprenti graveur, marmiton, aide jardinier, coq sur un bateau  vapeur,
garon boulanger, scieur de long, dbardeur, garde-barrire. Enfin, et
surtout, dans un pays o, avec l'entrave troite du passeport, les
voyages sont si peu aiss, il a, toute sa vie, couru les routes.

Entre temps, il avait trouv le moyen d'apprendre  lire sur le bateau 
vapeur o il servait comme aide de cuisine; plus lard, il eut la bonne
fortune de rencontrer un avocat qui s'intressa  lui et lui fit donner
une instruction convenable. Et puis, il reprit son chemin, parcourant
les Russies en tous sens.

C'est au cours de ses prgrinations qu'il a amass les matriaux de ses
livres, entass les observations caractristiques et directes,  peu
prs impossibles  un romancier professionnel, sur les pauvres gens, les
dclasss, les _outlaws,_ au milieu desquels il passait et qu'il a fait
revivre en des nouvelles d'une intensit singulire, avec leurs passions
de brutes candides, leurs douleurs poignantes, qui balbutient leur
misre sans espoir et sans fin.

[Illustration: L'crivain russe Maxime Gorki, arrt comme
rvolutionnaire. _Phot. Bulla._]


[Illustration: LES GRVES ET LES MANIFESTATIONS DE
SAINT-PTERSBOURG.--Devant les usines Poutilov, le 28 janvier, avant la
reprise du travail.]

[Illustration: Devant l'Amiraut, le 22 janvier,  2 heures: le rgiment
de la garde Preobrajensky fait reculer la foule.]

Nous avons publi dans notre dernier numro une importante srie de
photographies, croquis et dessins de nos correspondants et de notre
envoy spcial  Saint-Ptersbourg. La journe du 22 janvier aura t
heureusement la seule sanglante et les documents photographiques que
nous reproduisons cette semaine se rapportent presque tous aux journes
qui ont suivi et o l'ordre a recommenc  rgner. Cette physionomie de
Saint-Ptersbourg, aprs l'meute et la rpression, n'en est pas moins
lugubre. Nous n'avons pas besoin de souligner la tristesse poignante de
la scne saisie par notre photographe et reproduite par notre belle
gravure de premire page: l'enterrement, le mardi 24 janvier, d'un
ouvrier, tomb le dimanche sous les balles aveugles d'un rgiment de la
garde impriale; un frre, un pre simplement un ami--on ne sait--suit
seul le pauvre cercueil, qui glisse sans bruit sur la neige vers le
cimetire. Deux seulement des photographies ci-contre ont t prises le
jour mme des terribles conflits: le spectacle est presque anodin; 
peine aperoit-on la ligne des soldats refoulant le public,
discerne-t-on l'moi qui rgne autour du Jardin Alexandre,--et pourtant,
dans l'instant qui va suivre, les fusils vont partir.

[Illustration: RUE SADOVAIA, A SAINT-PETERSBOURG, LE 24 JANVIER.--Les
magasins barricads. Photographies de nos correspondants, de notre
envoy spcial et du gnral Nasvtvitch.]

[Illustration: Ulhans de la garde sur la route des usines Poutilov.]

[Illustration: Troupes d'infanterie derrire l'arc de triomphe de Narva
(25 janvier).]

[Illustration: LE JARDIN ALEXANDRE, O LES TROUPES ONT CERN LES
MANIFESTANTS (dimanche, 22 janvier,  2 heures et demie environ).
_Photographie du gnral Nasvtvitch._]

[Illustration: A Saint-Ptersbourg. OUVRIERS EN GRVE A Moscou,
_Photographies Carl Delius._]


[Illustration: Mme Daniel Lesueur, Mme M. Tinayre. Mme Arvide Barine.
Mme Marni. Mme A. Daudet. Ctesse de Noailles. Bne de Pierrebourg. Mme
Judith Gautier. Mme de Broutelles.]

[Illustration: UNE ACADEMIE FMININE.--Runion, dans le salon de la
comtesse Mathieu de Noailles des femmes crivains qui ont dcern  Mme
Myriam Harry le prix de 5.000 francs de la _Vie heureuse_.]

LE PRIX GONCOURT DES FEMMES

Il a t dcern ces jours-ci, sans tapage, et dans des conditions assez
originales. C'est une acadmie fminine qui s'est charge de ce soin:
une acadmie toute neuve, qui ne confectionne aucun dictionnaire et
n'habite aucun palais, mais o rgnent le talent, l'esprit, la jeunesse
et la beaut, et dont la place est marque dsormais parmi les aropages
littraires--de physionomie infiniment moins sduisante--o, jusqu'
prsent, le sexe fort dictait seul ses lois.

Cette acadmie fminine n'est point ne, comme le croient beaucoup de
gens, d'une ide de concurrence, mais d'une ide de justice.

On sait que l'acadmie Concourt exclut les femmes de la distribution de
ses rcompenses. En quoi elle a tort. La production fminine, en
littrature, grandit tous les jours et, depuis une dizaine d'annes,
s'est enrichie d'oeuvres que beaucoup d'crivains, et non des moindres,
s'enorgueilliraient d'avoir signes. Alors, pourquoi cette distinction
de sexes qu'aucune logique ne justifie et que l'quit rprouve?

C'est la question que s'est trs justement pose un de nos confrres;
l'excellent journal la _Vie heureuse_, qu'une femme prcisment, Mme G.
de Broutelles, dirige avec succs.

Et la _Vie heureuse_ a dcid de fonder  son tour un prix de cinq mille
francs qui serait dcern  l'auteur de la meilleure oeuvre littraire
parue au cours de l'anne coule,--et dcern par un jury de femmes de
lettres.

Ce jury fut ainsi compos: prsidente, comtesse Mathieu de Noailles;
vice-prsidente, Mme J. Dieulafoy; secrtaire, Mme Jean Bertheroy;
membres: Mme Juliette Adam, Arvde Barine, Th. Bentzon, Mends, Bne de
Pierrebourg (Claude Ferval), Alphonse Daudet, Daniel Lesueur, Delarue
Mardrus, Judith Gautier, Lucie Flix-Faure-Goyau, Marni, Marcelle
Tinayre, P. de Coulevain, Poradowska, George de Peyrebrune, Gabrielle
Rval et Sverine.

Secrtaire perptuel: Mme C. de Broutelles.

Voil un jury dont la comptence et le prestige ne seront contests par
personne. Il ne contient que des noms connus et plusieurs noms
illustres; et il n'y a pas une seule de ces signatures qui n'voque le
souvenir de quelque ouvrage applaudi ou d'un succs littraire
retentissant.

Plusieurs d'entre elles s'imposent mme trs particulirement  la
sympathie,  la gratitude des lecteurs de _l'Illustration._

C'est ici mme que Jean Bertheroy publiait son dernier roman--l'une de
ses plus belles oeuvres--les _Dieux familiers_. C'est dans
_l'Illustration_ galement que Daniel Lesueur publiera son prochain
ouvrage, la _Force du pass_, que nous commencerons dans quinze jours.
Et, dans quelques mois, nous donnerons  nos lecteurs une nouvelle
oeuvre de Mme Marcelle Tinayre, l'heureux auteur de cette _Maison du
pch_ dont on se rappelle l'clatant succs.

Un intressant dtail  noter: ces femmes se montraient plus gnreuses
 notre gard que nous ne l'avions t vis--vis d'elles; car le
rglement de leur concours ne stipulait point que les hommes en taient
exclus; et rien ne s'oppose  ce qu'en un prochain concours quelque
jeune homme de talent ne vienne recevoir de l'acadmie fminine la palme
du vainqueur... enveloppe dans cinq billets de mille francs.

Mais charit bien ordonne commence par soi-mme; et il tait trop
naturel que le jury du prix _Vie heureuse_, impatient de ddommager les
femmes d'exclusions immrites, dcernt  une femme la premire
rcompense dont il disposait.

Plusieurs candidatures, toutes intressantes, s'offraient. Elles furent
longuement, consciencieusement discutes en plusieurs runions. La
dernire se tint, il y a huit jours, au domicile mme de la prsidente,
comtesse Mathieu de Noailles, qu'une lgre indisposition retenait chez
elle. Au premier tour de scrutin, par 17 voix sur 21 votes mis, Mme
Myriam Harry, auteur de cette _Conqute de Jrusalem_ que M. Ledrain
signalait dj  nos lecteurs, le 12 mars dernier, tait proclame
laurate du concours.

Mme Myriam Harry est une jeune femme d'une trentaine d'annes, dont
l'histoire est singulire.

Elle est ne  Jrusalem. Son pre tait un explorateur russe, d'origine
polonaise; sa mre, une diaconesse allemande; et c'est en Egypte qu'elle
fut leve...  l'anglaise. A quinze ans, elle savait parler le russe,
l'allemand, l'anglais, l'arabe et l'hbreu; mais elle ignorait le
franais; et ce fut une vieille dame un peu toque, a-t-elle racont
elle-mme, qui lui en enseigna les premiers rudiments.

...La matresse et l'lve se sont assez bien tires d'affaire... B.

Mme Myriam Harry, auteur de le Conqute de Jrusalem _Phot. Pirou, bd
Saint-Germain._


[Illustration: Sir Lewis Beaumont. Baron de Spaun. Vice-amiral Fournier,
prsident. Amiral Davis. Amiral Doubassof. M. William Martin. M.
Soulange-Bodin. Baron de Taube. M. Mandelstamm. M. Nekludog.
L'interprte. Un pcheur dposant. H. Pickford. M. O'Beirne. Sir E. Fry.
Major Danill. Commandant Keyes. UNE SANCE PUBLIQUE DE LA CONFRENCE DE
PARIS.--Dposition d'un pcheur de la flottille de Hull. _Dessin d'aprs
nature de Paul Renouard.--Voir l'article  la page suivante._]

[Illustration: Types de marins anglais de la flottille de Hull ayant
dpos devant la commission. _Dessins d'aprs nature de G. Scott,_
L'ENQUTE SUR L'INCIDENT DE HULL: LES TMOINS]

Les seules sances un peu pittoresques que pouvait nous offrir la
confrence internationale charge de l'enqute sur l'Incident de Hull
sont maintenant passes; ce sont celles au cours desquelles ont dpos
les armateurs, patrons et matelots des chalutiers qui pchaient sur le
Dogger Bank, lors du passage de l'escadre russe.

Mais une dposition, parmi toutes celles-l, a provoqu dans l'auditoire
un vif mouvement de curiosit; c'est celle que fit, dans l'aprs-midi du
mercredi 25 janvier, M. George Beeching, armateur, qui a indiqu, avec
une grande prcision de dtails, les conditions dans lesquelles les
chalutiers de la mer du Nord, et ceux du port de Hull en particulier,
pratiquent la pche. Ce fut une vritable et trs instructive leon de
chose.

D'abord, on vit M. George Beeching sortir d'un petit coffret un modle
rduit du chalutier qu'il dposa sur le bureau de la commission; puis on
apporta devant lui de grosses lanternes bien brillantes, bien nettes, de
ces fanaux aux formes trapues, aux glaces paisses et protges par de
solides armatures de cuivre, qui sont en usage  bord des navires et
qu'on appelle feux de position. Et, devant ces accessoires, il commena
sa confrence technique.

Sa dposition termine, il fut demand au tmoin s'il avait embarqu des
torpilles. A quoi il rpondit d'un accent ferme:

--Non, certainement.

--Y avait-il des Japonais  bord?

--Non, monsieur.

--Un bruit quelconque de la prsence d'un navire de guerre dans les
parages de Hull, est-il venu  vous?

--Non, jusqu'au passage des navires russes.

Le commandant Clado, qui tait embarqu sur le _Prince-Souvarof_ en
qualit de second capitaine de pavillon de l'amiral Rodjestvensky,
allait apporter, avec non moins d'nergie et de prcision, dans sa
dposition, des affirmations tout autres.

Le commandant a t entendu dans les deux sances tenues mardi dernier,
31 janvier. Le matin, il a dpos en russe, comme il avait t convenu.
Mais, alors que, pour les autres tmoins, c'est un traducteur qui lit la
version franaise des dpositions, c'est M. Clado lui-mme, qui, le mme
jour,  la sance de l'aprs-midi, a donn lecture de la traduction de
sa dposition. Il l'a fait d'une voix claire, sans le moindre accent.

Et il attesta la prsence, dans les eaux de Hull, sur le lieu de
l'incident, non pas d'un, mais de deux torpilleurs, reconnus  la forte
volute d'cume que soulevait leur trave,  leurs doubles chemines
basses et crachant des panaches de fume.

[Illustration: Le commandant Clado, lisant la traduction franaise de sa
dposition.]

[Illustration: Fanaux des pcheurs de Hall.]


ATTENTATS ANARCHISTES A PARIS

Deux attentats rappelant ceux par lesquels se signala la propagande
anarchiste, il y a une dizaine d'annes, viennent d'tre commis  Paris;
les rcents vnements de Russie ont t le prtexte de ces actes
criminels, dont les auteurs sont jusqu' prsent rests inconnus.

Lundi dernier, divers groupes socialistes et rvolutionnaires avaient
organis, au Tivoli-Vaux-Hall, un meeting de protestation contre le
tsarisme. La sortie de la runion fort nombreuse achevait de
s'effectuer sans dsordre, grce aux rigoureuses mesures dont M. Lpine,
prfet de police, surveillait lui-mme l'excution, lorsque, vers
minuit, une bombe clata sur l'avenue de la Rpublique,  l'angle du
quai de Valmy, devant la maison portant le numro 13; les deux gardes
rpublicains Bonnet et Montagne furent srieusement blesss, l'un  la
jambe, l'autre  la main; un troisime eut son fusil dtrior, mais,
comme une demi-douzaine d'autres personnes, il ne fut que lgrement
atteint. Quant aux dgts matriels, ils se bornent au bris d'un vitrage
 la devanture du magasin occup par la chemiserie Clment.

[Illustration: La chemiserie Clment, avenue de la Rpublique, aprs
l'explosion.]

[Illustration: Le prince Troubetzkoy. _Phot. Pirou, boulevard
Saint-Germain._]

La nuit prcdente, le colonel prince Jean Troubetzkoy, attach 
l'ambassade de Russie, avait, en rentrant du cercle, failli heurter du
pied un dangereux engin explosif, dpos au seuil de son htel, rue
d'Argenson. Le prince Troubetzkoy, rsidant depuis longtemps en France,
est, on le sait, une des personnalits les plus notoires et les plus
sympathiques de la colonie russe  Paris. Qui n'a eu l'occasion de le
rencontrer conduisant son phaton attel d'une belle paire de chevaux?

[Illustration: L'htel du prince Troubetzkoy, rue d'Argenson (La croix
blanche indique l'endroit o la bombe fut trouve,)]


[Illustration: La ville vue de la terrasse du consulat franais.]

FEZ

_L'ambassade franaise auprs du sultan du Maroc est arrive jeudi 
Fez, ou elle a fait une entre solennelle. Nous recevrons dans quelques
jours et nous publierons la semaine prochaine les photographies prises
par notre correspondant et montrant les dtails de la rception._

_Fez est la moins connue, la plus ferme des capitales du Makhzen. M.
Augustin Bernard, matre de confrences  la Sorbonne, qui a visit
cette ville il y a quelques mois, a bien voulu crire pour_
l'Illustration _une courte mais substantielle monographie, qu'on lira
avec intrt,  l'heure o se discutent, dans le palais du sultan
Abd-el-Aziz, les bases de l'action franaise au Maroc._

Vue d'un des promontoires couronns de ruines qui s'lvent en dehors
des remparts Fez offre un aspect vritablement enchanteur, mergeant
comme une le de la mer sombre de ses jardins. Au-dessus de la surface
ingale des terrasses qui semblent se rejoindre d'un bout de la ville 
l'autre sans que rien les spare, se dressent seuls les minarets des
mosques et la Kasbah. Au nord sont les pentes couvertes d'oliviers du
Zalagh; au sud,  l'horizon lointain, les sommets neigeux des
Beni-Ouaran. L'oued Fez, n  quelques kilomtres de la ville, se
prcipite en cascades  travers les rues, avant d'aller rejoindre le
Sebou, qu'on aperoit dans le fond de la dpression.

[Illustration: La partie du palais contenant la mosque prive et les
appartements particuliers du sultan Abd-el-Aziz.--Copyright by Underwood
and Underwood.]

[Illustration: Un bureau d'octroi  une des portes de la ville.
_Copyright by Underwood and Underwood._]

C'est l'abondance et la beaut de ses eaux qui font la gloire de Fez et
lui ont mrit dans l'islam la mme clbrit qu'a Damas. La rivire
des Perles fait tourner ses moulins, arrose ses jardins ombreux aims
des citadins. Dans chaque maison, une double canalisation apporte les
eaux propres et entrane les eaux salies: Fez a depuis le seizime
sicle le tout--l'gout.

Fez, qui compte environ 70.000 habitants, se compose de deux villes:
Fez-el-Bali et Fez-el-Djedid, la vieille et la nouvelle Fez. Entre les
deux s'tendent des terrains vagues, des cimetires, un palais et des
jardins abandonns; prs des portes d'une splendide architecture
pourrissent d'effroyables charognes; c'est tout l'islam, grandeurs et
ruines.

[Illustration: Une porte de Fez-el-Bali.]

Fez-el-Bali, fonde par Idriss II, vers 806 de l're chrtienne, fut
peuple  l'origine de gens de Kairouan et de musulmans d'Espagne
(Andalous), qui s'taient cantonns en deux quartiers distincts, chacun
d'un ct de la rivire, et entre lesquels rgnaient des luttes
incessantes. Les principaux monuments qui attirent l'attention sont,
comme dans toutes les villes du Maroc, les portes, les remparts, les
mosques et les fontaines. Les deux mosques les plus clbres sont
celle de Moulay-Idriss et celle de Karaoun. Moulay-Idriss renferme le
tombeau du fondateur de la ville, le grand saint que les Fsis invoquent
 chacune de leurs phrases; c'est le centre d'un vaste quartier entour
de barrires et o les musulmans ont seuls le droit d'entrer. Malheur 
celui qui enfreindrait la dfense!--Il serait immdiatement charp par
la populace, ou mme brl vif, comme il advint  un isralite il y a
peu d'annes. A bonne distance pourtant de la mosque sainte, je
m'attirai une apostrophe peu bienveillante parce que je fumais une
cigarette: Moulay-Idriss craint l'odeur du tabac.

Karaoun, dont on aperoit en passant les belles fontaines et les
lgantes colonnades, ressemble  la mosque de Cordoue. Elle renferme
la bibliothque fameuse et l'cole qu'on est convenu d'appeler
l'universit de Fez. Aux yeux des musulmans, Fez est en effet le
_Dar-el-alm_, la maison de sapience: Elle a toujours t, dit un
crivain musulman, le sige de la science et de la religion; ple et
centre de l'islam, mre et capitale des villes du Maghreb.

Fez n'est pas seulement une ville de science, c'est aussi une ville de
commerce. Au centre de Fez-el-Bali est la _Kessaria_, march form de
rues couvertes, o l'on ne circule pas  cheval, o chaque rue a un
genre de profession et vend une catgorie de marchandises, y compris des
esclaves. C'est le rendez-vous des affaires et le centre des
conversations; les hauts personnages, les oulmas s'y promnent
gravement, ayant sous le bras le petit tapis de feutre destin  dire la
prire ou simplement  s'asseoir lorsqu'on veut causer. Trs anime 
certaines heures, la _Kessaria_ est dserte le soir comme la Cit 
Londres.

[Illustration: L'oued Fez.--_Phot. de M. Augustin Bernard._]

C'est Fez-el-Bali qui est la vritable Fez. Quant  Fez-la-Neuve, elle
est en ralit bien vieille aussi, car elle date du treizime sicle. La
majeure partie en est occupe par le Dar-el-Makhzen, ou palais du sultan,
 l'ombre duquel se tapit le mellah ou quartier isralile, teint de
bleu, qu'habitent 8.000 juifs. Fez-el-Djedid a bien l'aspect d'une
forteresse destine  commander le pays; ce ne sont qu'alignements de
murs crnels, tours massives. Au-dessus des maisons, trs basses, se
dressent les pavillons aux tuiles vertes des habitations impriales.
Celles-ci se divisent en deux parties: l'une publique, qui sert le matin
 la runion des vizirs et forme le palais du gouvernement; l'autre
prive, prcde d'une longue cour quadrangulaire, qui est la demeure
mme du sultan; aprs avoir franchi une porte garde par des ngres, on
aborde un enchevtrement de pavillons et de constructions confuses,
entours par les jardins ombrags de Lalla-Mia, les plantations
d'oliviers de l'Aguedal et la vaste esplanade du nouveau mechouar,
rserve aux dploiements des troupes et aux grandes crmonies.

Les entrevues du chrif avec les Europens ont souvent lieu dans une
petite cour, dite du pavillon bleu, autour de laquelle, dans une srie
de cages grilles, sont installs les fauves de la mnagerie impriale,
lions, tigres, panthres, qui ponctuent volontiers de leurs
interruptions les discours du visiteur. C'est dans cet trange palais
que mne son trange vie Notre Seigneur Moulay-Abd-el-Aziz,  qui Dieu
donne la victoire.

Les auteurs musulmans ne tarissent pas en loges sur Fez: O Fez, dit
l'un d'eux, toutes les beauts de la terre sont runies en toi! De
quelles bndictions, de quels biens ne sont pas combls ceux qui
t'habitent! Est-ce ta fracheur que je respire, ou est-ce la sant de
mon me? Tes eaux sont-elles du miel blanc ou de l'argent?

[Illustration; Un vieil aqueduc maure.--_Copyright by Underwood and
Underwood._]

Un des ministres du sultan, qui vint  Paris il y a quelques annes, et
auquel je demandais laquelle des deux villes lui semblait la plus belle,
me rpondit, non sans malice: Sans doute, je prfre ma patrie, mais
comme le Bdouin de la tente prfre la maison de toile aux plus
splendides palais. Cette humilit n'tait qu'une politesse.

L'impression des Europens n'est pas toujours aussi favorable; la
premire sensation est videmment l'tonnement et l'admiration: elle
fait bientt place chez la plupart  la tristesse et  une sorte
d'oppression. Ces hautes maisons sont sans fentres sur la rue,
pareilles aux femmes musulmanes qui ne se dvoilent que devant leur
matre. Ces longs murs qui semblent toujours en ruines, ces rues
troites et tortueuses, ce silence qui serre le coeur, l'hostilit qu'on
lit dans les yeux, dans les gestes des Maures, tout cela pse  la
longue sur le _nazrani_ (chrtien). Fez est la ralisation parfaite
d'une conception de la vie en tout et pour tout oppose  la notre. Elle
n'a pour ainsi dire pas chang depuis le moyen ge, car l'islam semble
fig plus que partout ailleurs dans cette ville pharisienne et fanatique
par excellence. De l cette impression de vtust, de ruine, qu'a si
bien rendue Loti.

[Illustration: Les jardins qui entourent Fez.]

C'est, en tout cas, un incomparable spectacle que celui qui s'est offert
 M. Saint-Ren-Taillandier  son entre dans la ville de Moulay-Idriss.
Le cad-el-mechouar ou introducteur des ambassadeurs, Idriss-ben-Yach,
un superbe multre  la voix tonnante, est d'abord venu au-devant de
lui. Puis le cortge s'est grossi peu  peu des fonctionnaires du
Makhzen, dans leurs costumes d'une blouissante blancheur, la couleur
des vtements transparaissant  travers la finesse des haks et des
djellabas; puis des cavaliers et des cads de toutes couleurs, oranges,
mauves, roses; puis les fantassins rouges, ondulant comme un champ de
coquelicots; enfin toute la population de Fez range  Bab-Segma, la
porte grandiose par laquelle le bachadour de France pntrera dans la
cit sainte. Que ce cortge des _Mille et une Nuits_ ait, par instants,
quelque chose d'une parade de cirque, il se peut. Mais l'ensemble m'a
paru vraiment ferique et grandiose.

Ensuite viendront les affaires srieuses.

AUGUSTIN BERNARD.

[Illustration; Terrasses et mosque.]

LA CAPITALE DU SULTAN ABD-EL-AZIZ.--Fez vue des hauteurs couronnes de
ruines qui dominent la ville. _Copyright by Underwood and Underwood._
_Voir l'article, page 73._


_Documents et Informations._

LE GUI.

Le gui du chne est devenu introuvable dans notre pays, disions-nous
dans un rcent numro (24 dcembre). Un de nos lecteurs, M. Guirbal,
nous envoie  ce sujet les renseignements complmentaires suivants:

Le gui du pommier, quoique commun, ne se rencontre dans les vergers que
par touffes isoles auxquelles la serpe des paysans fait une guerre sans
merci; le gui du peuplier, par contre, pousse en vritables frondaisons
dans certaines rgions humides du Sud-Ouest, et c'est lui qui alimente
principalement nos marchs parisiens.

[Illustration: Un arbre  gui.]

Bien qu'au point de vue botanique il n'y ait aucune diffrence, le
parasite du pommier se distingue de celui du peuplier par sa tenue, sa
finesse, ses formes plus sveltes, son vert plus fonc; il se conserve
mieux et est plus recherch.

Le vritable _arbre  gui_ n'est mme pas le peuplier commun, mais bien
le peuplier tremble, connu dans le Midi sous le nom de _carolin_, dont
les feuilles sont agites d'un mouvement perptuel et les branches
puissantes tendues en parasol.

La photographie ci-jointe, prise  Saint-Nauphary, dans la banlieue de
Montauban, reprsente un de ces spcimens, et encore aprs que les plus
belles touffes de gui ont t rcoltes pour la vente.

Un fait curieux  noter, c'est que ces arbres trs levs sont
gnralement envahis par le sommet alors que les pieds producteurs du
parasite sont situs  des distances considrables.

Ce sont les petites grives ou _merles draines_ qui, trs friandes des
baies gluantes du gui, mais ne digrant pas la graine unique qu'elles
renferment, rpandent au loin la semence avec leurs djections.

On connat le rle considrable des insectes dans la fcondation des
fleurs, mais celui des oiseaux, faisant  leur manire le geste auguste
du semeur, est assez peu connu pour mriter d'tre signal.

La CONDUCTIVIT LECTRIQUE DU CORPS.

A un certain moment c'tait assez la mode de mesurer la conductivit du
corps  l'lectricit pour apprcier la condition saine ou morbide de
celui-ci. Mais la mthode fut assez vite abandonne: il tait difficile
de mesurer exactement les diffrences, et de grandes variations se
prsentaient qu'on ne savait interprter. Voici, toutefois, qu'un
mdecin suisse, M. E.-K. Muller, vient de reprendre l'tude de la
question, il a t frapp par la grande variabilit de la conductivit
du corps humain selon l'heure et le jour. La nature des repas rcents
exerce aussi une influence considrable. Autre phnomne singulier: le
retour de valeurs exactement identiques dans des sries d'expriences
continues 10 et 15 minutes, pour les mmes minutes, alors mme que les
expriences sont spares par un intervalle de plusieurs jours. Une
constatation singulire a encore t faite par M. E.-K. Muller. C'est
que, pour la mme personne, les valeurs de la conductivit diffrent
normment selon qu'elle est isole dans une salle spciale, ou bien en
compagnie d'une tierce personne; c'est ainsi que, chaque fois qu'un
bruit se produit ou qu'une personne entre dans la pice o se fait
l'exprience, la rsistance lectrique prsente une variation subite et
considrable.

La rsistance ne varie pas seulement sous l'influence de causes
extrieures videntes: elle varie aussi sous l'influence des motions et
des sensations. Ds que celles-ci ont quelque intensit, la rsistance
diminue fortement tombant au quart ou au cinquime de ce qu'elle tait.
Des oscillations de la rsistance se produisent mme quand on parle au
sujet en exprience ou quand on l'oblige  concentrer son attention.
Tout effort de volont, tout effort pour entendre un bruit lointain,
toute excitation des sens, tout effort, si faible soit-il, du corps ou
de l'esprit, s'accompagne d'un changement de rsistance. On peut mme,
par les variations de la rsistance, voir si le sujet a des rves ou non
et si ceux-ci sont calmes ou mouvements. Toute motion, mme
temporaire, agit sur la rsistance. Celle-ci varie non seulement selon
les excitations physiques ou psychiques, elle varie selon la personne et
sa condition du moment. Il y a des personnes plus rsistantes que
d'autres. La rsistance est trs basse chez les nerveux, chez les
buveurs et les fumeurs. Elle est basse chez les sujets hypnotiss aussi,
mais avec des renforcements subits et extraordinaires ds que se produit
une excitation externe. Ces recherches seraient  poursuivre et 
dvelopper; peut-tre en pourrait-on tirer des conclusions intressantes
pour la psychologie et la physiologie.

LA NEIGE A GNES.

Nous pestons quand la neige envahit nos rues, couvre nos toits. Nous
soupirons aprs les tides journes de printemps,--ou rvons de fuir
vers de chimriques climats, des Rivieras ternellement douces. Or, les
habitants de ces contres privilgies sont, eux, dans la joie, quand,
d'aventure, les blancs flocons leur arrivent.

Il a neig, l'autre semaine  Gnes. 'a t un enchantement, un
divertissement tomb du ciel et bien accueilli. Des gens graves se
mitraillaient, dans les rues,  coups de boules blanches et l'on a
concouru  qui ferait la plus belle statue de neige. Si bien qu'on a vu
un sculpteur connu en Italie et mme au del des frontires, M. Achille
Canessa, l'auteur de quelques monuments funraires fameux et de
plusieurs statues de Christophe Colomb riges en Amrique, prendre
l'bauchoir pour modeler  la hte, en quelques heures, une srie de
statues qui ont soulev, jusqu' ce que le soleil les fondit,
l'admiration des Gnois.

PARIS A L'POQUE QUATERNAIRE.

Dans les sables et graviers quaternaires mis  nu lors des fouilles
pratiques pour la construction du Mtropolitain, au sud de
Saint-Germain-des-Prs, dans la rue de Rennes, M. Capitan a recueilli,
avec de nombreux silex taills, une dent de mammouth parfaitement
conserve, et M. Thieullen, une molaire d'un rhinocros de la mme
poque.

Dj, en 1867, M. Gaudry avait trouv, dans les alluvions sableuses du
sol de Paris, du ct de Grenelle, sur l'emplacement actuel de l'Hpital
Necker, des silex et des ossements de mammifres; et en creusant les
fondations de l'Htel des postes, M. Guadet, architecte, y avait
recueilli une dent d'lphant. Depuis, encore, M. Thieullen, 
Vaugirard, avait trouv une fort belle mchoire infrieure de mammouth,
qui figure dans la galerie du Musum.

Enfin, en 1897, M. Hnault, en construisant le pont Caulaincourt, au
cimetire Montmartre, avait dcouvert un squelette entier de mammouth.

Il y avait donc,  Paris, durant l'poque du quaternaire infrieur, un
mouvement intense de vie; mais c'taient surtout des lphants qui se
promenaient sur l'emplacement de nos boulevards actuels.

LE RENDEMENT DES ANIMAUX DE BOUCHERIE.

Ce n'est pas tout, pour un animal de boucherie, de possder un poids qui
lui assure le premier rang: il faut encore que ce poids soit fait de
parties utilisables pour l'alimentation. Autrefois, on prenait la peine
de dterminer le rendement des animaux prims; mais cela est tomb en
dsutude, malgr que les leveurs et les engraisseurs y auraient un
grand intrt.

Cependant, en Angleterre, cette pratique est encore en vigueur et aprs
le Concours d'animaux gras qui eut lieu  Londres avant la fte de Nol,
on a recueilli, sur le rendement des animaux  l'abattoir, de trs
intressantes donnes.

Sur 78 jeunes boeufs ou gnisses abattus, quatre ont donn un rendement
suprieur  70%. Le rendement le plus lev a t de 73.28%, pour un
boeuf Durham g de 1.063 jours qui pesait prs de 826 kilos. Un boeuf
crois Durham-Angus, qui pesait 841 kilos  l'ge de 1060 jours, a donn
comme rendement, 71.44%. Une gnisse Durham, expose par le roi
d'Angleterre, avait obtenu un premier prix, avec un poids vif de 736
kilos; son rendement a t de 70.77%

Sur un lot de 39 moutons, 2 seulement ont eu un rendement suprieur 
70%. Le plus lev, 75.97% a t atteint par un norme mouton
Oxfordshire, g de 21 mois, qui pesait 150 kilos. Un mouton Southdown,
g de 630 jours, qui pesait vif 92 kilos, a donn un rendement de
70.73%.

En communiquant ces intressants documents  notre Socit nationale
d'agriculture, M. Vacher a demand avec raison que des expriences
analogues aient lieu en France, au moment du Concours gnral agricole
de Paris. Cette enqute permettrait de constater les progrs raliser au
point de vue de la boucherie par les races franaises.

LA SURDI-MUTIT ET LES UNIONS CONSANGUINES.

D'aprs une opinion assez rpandue, les unions consanguines seraient
trs exposes  produire la surdi-mutit congnitale chez les enfants.

Or, d'aprs une rcente statistique du docteur Castex, sur 10 cas de
surdi-mutit congnitale on n'en rencontrerait pas plus d'un dans lequel
la consanguinit des parents puisse tre mise en cause.

Pour les autres, la tuberculose, le rachitisme, le saturnisme,
l'alcoolisme et la syphilis ont t reconnus chez les ascendants.

En prsence d'une telle richesse de causes, le plus simple est de
reconnatre que nous ignorons compltement les causes de la surdi-mutit
congnitale.

Quant aux cas de surdi-mutit acquise,--leur proportion est, sur
l'ensemble, de 32 0/00 un tiers environ,--on a pu les rapporter aux
infections des mninges et du cerveau et aux diverses maladies
infectieuses, telles que la fivre typhode, la diphtrie, la
scarlatine, etc.

Au total, toutes les maladies pourraient entraner la surdi-mutit, qui
ne serait, ds lors, qu'une localisation assez rare et malheureuse d'une
infection gnrale dans un centre nerveux de moindre rsistance.

BAINS CHAUDS OU BAINS FROIDS?

La temprature des bains, on le sait, n'est point indiffrente. Des
recherches rcentes confirment nettement cette notion. A la Socit de
thrapeutique, M. Deschamps, de Rennes, a insist sur l'utilit des
bains froids pour les obses.

Chez ces sujets, dit-il, l'accumulation de graisse est lie  un dfaut
de rayonnement calorique. Alors, pour augmenter ce rayonnement, M.
Deschamps provoque la rfrigration par un bain tide prolong. Le
premier bain se donne  33 les suivants  des tempratures infrieures,
mais qui ne descendent jamais au-dessous de 25. Les bains se donnent
tous les deux jours et durent de 15  45 minutes, suivant la
susceptibilit du sujet qui doit sortir de l'eau ds qu'il a la chair de
poule, le frisson ou des tremblements. Durant le bain on constate que le
pouls s'acclre et que la temprature centrale s'lve. D'aprs M.
Deschamps, ces bains, en augmentant le rayonnement calorique, diminuent
vite l'obsit, sans toutefois affaiblir le malade.

L'obse doit donc rechercher le bain tide. Le neurasthnique, par
contre, devra rechercher le bain chaud. C'est du moins l'opinion de M.
U. Alessi, qui ne s'est pas bien trouv de l'hydrothrapie froide pour
ses neurasthniques et qui a remarqu, par hasard, chez ceux-ci des
effets trs favorables  la suite de bains chauds.

Le neurasthnique se trouvera particulirement bien du bain chaud pris
le matin au lever. Le bain doit tre aussi chaud que possible, tout en
restant agrable au malade.

Cette hydrothrapie chaude est trs calmante, dit M. Alessi; les
bains--qui doivent tre de 40 minutes environ--suppriment les tats
d'excitation et les remplacent par un bien-tre trs prononc qui permet
au malade d'aller  ses affaires et d'tre, pour un temps au moins, plus
supportable pour son entourage.

[Illustration: Buste de Giuseppe Verdi sculpt en neige par M. Achille
Canessa,  Gnes.--_Phot. Burti._]

[Illustration:]

LA MDAILLE DU PRSIDENT STEIJN

Avant son dpart de Paris pour le Natal, le mois dernier, M. Steijn,
ancien prsident de l'tat d'Orange, a reu du comit franco-sud-africain,
ayant  sa tte son prsident d'honneur et prsident, M. Louis Herbette,
conseiller d'tat, et le snateur Pauliat, son mdaillon, oeuvre
remarquable d'un des membres du comit, le graveur en mdailles Henri
Dubois, de l'Institut, auteur de la belle mdaille commmorative du
prsident Krger.


_Mouvement littraire._

_L'Amant et le Mdecin_, par Gabriel de la Rochefoucauld (Calmann-Lvy,
3 fr. 50).--_Ames d'autrefois_, par Louise Chasteau (Calmann-Lvy, 3 fr.
50).

L'Amant et le Mdecin.

Jean de Merrien est issu d'une famille fort aristocratique. lev chez
les jsuites, il y a rencontr les mmes sentiments religieux et
traditionnels que dans sa maison. Mais, peu  peu, l'esprit du sicle
l'a pntr; les amis nouveaux l'ont orient d'un autre ct; il a lu et
discut les philosophes  la mode. Aussi sa foi catholique et
monarchiste s'est-elle singulirement affaiblie. Un jour, son pre le
fait dner avec une chanoinesse, un dominicain et un abb. Du premier
coup, et dans les moindres mots de la conversation, Jean de Merrien
constate tout le dsaccord qui s'est fait entre ses htes et lui. Il ne
les comprend plus. Ce sont des croyants, tandis qu'en son esprit le sens
critique s'est veill. En cet tat Jean de Merrien fait son entre dans
la vie... et dans la vie amoureuse.

Ne gardera-t-il pas cependant, mme en amour, beaucoup du catholicisme
premier? N'apportera-t-il pas dans la sensualit un certain mysticisme?
Et pour celle qu'il adore n'aura t-il pas une pudeur exagre, jusqu'
vouloir lui interdire la visite du mdecin?

Au dix-huitime sicle, la noblesse avait vers dans les ides
nouvelles; mais elle tait voltairienne, spirituelle, d'un libertinage
irrespectueux. M. de la Rochefoucauld a voulu, semble-t-il, nous montrer
quelle forme prend parfois dans l'aristocratie, au commencement du
vingtime sicle, la perte de la foi catholique. Aucune moquerie sur les
lvres, aucune haine du culte doucement abandonn, je ne sais quoi de
religieux encore, jusque dans les carts passionnels. On sent mme que
l'arbuste tient toujours au terreau ancien par quelques racines et qu'il
pourra  un moment refleurir. Impossible de nettement dfinir ces tres
nerveux, passionns et sans volont. Si ce portrait est exact, s'il y a
vraiment ce mal, M. de la Rochefoucauld l'a trs habilement signal aux
moralistes et aux pres de famille.

Maintenant quelle est la donne romanesque? Dans un restaurant de nuit,
accompagne de son mari, Mme Mirevault est apparue pour la premire fois
aux regards de Jean de Merrien. Il la retrouve, par hasard, en Suisse
et, comme le mari est fort occup avec une chanteuse italienne, il la
promne  travers les routes et les sentiers voisins. Comment, dans
cette intimit et au milieu de cette nature de Montreux, resteraient-ils
insensibles l'un  l'autre? Nous assistons  la naissance troublante de
leur amour. A Paris, ils se revoient et, avec frnsie, Jean de Merrien
s'attache  l'aime; son amour est aiguillonn par la jalousie, car il
ne peut supporter la pense du mari. Que fera-t-il pour rapprocher
encore davantage de lui Mme Mirevault et la mettre  l'unisson de sa
folie? Par des lectures, par des rveries, par un certain dcadentisme,
il aiguisera jusqu'au dtraquement sa sensibilit. Dlivrs du mari qui
est parti avec l'Italienne, ils font ensemble un voyage sur la
Mditerrane, mais sans assez consulter la force d'endurance de Mme
Mirevault, laquelle tombe dangereusement malade  Saint Tropez. C'est
peut tre la mort. Jean de Merrien se mfie des mdecins, et en
particulier d'un certain Michel, une clbrit de l'art, professeur  la
Facult, en qui ces dames et Claire Mirevault surtout ont une absolue
confiance. Cependant, malgr ses rpugnances, il est oblig de mander
Michel qui accourt et gurit la malade. Comme il gmit de son
impuissance et de la supriorit de Michel auprs de Claire et de la
reconnaissance mue que celle-ci tmoigne  son sauveur! Est-ce que
l'poux et l'amant ne devraient pas en mme temps tre le mdecin? A
Paris, Michel continue  faire ses visites presque quotidiennes. Au
fond, la malade n'est  l'ami qu'autant que le docteur le permet. Un
jour, dans un accs de rage jalouse, Jean de Merrien force la porte du
cabinet de Michel et constate qu'il s'est tromp, que le mdecin donne
des soins absolument ncessaires. Irrit contre lui-mme, incapable
d'aimer sans horriblement souffrir et faire souffrir, trop sensuel, trop
draisonnable dans la passion, il part pour un voyage lointain et
peut-tre sans retour. Voil l'histoire raconte par Jean de Merrien
lui-mme et qu'aprs son dpart il envoie  la bien-aime.

Peut-tre quelques-uns n'estimeront-ils pas cette fin trs logique.
Pourquoi se spare-t-il de la femme adore au moment o il en est
passionnment pris et o il a la preuve de sa fidlit? Une lgance de
bonne conversation, releve de posie, une belle tenue distinguent le
roman de M. de la Rochefoucauld.

Ames d'autrefois.

Encore une femme  ajouter  la liste des romanciers de talent. Il y a
tout dans ce petit livre: une phrase  la fois classique et personnelle,
donnant toute la pense de l'auteur et sonnant  l'oreille comme une
musique; une morale pure unie  un rcit captivant, et la plus
harmonieuse composition. Presque tous les romans masculins sont faits de
pices et de morceaux; on y voit, comme dans une lanterne magique, des
scnes succdant  d'autres scnes, sans aucun lien entre elles. Ici,
tout s'enchane; les faits se tiennent troitement, j'allais dire qu'ils
s'engendrent les uns les autres. L'histoire se passe sous la Rvolution
et sous le Consulat. Dans un chteau du Prigord, nous apercevons une
veuve imprieuse, maintenant autour d'elle les anciens principes. Elle a
deux enfants: Martial et Lucette. Fort pris d'une jeune huguenote
hollandaise, que la maladie de son pre a retenue dans le village
prigourdin, Martial veut l'pouser. Comment ne l'aimerait-il pas? Elle
a toutes les vertus avec la beaut. Mais sa mre, Mme de Fonspeyrat,
entre en fureur ds que Martial lui fait entrevoir son dessein. D'un
autre ct, le pre de la jeune fille ne cdera jamais et n'aura pas
pour gendre un papalin. En vain l'oncle de Martial, un doux philosophe,
essaye-t-il d'intervenir. Il ne rencontre des deux parts
qu'inflexibilit. Le vieux huguenot, craignant tout et sachant l'amour
profond de sa fille Katerine, quitte le pays sans dire  personne o il
va. Peut-tre par mille perscutions Mme de Fonspeyrat a-t-elle aid 
cette fuite. Dsespr, Martial,  abomination! s'engage dans les armes
de la Rvolution et s'attache  la fortune de Buonaparte. Pendant qu'il
guerroie, Mme de Fonspeyrat oblige sa fille Lucette  renoncer  un beau
et jeune chevalier, pour s'unir  l'oncle de celui-ci, g, presque
dfaillant, mais d'une immense fortune. La chtelaine est arrive  ses
fins et  tout faire plier devant elle. Mais quelle vieillesse elle
s'est mnage! Quelle tristesse est la sienne! La jeune Katerine,
retire en Hollande, devient orpheline. Jeune, sans soutien, que
deviendra-t-elle? Elle se rappelle le vieil oncle de Martial, le
philosophe indulgent, et lui crit. Celui-ci appelle prs de lui
Katerine et la confie en mourant  une de ses vieilles amies, fort en
dsaccord avec Mme de Fonspeyrat. Cependant comme celle-ci se dsole
dans sa solitude, on lui envoie de temps  autre, sous un nom suppos,
la douce Katerine. Quand Martial revient avec des blessures,
qu'aperoit-il au chevet de sa mre mine par le chagrin et mourante? Sa
fiance. On devine la suite: Mme de Fonspeyrat expire, il pouse la
bien-aime de sa premire jeunesse. Encore une fois, cela est fort bien
conduit, avec une sret et une phrase exquise qui ne dfaillent jamais
et qui nous enchantent.

E. Ledrain.


Ont paru:

HISTOIRE.--_Mmoires du gnral Govone_ (1848-1870), publis par son
fils et traduits de l'italien, par H. Weil. In-8, avec portrait,
Fontemoing, 10 fr.--_Le Pape et l'Empereur_ (1804-1815), par Henri
Welschinger. In-8, Plon, 8 fr.--_Les Sophistes franais et la
Rvolution europenne_, par Th. Funck-Brentano. In-8, Plon, 6
fr.--_L'Ombrie_, par Ren Schneider. In-18, Hachette, 3 fr. 50.--_La
Socit franaise du seizime au vingtime sicle_ (5e srie), par
Victor du Bled. In-18, Perrin, 3 fr. 50

ROMANS.--_Les Amants du pass_, par Jean Morgan. In-18, 3 fr. 50.--_Le
Recueillement_, par Jean Deuzle. In-18, Perrin, 3 fr. 50.--_La Guerre
universelle_, par Auguste Niemann, traduit de l'allemand. In-18,
Flammarion, 3 fr. 50;--_La Vision de Paris_, par Hemma-Prosbert. In-18,
d, 3 fr. 50.--_Soldats de la fin_, par Jean Troy. In-18, Juven. 3 fr.
50;--_De Charybde en Scylla_, par Rhoda Broughton.--In-18, d, 3 fr.
50.--_La Maison de danses_, par Paul Reboux. In-18, Calmann-Lvy, 3 fr.
50;--_Sur la pierre blanche_, par Anatole France. In-18, d, 3 fr.
50;--_Les Victoires mutiles_, par Gabriel d'Annunzio, traduction G.
Hrelle. In-18, d, 3 fr. 50.


LES THTRES

L'Opra et la Porte-Saint-Martin avaient-ils prvu les graves vnements
qui viennent de secouer la Russie? Toujours est-il que _Daria_ et
_Rsurrection_ sont, par le fait des circonstances, des spectacles d'une
incontestable actualit--ce qui ne leur enlve rien de leurs autres
mrites. _Rsurrection_, pice tire par M. Henry Bataille du roman de
Tolsto, a retrouv au thtre de la Porte-Saint-Martin tout son succs
de l'Odon, en mme temps que sa principale interprte, Mlle Berthe
Bady. _Daria_, drame lyrique en deux actes de MM. Adorer et Ephram,
musique de M. Georges Marty, a brillamment russi  l'Opra. Le livret
trs dramatique,--mettant aux prises, comme dans la ralit, le moujik
russe et son seigneur,--la partition claire, mlodique et brillante,
l'organe au timbre pur de Mlle Vix, le jeu large et la belle voix de M.
Delmas, tous ces lments promettent  l'oeuvre nouvelle une belle et
longue srie de reprsentations.

[Illustration: _Daria_ A L'OPRA.--Mlle Vix: dans le rle de _Daria._
Phot. comm. par M. Rueff.]

Aux Nouveauts, le Gigolo, vaudeville de M. Zamacos, a t jug
spirituel et amusant. Aprs _Petite Peste_ et le Chopin, il a paru
surtout d'une immoralit... reposante. MM. Turin et Germain et Mlle
Carlix ont les bons rles de la pice et les remplissent avec leur verve
ordinaire.


[Illustration: M. Boudouresque.--Phot. J. Fabre.]

Le chanteur Boudouresque, qui, pendant plus de dix ans, a tenu avec
clat l'emploi des basses  l'Opra, vient de mourir dans sa
soixante-dixime anne.

N  la Bastide-sur-l'Hers (Arige), il s'tait d'abord, malgr de
bonnes tudes musicales, consacr au commerce. Il tait tabli 
Marseille, lorsqu'un soir le baryton Maurel devant chanter au
Grand-Thtre _L'Ernani_ de Verdi, l'artiste dsign pour remplir le
rle de Silva se trouva malade; pour sauver la situation, Boudouresque
consentit  le remplacer; il remporta un grand succs. Peu aprs, il
entrait  l'Opra, sous la direction Halanzier. Il s'y fit applaudir
dans la _Juive, Robert le Diable, la Favorite, les Huguenots, Guillaume
Tell, Ada_, etc. Lors de l'avnement de la direction Ritt et Gailhard,
il quitta l'Opra, mais sans renoncer  la scne, et donna des
reprsentations dans les grandes villes de province et de l'tranger.

Depuis sa retraite du thtre, Boudouresque s'tait fix  Marseille. Il
partageait ses loisirs entre la musique, la peinture et la pche.


[Illustration: M. Derode, l'ancien prsident. _Phot. Ogerau._]

[Illustration: M. V. Hugot.--_D'aprs le tableau de Max Kahn._ LE
RENOUVELLEMENT DU BUREAU DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE PARIS]

[Illustration: M. Lesieur, le nouveau prsident. _Phot. Ogerau._]

A LA CHAMBRE DE COMMERCE

La Chambre de commerce de Paris, runie en sance plnire, vient de
renouveler son bureau. Le ministre du commerce et M. de Selves, prfet
de la Seine, assistaient  cette runion, et le ministre a lui-mme
install en fonctions le bureau nouveau.

Le bureau dont les pouvoirs viennent d'expirer avait  sa tte: M.
Derode, prsident, officier de la Lgion d'honneur, membre depuis 1893
de la Chambre de commerce, o il reprsente le commerce des cafs, ths,
vanilles; M. V. Hugot, premier vice-prsident, entr  la chambre  la
mme poque pour la tabletterie et qui rcemment reprsentait de la
faon la plus distingue la compagnie de l'Exposition de Saint-Louis, et
M. Lesieur, deuxime vice-prsident, entr  la compagnie depuis 1895
(huiles et ptroles).

C'est M. Lesieur qui a t lu prsident. M. Hugot tait arriv au terme
de son mandat.

Comme vice-prsidents, la Chambre de commerce a dsign M. L.
Dubrujeaud, le grand entrepreneur de maonnerie, qui y sige depuis 1899
et M. Garnier, entrepreneur de travaux publics, entr en 1895.

Dans l'allocution qu'il a prononce en appelant au bureau ses nouveaux
membres, le ministre a fait un loge unanimement applaudi du bureau
sortant, et notamment de M. Derode:

J'ai trouv chez lui, a dclar le ministre, je ne dirai pas seulement
un concours prcieux et empress, mais une bonne grce qui a
singulirement facilit nos rapports et qui laissera chez moi quelque
chose de plus qu'un souvenir.

Me POUILLET Me Pouillet, avocat  la cour d'appel de Paris, ancien
btonnier de l'ordre, est mort  Cannes, o il avait espr rtablir sa
sant branle depuis de longs mois. Il tait g de soixante-six ans.

[Illustration: Me Pouillet.--_Phot. Paul Boyer._]

C'tait une des figures les plus connues du monde judiciaire; l'minent
juriste avait acquis une grande notorit dans toute l'Europe, o
pendant tant d'annes il avait prsid les congrs internationaux de
proprit littraire, artistique ou industrielle. On le considrait
comme un matre sans gal en cette matire, presque comme un crateur.
Ses avis, ses consultations ont t l'origine ou la base de nombreuses
lois. Il avait apport  l'tude de ces questions difficiles une
vritable passion et l'ensemble de ses crits constitue une oeuvre
durable.

Son _Dictionnaire de la proprit artistique_, ses traits thoriques et
pratiques (dessins, marques de fabrique, proprit littraire,
conventions internationales, etc.), font autorit.

Ce laborieux jurisconsulte tait en mme temps un des avocats les plus
occups du Palais, o il plaidait les affaires les plus ardues avec
autant de vigueur que de comptence.

Pendant son btonnat, en 1896, il avait rtabli au Palais mme les
consultations gratuites pour les indigents.

Me Pouillet tait chevalier de la Lgion d'honneur.

Ses obsques ont t clbres  Paris au milieu d'une assistance
considrable; le conseil de l'ordre y tait reprsent par une
dlgation de trente-deux membres ayant  sa tte Me Bourdillon, le
btonnier en exercice.


UN CHAMPIONNAT DE SKIS

Il y a des annes dj que le ski est considr, en Scandinavie, comme
le premier des sports nationaux,--mieux, comme le sport des sports,
disait, en 1895, prsidant le Grand Prix de Kristiania, dont
_l'Illustration_ alors, rendit compte, M. Roll, un fanatique. De la
Sude et de la Norvge, le ski a peu  peu conquis l'Europe. On sait que
plusieurs armes en ont dot leurs troupes de montagne. En Suisse, on le
pratique avec frnsie et, tout rcemment, un championnat organis 
Claris mettait en prsence des coureurs nationaux, des soldats des
troupes du Saint-Cothard, avec des champions du ski venus de Norvge et
de Sude. L, on vit l'un de ces derniers, un tudiant norvgien, M.
Heyerdall, accomplir cette prouesse peu banale de faire, avec ses skis,
un saut de 24 mtres de longueur dans le vide,  l'extrmit d'une
pente, parcourue  une vitesse vertigineuse. C'est au cours de cet
exercice, beaucoup moins prilleux, parait-il, qu'on ne serait tent de
le croire, qu'a t prise la photographie que nous reproduisons.

[Illustration: M. Heyerdall, tudiant norvgien, faisant, en skis, un
saut de 24 mtres.-_Phot. Krenn._]


LA NEIGE DANS LA LOZRE

Des chutes de neige tout  fait inusites ont eu lieu, ces temps
derniers, dans la rgion de la Lozre. Les photographies que nous
publions, prises sur la ligne du chemin de fer de Mende  la Bastide,
donnent une ide trs caractristique du spectacle qu'a offert en maints
endroits le pays. Sur certains points de la voie ferre, protge
pourtant par des paraneiges, on estime qu'il y avait 5 mtres de neige.
Le train a mme t bloqu, mais pas bien longuement, et la machine
chasse-neige envoye  son secours a pu, sans trop d'effort, lui rouvrir
la voie.

[Illustration: Un train bloqu par la neige entre Mende et la Bastide
(Lozre).--_Phot. Pestre._]


[Illustration: ROND-DE-CUIR, par Henriot.]


_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tous les articles publis sous cette rubrique sont entirement
gratuits)._

NOUVEL ENCRIER INVERSABLE

Les encriers actuels, dont les systmes varient  l'infini, prsentent
de nombreux et rels inconvnients qui en rendent l'usage incommode et
parfois trs dsagrable. L'encre s'altre, s'paissit et s'vapore
facilement; de l, ncessit de nettoyer les encriers et de les remplir
frquemment; souvent l'encrier tombe ou se renverse et rpand son
contenu au dehors.

Les encriers ordinaires inversables prsentent d'autres inconvnients,
tels que la difficult de s'en servir et la possibilit de prendre telle
position dans laquelle leur contenu peut se dverser au dehors.

C'est cet chappement qu'il fallait prvenir par un dispositif qui mt
en mme temps l'encre  l'abri du contact de l'air et de l'invasion des
poussires.

Ce dispositif a t trs ingnieusement et trs pratiquement combin par
M. Colombani; avec ses encriers, on peut toujours crire, bien qu'ils
restent toujours ferms.

Le dispositif en question, aussi simple qu'efficaces, et que reprsente
notre figure, consiste dans l'adaptation au goulot d'un simple tube en
caoutchouc dont la partie infrieure, celle qui regarde l'encre, se
termine en pointe. Cette pointe ne s'entr'ouvre que sous la pression de
la plume et, celle-ci une fois dgage, se referme compltement,
hermtiquement, par suite de son lasticit naturelle.

On peut renverser l'encrier sans qu'une seule goutte jaillisse au
dehors, les lvres du tube aplati se refermant d'autant mieux que
l'encre fait pression. Autre avantage fort apprciable: la plume
s'essuie d'elle-mme sur les lvres de caoutchouc, se dbarrassant ainsi
de toute impuret et de tout excs d'encre susceptible de produire des
taches. Il serait difficile de crer un systme  la fois aussi simple
et aussi efficace.

M. Colombani construit plusieurs types d'encriers: des types luxueux en
cristal taill, garniture argente ou dore, destins aux
administrations, banques, ou pour particuliers; des encriers classiques,
dans lesquels, prcieuse proprit, les coliers ne peuvent plonger
leurs doigts; enfin, des encriers-rclame pour primes dans cafs,
restaurants, htels.

[Illustration: Coupe de l'encrier Colombani.]

Un modle spcial, pouvant se placer dans une poche de ct ou
s'accrocher  une boutonnire, a t tabli pour toutes les personnes
qui, comme les facteurs, les livreurs, les douaniers, les ingnieurs,
les agents de travaux, les huissiers, etc., sont,  chaque instant,
obliges d'crire au pied lev dans le cours de leurs continuels
dplacements. Ce modle, qui convient admirablement aux officiers et aux
sous-officiers en manoeuvre ou en campagne, est extrmement commode.

Pour tous renseignements, s'adresser  M. Colombani, 61 et 63, boulevard
Richard-Lenoir, Paris.

L'LASTICINE

On sait quels extraordinaires dveloppements a pris dans ces dernires
annes l'industrie du caoutchouc: les bandages de roues pour cycles,
automobiles et voitures de toutes sortes, les appareils orthopdiques et
d'hygine, les isolateurs de cbles, les calandres pour le glaage du
papier ou pour le lustrage, le gaufrage et le moirage des toffes, la
sellerie, les harnais et les colliers, etc., etc., absorbent des
quantits de plus en plus considrables de ce produit prcieux.

C'est pourquoi, malgr tous les efforts faits dans les pays producteurs
pour accrotre l'importance des plantations caoutchoutires et les
mettre en rapport avec les besoins grandissants de la consommation, on
peut prvoir que le prix du caoutchouc se maintiendra encore trs
longtemps aussi lev qu'aujourd'hui, si mme il n'arrive pas  dpasser
rapidement les cours actuels.

Depuis longtemps dj nombre de chimistes ont essay de dcouvrir un
produit qui, tout en ayant les mmes caractres que le caoutchouc, tout
en tant propre aux mmes usages, offre en mme temps l'avantage de
coter bien moins cher. L'lasticine remplirait-elle ce but?

Au dire des inventeurs, ce compos chimique possde  l'emploi les mmes
caractres lastiques que le caoutchouc. C'est ainsi qu'une bande de
cette matire ayant trois centimtres d'paisseur est rduite  six
millimtres sous la pression d'un poids de 90.000 kilogrammes et reprend
son volume primitif aussitt qu'on la rend  la libert.

Cette substance, d'ailleurs, ne travaille qu' la compression et se
dchire lorsqu'on cherche  l'allonger. Elle rsiste aux hautes comme
aux basses tempratures: un froid de 20 degrs centigrades est sans
influence sur elle; chauffe  120 degrs, elle ne fond pas.

Suprieure  cet gard au caoutchouc, elle peut mme tre mise en
contact avec un corps en ignition sans s'enflammer. Elle prsente encore
le trs grand avantage de n'tre atteinte en aucune faon par l'humidit
de l'air.

Ce nouveau produit est donc destin  remplacer le caoutchouc dans un
grand nombre de ses applications. Comme emploi spcial 
l'automobilisme, les inventeurs injectent ce produit  l'tat liquide
dans l'intrieur des chambres  air de pneumatiques. L'lasticine
devenant rapidement un corps solide, on se trouve en prsence d'une
sorte de caoutchouc plein et par suite increvable conservant une
lasticit suffisante, bien que probablement infrieure  celle des
pneumatiques.

Signalons encore le rembourrage des selles de bicyclette qui deviennent
plus douces. Si, comme l'affirment les inventeurs, ce produit ne durcit
pas de lui-mme  la longue, ou si du moins sa dure lastique gale
celle du caoutchouc, on peut affirmer qu'il trouvera de nombreuses et
utiles applications dans l'industrie.

Pour tous renseignements, on peut s'adresser  L'_lasticine_, 49, rue
de Villiers, Neuilly-sur-Seine.

_Pour toutes insertions concernant les nouvelles inventions, crire au
service des Nouvelles Inventions,_  l'Illustration, 13, rue
Saint-Georges. Paris.







End of the Project Gutenberg EBook of L'Illustration, No. 3232, 4 Fvrier
1905, by Various

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both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

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effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
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works, and the medium on which they may be stored, may contain
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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

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including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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