Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3245, 6 Mai 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3245, 6 Mai 1905

Author: Various

Release Date: September 4, 2010 [EBook #33633]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'Illustration, No. 3245, 6 Mai 1905

[Illustration: LA REVUE COMIQUE, par Henriot.]

Ce numro contient L'ILLUSTRATION THTRALE avec le texte complet de
L'ARMATURE.

L'ILLUSTRATION

Prix de ce Numro: Un Franc. SAMEDI 6 MAI 1905--63e Anne.--N 3245

[Illustration: La comtesse Tornielli. M. Loubet. Mme Loubet. Edouard
VII. Le comte Tornielli.

LE DINER A L'LYSE EN L'HONNEUR DU ROI D'ANGLETERRE
Entre du roi, du prsident et du cortge des invits dans la grande
salle des Ftes, o la table tait dresse.

Voir l'article, page 29.]

Courrier de Paris

JOURNAL D'UNE TRANGRE

Chaque fois que s'ouvre  Paris un Salon d'art, un peintre de mes amis,
qui sait mon got pour les images, m'envoie le petit carton rose, ou
vert, ou jaune, ou bleu qui confre  quelques milliers de privilgis
le droit de venir admirer ou dnigrer, au fur et  mesure qu'elle
s'exhibe quelque part, la peinture frache... Je viens de tirer du
chiffonnier o ils s'accumulaient depuis sept mois--depuis le Salon
d'automne--ces petits cartons de toutes couleurs, souvenirs de tant de
promenades en rond, le long des cimaises, qui amusrent mes aprs-midi
d'hiver, et je suis effare de la quantit folle de toile et de chssis
que cela reprsente... Expositions de socits, expositions de cercles,
expositions nationales et internationales, expositions fministes et
d'employs de chemins de fer, expositions d'arts indpendants,
expositions d'oeuvres particulires o Jean montre ses paysages, Jacques
ses animaux, Pierre ses portraits, Madeleine ses fleurs; en tout, une
trentaine de salons  visiter. Et ce n'tait l qu'un commencement, une
faon de nous mettre en apptit; les petits salons, ce sont les
_zakouskis_ que l'on dguste sans s'asseoir, en attendant le repas
srieux o l'on se nourrira pour tout de bon... Nous voil servis. Les
deux Salons--les vrais!--nous ont ouvert leurs portes; et ce ne sont
point des salons, c'est un palais tout entier que, cette fois, la
peinture illumine et fleurit...

On lui reproche mme,  cette occasion, de tenir chez nous un peu trop
de place. L'empressement de curiosit qu'elle provoque, l'abondance et
la vhmence des commentaires qu'elle suscite, agacent quelques
crivains qui souhaiteraient qu'on s'occupt un peu moins de ceux qui
font des tableaux et un peu plus de ceux qui font des livres. Je ne suis
pas de leur avis; je trouve que le grand clat donn  ces ftes
annuelles est, pour le peintre, la juste rparation des misres de son
tat.

Car on ne rflchit pas que, sans les expositions, il n'y aurait rien de
plus malais, pour les hommes dont le mtier est de peindre des
tableaux, que de conqurir un peu de gloire. Une belle statue, un beau
monument sont des oeuvres autour desquelles la foule va et vient et dont
les mrites s'offrent continuellement d'eux-mmes  tous les yeux; un
chef-d'oeuvre dramatique, un bel opra sont des choses qui circulent,
peuvent, sur cent points  la fois, dans le mme moment, solliciter nos
admirations et les satisfaire; un bon livre s'tale, se multiplie en
milliers d'exemplaires dont chacun va veiller  domicile une curiosit,
remuer une conscience, conqurir  son auteur une sympathie; et cela
aussi longtemps que durent les raisons qu'on peut avoir de lire ce livre
et de l'aimer.

O vont les oeuvres du peintre? On ne sait pas. Elles se dispersent et
se cachent. Elles s'accrocheront demain aux murs d'appartements bien
clos o ne jouiront d'elles que ceux qui les ont payes; aux cimaises de
muses que la foule ne frquente gure;--peut-tre au fond de quelque
chapelle noire, o le guide indiquera respectueusement la prsence du
chef-d'oeuvre au visiteur qui n'en distinguera rien.

Ouvrons donc toutes grandes aux peintres les portes des expositions;
laissons-les goter ces minutes de popularit, jouir de l'occasion qui
leur est offerte, une fois l'an, de nous crier qu'ils existent, et,
quand ils ont un peu de gnie, d'en informer la foule. Heureux ceux dont
elle aura retenu les noms! On lui crie,  cette foule, tant de choses 
la fois...

Je demande, en revenant de vacances,  mon amie Natenska ce qu'il y a de
nouveau dans Paris depuis quinze jours. Elle me rpond; Une chose
curieuse: la rue Brda est dbaptise; on l'appellera dsormais, par
pudeur, rue Henry-Monnier: cela a t dcid par le Conseil municipal la
semaine dernire.

Je me souviens, en effet, d'avoir entendu parler, cet hiver, d'une
ptition o quelques habitants de ce coin de Paris, dcidment honteux
d'habiter rue Brda, demandaient qu'on changet le nom de cette rue.
La requte m'avait amuse et j'attendais avec curiosit la rponse qu'y
ferait le Conseil municipal; j'imaginais mme ce que pourrait tre cette
rponse;--ce qu'elle et t si j'tais du Conseil municipal et charge
de parler en son nom:

--Mesdames et messieurs, aurais-je dit aux protestataires, vous vous
mprenez sur la cause vritable du discrdit qui s'attache au nom de la
rue que vous habitez. Je le reconnais: il est pnible  de vertueux
rentiers,  de bonnes mres de famille,  des fonctionnaires soucieux de
leur rputation, de prononcer; Je demeure rue Brda. Pour peu que la
personne  qui cette adresse est donne ait, en effet, quelque notion
des choses de Paris, on la voit sourire  ce mot d'un sourire
gouailleur--ou srieusement s'tonner. Mais est-ce ce nom lui-mme qui
fait sourire ou qui choque? Point du tout. Le vocable en soi n'a rien
d'impudique: c'est le nom d'un propritaire qui l'inscrivit, il y a
quatre-vingts ans, sur la plaque d'une rue qu'il faisait construire. Il
s'appelait Brda; il et pu s'appeler Durand. Par malheur, il se trouve
qu'une clientle un peu mle s'est installe dans ses immeubles, et
qu'aujourd'hui encore y rsident un grand nombre de personnes dont le
contact est  bon droit dsagrable aux honntes femmes; il s'ensuit que
ce n'est pas M. Brda qui vous dshonore, mais vous (j'entends certains
voisins et voisines, au milieu de qui vous vivez) qui dshonorez M.
Brda...

Supposez que ces voisins et ces voisines se transportent demain au
boulevard Pasteur ou dans la rue Saint-Vincent-de-Paul: un moment
viendra o, en dpit de la pure et clatante gloire qui s'attache au nom
du plus illustre des savants et du plus admirable des philanthropes, il
sera difficile  une honnte femme d'avouer sans un peu d'embarras: Je
demeure rue Saint-Vincent-de-Paul, ou: Je demeure boulevard Pasteur.

Ce n'est donc pas, mesdames et messieurs, la plaque de la rue Brda
qu'il faudrait changer, mais la population mme qui en occupe les
maisons. Elle ne veut pas dmnager; vous non plus; la situation, par
consquent, reste la mme; vous serez tous aussi ennuys demain de
demeurer rue Henry-Monnier que vous l'tiez hier de demeurer rue Brda,
et les gens  qui vous donnerez votre adresse continueront de
sourire...

Mais le Conseil municipal en a jug autrement: il changera la plaque...
c'est une des meilleures plaisanteries dont Paris, depuis que je
l'habite, m'ait donn le spectacle.

Il est vrai que, si les Parisiens ont des navets dont on peut rire,
ils ont aussi de bonnes ides quelquefois: j'entends dire qu'ils songent
trs srieusement  mettre en circulation dans leurs rues de lgers
omnibus automobiles,  la place des maisons roulantes,  trois chevaux,
qu'on y voit aujourd'hui dambuler, se traner d'un trottoir  l'autre,
si douloureusement.

Je n'oublierai jamais l'tonnement profond que me causa la vue de la
premire de ces voitures o je montai. Cette chose trs simple qui
consiste  faire une course en omnibus m'apparaissait brusquement comme
une opration intimidante et trs complique: sous l'oeil dur de
fonctionnaires galonns d'argent, j'avais d pntrer d'abord en un
dicule o l'on s'crasait, m'y munir d'un petit morceau de carton,
stationner longtemps sur le trottoir, puis me prcipiter vers une
plate-forme o l'on m'arrta. Un groupe fivreux s'tait form et l'on
et dit qu'une loterie s'organisait; d'une voix de commandement, un
homme que tout le monde semblait craindre appelait des numros, nous
bousculait un peu. Le vhicule s'emplit. Alors un autre homme, dont les
prrogatives semblaient suprieures  celles du premier, se prsenta.
Nous avions remis  celui-ci de petits cartons de forme ovale: l'autre
en rclamait de diffrents, qui taient carrs. Puis il dveloppa une
large feuille de papier, plie  la faon d'un paravent, tira de sa
poche une sorte de gros poinon et, parmi les quadrillages du papier
blanc, fit des ronds et des trous. Les deux hommes se chuchotrent 
l'oreille quelque chose, eurent l'air d'changer une consigne; un cordon
de sonnette fut violemment tir et trs lentement, dans un bruit de
craquement et de grincement effroyable, la maison s'branla.

Elle avanait en cahotant, raclant les trottoirs ou, de faon brusque,
zigzaguant au choc des rails o circulent les tramways; notre allure ne
dpassait pas sensiblement en vitesse celle des pitons de la rue.
L'homme qui nous surveillait vint  moi et me demanda six sous. Jamais,
en aucune ville de France ou de l'tranger, je n'avais pay aussi cher
le droit d'tre aussi lentement vhicule... Ensuite il prit dans son
sac un des petits cartons roses qu'il venait de timbrer en les poussant
avec bruit dans une mchoire mtallique accroche  l'entre de la
voiture, me regarda fixement et, d'un ton de menace, me tendant le petit
carton rose: Correspondance? J'eus peur. Il me sembla que les inconnus
aligns devant moi en rang d'oignons guettaient curieusement ma rponse.
Je fis: Oui, monsieur. Et je pris le petit carton rose,  tout hasard.

Nos arrire-neveux s'tonneront que les Parisiens, gens de progrs et
gens d'esprit, aient pu si longtemps demeurer plis  la tyrannie
d'aussi comiques usages...

Il est vrai que le Parisien, homme de progrs, est aussi un homme de
tradition; il vit et se meut, d'une manire un peu machinale, au milieu
d'habitudes dont il finit par ne plus apercevoir ni les causes ni
l'objet. Pourquoi est-il all, la semaine dernire,  la foire au pain
d'pice? Il n'en sait rien. Pourquoi mme y a-t-il,  Paris, une foire
au pain d'pice? Il l'ignore. J'ai fait comme tout le monde. Je suis
alle passer une heure au bout de Paris, place du Trne, parmi les
odeurs de fritures et le tumulte des manges de chevaux de bois; j'ai vu
des Loubets, des Oyamas, des Stoessels en pte jaune, colorie de
pistache et parseme d'anis. J'en ai achet; j'en ai mang; ce n'est pas
trs bon. Et j'tais entoure d'honntes gens qui gotaient, eux aussi,
de ce pain d'pice, qui trouvaient cela mauvais et qui ne comprenaient
pas plus que moi par quel enchanement de causes mystrieuses a pu
s'instituer ce march public, officiellement consacr  la vente d'un
gteau qu'on ne mange plus, et o il est cependant certain que, dans
cent ans, la semaine de Pques venue, les Parisiens continueront d'aller
religieusement mordre, en faisant la grimace.

SONIA.

NOTES ET IMPRESSIONS

L'homme n'est bon que quand il rve. RENAN

                            *
                           * *

Des leons de la vie ternel apprenti,
Le juste n'est jamais qu'un pcheur converti.
                                   G. COURTELINE.

                            *
                           * *

Comme en littrature, la statistique a ses romanciers. VICTOR DU BLED.

                            *
                           * *

Chaque poque a son genre spcial de folie; le ntre est sans doute la
folie de la vitesse. G. TOURNADE.

                            *
                           * *

On nous redit, chaque anne,  propos des Salons, que l'art traverse une
crise. Est-il un seul grand lment de l'histoire humaine qui ne soit en
perptuel travail de renouvellement?                     G.-M.. VALTOUR.

[Illustration: Le roi Edouard VII. M. du Bos.
Arrive du roi Edouard VII au champ de courses de Saint-Cloud.]

Samedi dernier 28 avril, le _Victoria-and-Albert,_ aprs une escale en
Corse, mouillait  Marseille, et, le lendemain, le roi d'Angleterre,
laissant la reine Alexandra continuer sa croisire dans la Mditerrane,
partait pour Paris et s'installait, le soir mme,  l'htel Bristol, o,
de longue date, on a l'habitude de son service. Le dimanche 30, le
prsident de la Rpublique tant revenu tout exprs de Montlimar pour
le recevoir, les deux chefs d'tat changrent, vers le milieu de
l'aprs-midi, les visites d'usage. M. Delcass, ministre des affaires
trangres, alla prsenter ses hommages au souverain; puis, un dner en
l'honneur d'douard VII fut donn  l'lyse dans la salle des ftes.
Comme, selon les conventions protocolaires, malgr son ordonnance de
gala, le nombre et la qualit des convives (ministres, ambassadeurs,
etc.), ce dner n'tait pas officiel, le roi portait l'habit noir,
avec le grand cordon de la Lgion d'honneur; il conduisit Mme Loubet 
la place qu'elle devait occuper  sa droite et lui offrit encore le
bras,  l'issue du repas, suivi d'un concert.--

[Illustration: Aux courses de Saint-Cloud: le roi Edouard VII et M.
Ruau, ministre de l'agriculture.-_Phot. Chusseau-Flaviens_.]

Le matin, il s'tait invit  un djeuner intime chez des amis
personnels, M. et Mme Henry Standish, ne des Cars, et ainsi sans doute
avait-il voulu marquer son dsir de conserver  son sjour en France le
caractre de l'incognito.

Ce dsir, d'ailleurs, s'affirma dans la journe du lundi, dont Edouard
VII rgla le programme tout  fait  sa fantaisie: premier sportsman du
pays des sports par excellence, il en consacra la majeure partie  sa
distraction favorite. Aprs avoir pass la matine aux remarquables
tablissements hippiques de M. Edmond Blanc,  la Chataigneraie, et
djeun  Versailles,  l'htel des Rservoirs, il se rendit en
automobile aux courses de Saint-Cloud, auxquelles il entendait assister
sans le moindre apparat. Toutefois, une trave lui avait t rserve
dans la tribune des commissaires, o le conduisit M. Du Bos, commissaire
de la Socit des Steeple-Chases, et o M Ruau, ministre de
l'agriculture, vint le saluer; il suivit trs attentivement les courses,
causa levage avec les notabilits du monde sportif, enfin voulut, avant
de rentrer  Paris, visiter les curies d'entranement. Ce fut
certainement une des meilleures journes du roi.

[Illustration: La chambre du roi  l'htel Bristol.]

[Illustration: M. Delcass sortant de l'htel Bristol.]


LE ROI D'ANGLETERRE A PARIS

[Illustration:
La Bise, par E. Leroux. Messidor, par Larche, Posie pastorale, par
Peynot, Ceux qui restent, par A. Marquet, Le rve du pote, par Moncel,
ternelle victime, par Cordonnier, Le Flibre J. Laurs, par Villeneuve,
Portrait, par F. Sicard. George Sand, par F. Sicard. Danse sacre, par
Sgolin.

M. Glaudimont. Mme Grn-Toutain. M. Iameron. M. Andr Detaille Mme et
Mlle Robida. M. A. Guillemet. M. Carrire, M. Dujardin-Beaumetz. M.
Fraipont. M. Grn. M. Poilpot. M Georges Cain. M. Jules Claretie. Mme
Georges Cain. M. Henri Cain. M. J. Coutan Mme H. Cain. M. et Mme Georges
Claretie. Mme et Mlle Cormon. M. Carolus-Duran. M. Boisseau. M. Varenne.
M. Segoffln. Gnral Dodds. M. Jean Aicard. Mme Chapusot. M. Mariani.
Mmes Vie et J. Coutan. M. Jacques Baschet. M. Priou. M, P. Gaillard.
Mme. Poilpot. Mme O. Roty Mme et Mlle Thodore-Rivire. Mme Tasset Mlle
Lemonier M. de Laheudrie. Mlle Rose Maireau, M Harpignies. M. Arnold. M.
Dujardin-Beaumetz. M. Guillemet M. Lon Foreau. M. Tripp. M. Mme H.
Foreau.

Phot. Ehrmann.

LE JOUR DU VERNISSAGE AU SALON DES ARTISTES FRANAIS: LE JARDIN DE LA
SCULPTURE Voir l'article  la page suivante.

LE DJEUNER DU VERNISSAGE.--La table du matre Harpignies et du
sous-secrtaire d'tat des Beaux-Arts].


LE VERNISSAGE

[Illustration: Un incident au vernissage: le portrait du gnral Percin,
par Mlle Sdillot, gard par un agent aprs les voies de fait de M.
Gaucher.]

Le vernissage du Salon est une de ces ftes mondaines que chaque anne on
enterre et qui, douze mois plus tard, sont chmes toujours avec le mme
empressement. Interrogez les visiteurs qui sortent fourbus, blancs de
poussire, du Grand Palais. Combien vous rpondront que ce n'est plus
a, qu'on ne les y repincera plus et que vous rencontrerez pourtant,
l'anne suivante, au milieu de la mme foule presse,--et trs amuse.

Le Vernissage, aucun Parisien digne de ce nom ne l'ignore, c'est
exclusivement le vernissage de l'exposition de la Socit des Artistes
franais, comme le djeuner du Vernissage, le djeuner traditionnel,
est celui qui runit, le matin de ce grand jour, au restaurant Ledoyen,
le Tout-Paris, celui des arts, celui du monde, repas joyeux, mouvement,
abondant en incidents amusants. Le sous-secrtaire d'tat aux
Beaux-Arts, M. Dujardin Beaumetz, aurait cru ngliger un des devoirs de
sa charge en ne prsidant pas, ce matin-l, le djeuner traditionnel
qu'offre chaque anne  ses amis le matre Harpignies. Il fut peintre et
aime  se le rappeler. Il se mle toujours avec plaisir aux camarades
demeurs sur la brche, sr de rencontrer parmi eux la plus cordiale
sympathie.

Le sous-secrtaire d'tat ayant  sa gauche le paysagiste Antoine
Guillemet, s'tait assis en face de l'excellent matre Harpignies,
coiff de sa calotte, plus gai, plus vert que jamais, et que
l'assistance a acclam quand il s'est tourn, plein d'entrain, devant
l'objectif de _l'Illustration._

La fte, enfin, fut de tous points charmante et, le caf pris, on s'en
retourna vers le Grand Palais, o continuaient de dfiler des flots sans
cesse renouvels de promeneurs.

Mais ce vernissage devait tre marqu par un incident o les
proccupations d'art n'avaient qu'une faible part. A la salle 7 est
expos un portrait du gnral Percin, ancien chef du cabinet militaire
du gnral Andr, oeuvre trs honorable de Mlle Anna Sdillot. Or, un
rdacteur de _l'Autorit_, M. Andr Gaucher, le mme qui, il y a
quelques mois, se livrait, en plein boulevard,  des voies de fait
contre M. Joliet, prfet de la Vienne, pris d'une pareille fureur contre
l'effigie du gnral Percin--qui n'avait garde de riposter--le frappa
d'un coup de parapluie en pleine figure et le balafra de l'oeil au nez.

Immdiatement, avec un bout de toile, de la colle forte, on pansa la
plaie, et depuis, un agent veille auprs du tableau pour le prserver de
tout nouvel attentai.


LE MONUMENT LAMY

On a inaugur, le dimanche 30 avril,  Mougins, prs Cannes, sous la
prsidence du ministre des colonies, M.-Clmentel, un monument lev par
ses compatriotes,  la mmoire du commandant Lamy, n  Mougins, et qui
trouva une mort glorieuse sur les bords du Chari,  la fin d'un combat
o il venait de vaincre le sultan Rabah, tomb lui-mme dans la mle.
Ce monument est d  la collaboration de l'architecte distingu du
palais de l'lyse, M. Louis Bonnier, pour la partie architecturale, et
du sculpteur Vaury, auteur du buste trs vivant qui couronne la stle.

[Illustration: Le buste du commandant Lamy  Cannes.--_Phot. Cresp._]

[Illustration: Porte monumentale et faade principale de l'Exposition de
Lige.]

[Illustration: Les arnes ligeoises.]

[Illustration: Le prince et la princesse de Belgique dbarquant 
l'Exposition.]

INAUGURATION DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE LIGE


[Illustration: INAUGURATION PAR LE DUC DE GNES, DE LA 6e EXPOSITION
INTERNATIONALE D'ART, A VENISE.

Photographies des correspondants de l_'Illustration._]

[Illustration: Le nouvel Institut ophtalmologique des Buttes-Chaumont 
Paris. (Fondation du baron Adolphe de Rothschild.)]

L'INSTITUT OPHTALMOLOGIQUE DES BUTTES-CHAUMONT

[Illustration: M. B. Detaille. Edouard VII.
Le roi Edouard VII sortant du Salon des Artistes franais.]

LE ROI D'ANGLETERRE A PARIS Le roi Edouard VII a partag les trois
derniers jours qu'il a passs  Paris entre des promenades en
automobile, des visites et des djeuners intimes chez des amis
particuliers. Il a pass une soire  la Comdie-Franaise, o l'on joue
le _Duel_, une soire  la Renaissance, o l'on joue _Monsieur Pigois_.
Enfin, mercredi matin, accompagn de M. Edouard Detaille, il a visit le
Salon des Artistes franais, s'arrtant surtout devant les tableaux
militaires ou d'histoire, qu'il a dclar l'intresser particulirement.


LE VENDREDI SAINT A LA COUR DE BAVIRE

A la cour de Bavire, reste fidle  la vieille tradition chrtienne,
on continue, comme jadis, de commmorer, le vendredi saint, la cne et
le lavement des pieds. Le 21 avril dernier, la pratique de cet usage a
offert une curieuse particularit. Les douze vieillards de Munich,
choisis pour y figurer les douze aptres, avaient tous atteint un ge
extrmement avanc: l'an tait centenaire, les plus jeunes ne
comptaient pas moins de quatre-vingt-douze hivers, et, additionnes, les
existences de ces hommes vnrables reprsentaient un total de 1.124
ans. Voil, certes, une runion peu banale; elle n'a pu qu'accentuer le
caractre essentiellement archaque de la crmonie.

L'Institut ophtalmologique difi rue Manin, prs des Buttes-Chaumont,
grce  la libralit du baron Adolphe de Rothschild qui, par testament,
avait lgu l'argent destin  cette fondation, cet Institut vient
d'ouvrir ses portes. La direction en est confie  M. Albert Surlauly et
M. le docteur Trousseau a t choisi comme mdecin en chef. Au point de
vue mdical, c'est,  tous gards, un tablissement modle, dot des
perfectionnements les plus rcemment raliss. Comme oeuvre
architecturale, l'institut de la rue Manin est galement remarquable et
honore grandement ses auteurs. MM. Chatenay et Rouvre.

Ayant  riger leur difice entre le beau parc verdoyant des
Buttes-Chaumont et des terrains ravins, vallonns, aux pentes couvertes
d'herbe, dans un site qui donne presque l'illusion de la campagne, ils
ont eu le bon got de s'efforcer d'imprimer en tout,  ces constructions
immenses, un caractre aussi rustique que possible, tout en conciliant
ce souci artistique avec les exigences du programme que leur traait la
destination de leur btisse. Et ces hauts combles, ces pignons bruns et
rouges voquent, en plein Paris, au milieu de ce quartier populeux, des
ressouvenirs de castels normands, confortables et charmants.


L'OPRA. ITALIEN A PARIS: M. UMBERTO GIORDANO

M. Umberto Giordano, l'auteur de _Siberia_, le drame musical qui vient
d'obtenir un si gros, succs au thtre Sarah-Bernhardt cette semaine,
est un jeune, un trs jeune. Il a quarante-deux ans, il est n en 1803,
 Feggia.

Au programme de la saison italienne actuelle, il a trois oeuvres:
_Siberia, Andr Chnier_ (1896), jou  Lyon en 1903, et _Fedora_ (1899)
qui reprsentent trois succs en Italie.

M. Umberto Giordano a tudi la musique au conservatoire de Naples, sous
la direction de Paolo Serrao, le clbre professeur d'harmonie et de
contrepoint. Il avait crit une oeuvre, _Malavita_, quand il eut l'ide
d'envoyer _Marina_, son premier opra, au concours Sonzogno, qui a lieu
tous les deux ans  Milan. Il remporta le premier prix  l'unanimit.

La caractristique de M. Umberto Giordano, c'est un prodigieux
temprament de thtre, une habilet scnique et une sincrit rares.
Son orchestration est trs soigne et sa mlodie est simple et a de
l'expression. M. Umberto Giordano est certainement le plus intressant
des compositeurs de la jeune cole italienne et celui que nous
connaissions le moins en France. L. S.

[Illustration: M. Umberto Giordano. _Ph. Varischi-Artico._]

[Illustration: 95 ans. 92 ans, 93 ans. 93 ans. 92 ans. 92 ans. 100 ans.
92 ans. 94 ans. 95 ans. 92 ans, 94 ans.

Douze vieillards faisant ensemble un total de 1.124 ans d'ge.]


LA SCULPTURE AUX SALONS DE 1905.

[Illustration: THODORE-RIVIRE.--Tragdie. (Mme Segond-Weber, de la
Comdie-Franaise.)]

[Illustration: H. LOMBARD.--Pierre Puget. (Pour un monument qui sera
rig  Marseille.)]

[Illustration: Mme COUTAN-MONTORGUEIL--La Fortune.]

[Illustration: E. PEYNOT.--Posie pastorale.]

[Illustration: HECTOR LEMAIRE.--Fontaine de Jouvence.]

PEYRE.--Musique profane.

J. PERRIN.--L'immortel rmouleur.

A. MERCIE.--Monument d'Armand Silvestre.

SEGOFFIN.--Danse sacre.

VERMARE.--Le Rhne et la Sane.

LECOMTE DU NOUY.--Le fer qui donne du pain.

ALEXANDRE CHARPENTIER.--La famille heureuse. Socit Nationale des
Beaux-Arts.

V. PIGNON--Jeunes filles au piano.

J.-M. CAMUS.--Byblis pleure. (Fontaine).

[Illustration: P. ROGER-BLOCHE.--Apprenti.]

[Illustration: Mme A. DEFRUMERIE.--Le grain de sel. (S.N.B.A.)]

[Illustration: FLIX CHARPENTIER.--Bacchante.]

[Illustration: INJALBERT.--Vase aux mascarons. (S.N.B.A.)]

[Illustration: CH. VINCENT.--Le berger.]

[Illustration: DCORCHEMONT.--Psych.]

[Illustration: A. ZETLIN.--La vie.]

[Illustration: LEVASSEUR.--Nymphe  la source.]

[Illustration: PERRAULT-HARRY--Chiens courants.]

[Illustration: AUGUSTE RODIN.--Torse de femme. (S.N.B.A.) (L'oeuvre de
Rodin, J.-E. BULLOZ, dit.)]

[Illustration: L. RICH.--Lion et lionne.]


[Illustration: CANOT AUTOMOBILE EN PLEINE MER PAR GROS TEMPS.]

_Les concurrents de la grande course de canots automobiles Alger-Toulon
vont entreprendre la traverse de la Mditerrane, le jour mme o
paratra ce numro de l'_Illustration. _Toutes les prcautions seront
prises pour qu'aucune catastrophe ne vienne interrompre cette audacieuse
et intressante tentative: des torpilleurs nombreux escorteront les
canots; le dpart n'aura lieu, d'ailleurs, que si l'tat de la mer le
permet. Il est donc peu probable que les merveilleux petits navires, si
puissants mais si frles, aient  lutter avec la grosse mer. Mais le
beau dessin de Johanson rend bien la tragique disproportion des forces
entre le petit engin humain et la mer qu'il prtend affronter: qu'est-ce
qu'un moteur de 400 chevaux contre la moindre des vagues de l'Ocan?_


[Illustration: Projet d'embellissement de l'avenue de l'Opra adopt par
la Prfecture de la Seine.]

_Documents et Informations_

Les embellissements de l'avenue de l'Opra.

Un syndicat compos des propritaires et commerants du quartier de
l'Opra vient de se fonder afin d'embellir ce coin du Paris lgant 
l'occasion de l'arrive du roi d'Espagne.

Le projet de dcoration d  la collaboration de MM. Formig, architecte
de la ville de Paris, et Jambon, le dcorateur, a t agr par le
prfet de la Seine et deviendra par la suite dfinitif, si l'essai qui
va en tre fait  la fin du mois rpond aux exigences esthtiques de
l'administration. Des motifs en carton-pte--excuts plus tard en
bronze--se dresseront de chaque ct de l'avenue. Ce seront des colonnes
ornes de cariatides et supportant un grand vase artistique d'o
jailliront des palmiers et des fleurs. Des refuges, au milieu desquels
se dresseront des candlabres lectriques, seront placs au milieu de la
chausse. Une vasque ayant la forme du vaisseau qui figure dans les
armes de la ville de Paris figurera sur chacun de ces refuges. Le ft
des candlabres formera le grand mt de ce vaisseau, o fleuriront les
roses, les hortensias, les chrysanthmes. Sur la place de l'Opra, des
colonnes rostrales, surmontes de gracieux motifs de dcoration,
fuseront dans le ciel. On compte, ds  prsent, qu'une somme de 50.000
francs au moins sera ncessaire pour la ralisation de la dcoration
provisoire.

Des fontaines lumineuses jailliront des bassins de la place du
Thtre-Franais. Ce n'est pas tout: pour assurer le dveloppement
commercial de l'avenue de l'Opra, des expositions priodiques
d'talages seront organises. Le syndicat espre aussi que toutes les
devantures des magasins resteront claires une partie de la soire.

Il y a encore un projet de balcons fleuris, avec jardinires montes
tout exprs et plantes retombantes en guirlandes... Toutes ces
innovations obtiendront vraisemblablement un succs mrit, car elles
sont bases sur les deux lments de dcoration qui produisent toujours
les plus charmants effets: les fleurs et la lumire.


LES AUTOMOBILES PUBLIQUES A PARIS

Pour visiter en quelques heures la capitale immense, les trangers en
tourne, conduits par les agences de voyage, taient jusqu' prsent
vhiculs dans d'immenses paulines ou tapissires qui roulaient avec
fracas au galop peu rapide de cinq chevaux fouetts  tour de bras. Une
de ces grandes agences vient de moderniser ce service en mettant  la
disposition de ses clients une automobile, mais une automobile de
proportions inusites,  cinq ranges de banquettes s'tageant en
gradins et qui promne, d'ores et dj, les visiteurs trangers avec
plus de rapidit, quand il est ncessaire; avec, toujours, plus de
confortable.


LE CONGRS DES CHEMINS DE FER A WASHINGTON.

Prochainement va s'ouvrir,  Washington, un Congrs international des
chemins de fer, auquel la France doit, comme il convient, prendre une
large part. Au nombre de ses principaux reprsentants, on compte: MM.
Pellerin de Latouche, administrateur de la Compagnie P.-L.-M.; Georges
Villain, directeur du contrle commercial, et Prouse, directeur des
chemins de fer au ministre des travaux publics; Marujouls, ancien
ministre; Wickersheimer, ingnieur en chef. Les congressistes sont
partis du Havre, le 22 avril, sur le paquebot la _Lorraine_, accompagns
de M. Jules Charles-Roux, prsident de la Compagnie Transatlantique.


POUR VITER LES INHUMATIONS PRMATURES..

Deux physiologistes ont fait connatre,  une rcente sance de la
Socit de biologie, une mthode simple pour avoir la certitude de la
mort. Cette mthode repose sur une constatation d'ordre chimique. Chez
l'homme vivant, la raction des viscres est alcaline; chez le sujet
mort, cette raction devient acide. Ce signe est constant; on peut
considrer le changement de raction comme un signe certain de la mort.
Ceci pos, et toutes les observations faites confirment le fait qui sert
de point de dpart, MM. Brissemoret et Ambard ont montr de quelle
manire le mdecin doit mettre en vidence la certitude de la mort. La
mthode est trs simple et ne demande aucune instrumentation spciale.
Elle consiste, dans les cas o quelque doute subsisterait, o les taches
cadavriques n'auraient pas fait leur apparition,  vrifier la raction
chimique d'un des viscres de l'abdomen, du foie ou de la rate, par
exemple. Pour procder  cette vrification, il suffit d'une seringue
hypodermique  aiguille un peu longue et d'un peu de papier de tournesol
bleu. On enfonce l'aiguille de la seringue,  travers la peau, dans la
pulpe du foie ou de la rate; on tire sur le piston de manire  faire
passer un peu de pulpe dans l'aiguille; on retire le tout et l'on tale
le contenu de l'aiguille sur le papier de tournesol. Celui-ci prsente
aussitt une tache rose, trs visible sur la face oppose  celle sur
laquelle on a pos la pulpe, et qui est la preuve de l'acidit de cette
dernire. S'il y avait un peu de sang avec la pulpe et si l'on cherchait
le signe une heure ou deux aprs la mort, on commencerait par essuyer la
pulpe sur du papier buvard pour qu'il absorbe le sang, lequel peut tre
encore alcalin. En ayant la prcaution de flamber l'aiguille avant de
l'introduire, on la rend aseptique et l'on vite tout danger, pour le cas
o le sujet reviendrait  lui et ne serait pas rellement mort.
L'acidification des viscres est dj nette deux heures aprs la mort.
Aprs vingt-quatre heures, elle est trs forte; il ne peut y avoir aucun
doute  son gard. Et elle est constante. Dans ces conditions, la
constatation de l'acidit des viscres constitue un signe certain de la
mort auquel il conviendra d'avoir recours dans tous les cas o il peut y
avoir le moindre doute au sujet de la ralit du trpas.

[Illustration: Automobile publique de 24 places utilise pour visiter
Paris par les trangers en tourne.]

[Illustration: M. de Pellerin. M. Villain. M. Prouse. M. Charles-Roux.
M. Lvy. M. Marujouls. M. Boix. Groupe de dlgus au Congrs
international des chemins de fer de Washington, sur le pont du paquebot
"La Lorraine".--_Phot. Dejean_.]


LES NATURALISATIONS EN FRANCE.

Dans un pays comme le ntre, o la population ne s'accrot pour ainsi
dire plus du fait des naissances, il serait souhaitable que les
naturalisations s'levassent  un chiffre important.

Mais, hlas! les personnes qui demandent notre nationalit sont
actuellement en nombre infime. On n'en a compt, en 1904, que 2.316; 183
de plus, il est vrai, qu'en 1903.

Parmi ces 2.316 naturaliss, on trouve: 378 Belges, 200 Alsaciens, 81
Espagnols, 79 Russes, 61 Allemands, 54 Luxembourgeois, 33 Autrichiens,
12 Anglais, 6 Grecs, 5 Hongrois.

Les proportions sont  peu prs les mmes que celles des annes
prcdentes. Il y a eu cependant, sur 1903, une augmentation d'envron
3% pour les Italiens, et de 0,5% pour les Espagnols et pour les Russes.
Mais il y a eu diminution d'environ 1,5% pour les Alsaciens-Lorrains et
les Belges et de 0,5% pour les Anglais.

Le nombre des naturalisations algriennes, de 754 en 1903, n'a t que
de 724 en 1904.


UN PIGE A RATS VGTAL

Il y a,  l'universit de Pensylvanie, un petit btiment tout entier
consacr aux plantes carnivores, aux diffrentes plantes qui capturent
et digrent plus ou moins des insectes et d'autres animaux. Parmi ces
plantes, il y en a une qui,  l'occasion, s'empare de proies
relativement volumineuses. C'est un npenths. Sa fleur est en forme de
petite urne et, au fond de celle-ci, il y a un liquide qui est clair et
limpide comme de l'eau, mais qui aurait des proprits stupfiantes. En
outre, elle est pourvue d'appendices qui se rabattent sur la tte de
l'animal qui est venu soulager sa soif et l'immobilisent. On a vu des
souris et des rats tus par le npenths: et il paratrait qu'avec le
temps, les appendices poussent l'animal au fond de l'urne, o il est
dsagrg et digr par des sucs digestifs. Le npenths serait un pige
 rats qui ferait disparatre sa proie en l'utilisant. Mais c'est un
pige peu sr. Dans la serre o il faut tenir la plante, celle-ci perd
assez vite l'apptit: la chaleur artificielle ne lui convient gure.
Elle se met  la dite et ne rend plus de services. Aussi ne faut-il
gure compter sur les npenths pour faire office de piges  rats dans
les appartements, mme les mieux chauffs. Dans les pices froides,
inutile de dire qu'ils ne feront rien: rien que mourir, tant des
plantes tropicales.


UN AVERTISSEUR DE LA PRSENCE DE GAZ TOXIQUES DANS LES APPARTEMENTS.

En raison des dfauts d'installation des appareils de chauffage, du
manque d'aration suffisante, ou d'accidents survenant dans la
tuyauterie ou la manoeuvre des robinets des appareils  gaz, les
appartements sont exposs  tre envahis par des gaz toxiques de diverse
nature: acide carbonique, oxyde de carbone, carbures d'hydrogne, etc,
plus ou moins lourds que l'air.

Il existe bien des appareils avertisseurs de la prsence de ces gaz,
mais ces appareils ne sont valables que pour un gaz dtermin.

MM. Hanger et Pescheux viennent de prsenter  l'Acadmie des sciences un
appareil avertisseur qui a le grand avantage de s'appliquer  tous les
gaz toxiques, qu'ils soient plus lourds ou moins lourds que l'air.

Cet appareil consiste en une balance trs sensible. A l'extrmit d'une
des branches du flau se trouve un rcipient d'air normal hermtiquement
clos, quilibr  l'autre extrmit par un plateau. Il est vident que,
si le rcipient est plong dans un gaz plus lger ou plus lourd que
l'air, l'quilibre se trouve rompu. Une aiguille attache au flau
descend alors dans un bain de mercure et, en fermant un circuit
lectrique, fait tinter une sonnette d'alarme. Les effets de temprature
et de pression sont corrigs par un thermomtre mtallique et un
baromtre anrode.

Dans ces conditions, la plus petite invasion d'un gaz autre que l'air
fait fonctionner l'appareil.

Dans les mines, cet appareil dnoncerait la prsence du grisou avec la
plus grande sensibilit.


_Mouvement littraire._

_Lamennais, sa vie et ses doctrines_, par l'abb Charles Boutard
(Perrin, 5 fr.).--_Louis XIV et la Grande Mademoiselle_, par Arvde
Barine (Hachette, 3 fr. 50).--_Au service de l'Allemagne_, par Maurice
Barrs (Fayard, 1 fr. 50).

LAMENNAIS.

Le livre de M. l'abb Boutard est d'une vive actualit N'est-ce pas
Lamennais qui, encore dans l'glise, a demand le premier la sparation
de l'glise et de l'tat? Il l'a rclame dans l'_Avenir_, aprs 1830,
avec une singulire nergie. Dj mme, en pleine _Restauration_, quand
il combattait le gallicanisme et se faisait dfrer, sous Charles X au
tribunal de police correctionnelle, on avait senti poindre, dans ses
crits, la thorie de la sparation M. l'abb Boutard, dans le volume
qu'il nous livre et auquel il nous promet une suite, tudie en ses
origines et en ses premires manifestations, l'illustre et pre
polmiste, qui fut en mme temps un si grand pote. Son travail s'arrte
 l'anne 1828. N le 29 juin 1782. Flicit Robert de Lamennais montra
ds son enfance un temprament nerveux et enclin  la colre. Il aimait
l'isolement. D'une farouche indpendance, il fit presque seul son
ducation intellectuelle et fut son propre matre  lui-mme. Prs que
malgr lui, aprs de nombreuses hsitations et au milieu d'inquitudes
mortelles, il entra dans le sacerdoce, pouss par son frre Jean, par un
sulpicien, l'abb Teysserre, et surtout par l'abb Garron, qu'il avait
connu  Londres pendant les Cent-Jours. Les volumes successifs de
_l'Essai sur l'indiffrence_ obtinrent, surtout le premier, un
prodigieux succs. C'est l qu'il tablit comme critrium de la
certitude le _sens commun,_ le consentement gnral des hommes, mettait,
pensait-il,  la base des connaissances humaines le principe d'autorit
l o Descartes avait mis la raison individuelle. Imptueux, n'admettant
la tyrannie d'aucun groupe, royaliste indpendant, catholique peu soumis
 l'piscopat franais, rpandant avec vigueur et sans attnuation ses
sentiments, prenant souvent le ton d'un prophte, tel nous apparat
Flicit de Lamennais. M. Boutard termine son premier volume au moment
o le grand Breton recrute des disciples et commence de fonder, avec
l'abb Gerbet, l'cole de La Chesnaie. Qu'il me soit permis de dire ici
toute ma pense: le _Lamennais_ de M. l'abb Boutard est une des oeuvres
les plus tonnantes et les plus inattendues. Dans la ddicace  M. Emile
Olivier, l'auteur appelle Lamennais une me _haute_ et _complexe_.
Croyant, d'une sre doctrine. M. Boutard a trait celui qui a crit les
_Paroles d'un croyant_ avec un respect presque attendri. Il signale
videmment ce qu'il estime les erreurs de Lamennais; il regrette que
celui-ci ait reu le sacerdoce sans prparation, sans mme la
prparation du grand sminaire; il sait tout ce qu'il y eut parfois de
violent et d'amer dans l'indomptable Breton. Mais quelles nuances dans
les jugements de M. Boutard! Quelle tolrance chez cet crivain, attach
 la doctrine catholique et la connaissant si parfaitement! Quelle
subtile psychologie! Son livre est un des plus beaux qu'il m'ait t
donn de lire depuis longtemps. Catholiques, protestants, libres
penseurs, trouveront un charme extrme dans ces pages si fermes, si
attrayantes, si apaises et qui portent _l'imprimatur_ de l'autorit
ecclsiastique.

LOUIS XIV ET LA GRANDE MADEMOISELLE.

Avec une aimable rudition, Mme Arvde Barine (_alias_ Mme Vincens), une
favorite de l'Acadmie franaise, a racont les jeunes amours de Louis
XIV, son adolescence, ses ftes galantes, son inclination premire vers
les libertins. Mais ce qui domine dans le livre de Mme Arvde Barine,
c'est la Grande Mademoiselle. Dans un prcdent volume, elle nous
l'avait dpeinte au milieu de la Fronde, hroque, batailleuse. Ici,
c'est une autre Mademoiselle qui apparat. La Fronde a teint ses
derniers feux; nous sommes en 1692. Mlle de Montpensier est relgue
dans le chteau de Saint-Fargeau, o elle s'ennuie, ne cherchant qu'un
prtexte pour faire sa paix avec Mazarin, auquel elle finit par se
soumettre. Elle se dbat avec son pre, Gaston d'Orlans, et avec sa
belle-mre, qui voudraient lui enlever de son bien pour le faire passer
 ses demi-soeurs. Aide de Prfontaine, elle sait rsister et
parfaitement tablir ses comptes. Mais, ce qui l'occupe surtout, c'est
la recherche d'un mari. Un moment elle espre le grand Cond dont la
femme est malade; mais celle-ci se rtablit. Epousera-t-elle Monsieur,
frre du roi, qui a dix-sept ans?--elle en a trente. Mais cet
adolescent, cette fille manque, lui chappe. Le roi lui veut donner
pour mari Alphonse VI, roi de Portugal, un tre qui n'a rien d'humain et
dont le corps exhale une odeur pestilentielle. Cette fois-ci,
Mademoiselle, malgr son dsir d'un poux, recule et refuse d'obir au
roi, son cousin. Charles-Emmanuel II, veuf de Mlle de Valois, aurait
parfaitement convenu  la duchesse de Montpensier, mais le duc de Savoie
la dclare trop ge, ce qui la jette dans le dsespoir.

Le comte de Lauzun tait le plus petit et le plus insolent des cadets de
Gascogne. La voil prise, elle, gante de quarante-deux ans, de ce nain
rus, malfaisant et le plus plat des courtisans. Le dessein de Louis XIV
tait alors de la marier avec Monsieur--on revenait  Monsieur, veuf de
Henriette d'Angleterre.--Mais il lui faut Lauzun. Aprs avoir cd sur
ce point, le roi retire son consentement, ce qui amne des cris, des
vanouissements, un beau tapage de Mademoiselle. Toute la cour et tout
Paris s'amusrent de cette vieille fille amoureuse. Comme Mme de
Montespan passait pour s'tre oppose au mariage, Lauzun poursuivit
celle-ci de ses injures, ce qui lui valut un long exil dans la
forteresse de Pignerol Pour le dlivrer, Mademoiselle subit un chantage
de la matresse royale et livra quelque beau morceau de sa fortune au
duc du Maine. Mais si licencieux s'talait Lauzun, qui lui cotait cher,
que Mademoiselle le chassa aprs l'avoir battu. Il est vrai qu'elle le
reprit ensuite, mais pour peu de temps. Tel fut ce roman qui gaya si
fort les contemporains. Mademoiselle mourut, sans connatre les
charmantes douceurs de l'tat conjugal--il est peu probable qu'il y eut
un mariage secret entre elle et Lauzun--le 5 avil 1693,  l'ge de
soixante six ans. Plus nglig, plus malpropre que jamais, Lauzun, 
soixante-quatre ans, pousa Mlle de Lorges, qui comptait rapidement
l'enterrer; il mourut  quatre-vingt-dix ans passs, en 1723. Une
charmante vivacit tout acadmique anime et enchante le rcit de Mme
Arvde Barine.

AU SERVICE DE L'ALLEMAGNE.

Il y a deux parties dans le volume de M. Barrs: la premire historique
et philosophique sur les races, sur la lutte entre l'esprit germain et
l'esprit latin, tablie  la pointe de la Lorraine. Peut-tre
dsirerait-on l plus de rigueur scientifique; toutefois, M. Barrs
excelle  analyser ce qui doit se passer dans l'me d'un Alsacien, sous
le casque pointu. Ehrmann a voulu demeurer dans la terre o l'on entend
la voix des anctres et y maintenir la France. Est-ce que les migrs
servent vraiment la cause franaise? Ne vaut-il pas mieux, dans
l'intrt de la vieille patrie, ne pas abandonner le sol alsacien?
Pendant son volontariat, Ehrmann se sent d'une autre race que ceux qui
l'entourent; il n'a rien de commun avec les Allemands; il a le geste
franais, libre, souple, non les mouvements automatiques. Au moral, il
montre une politesse, une dlicatesse, un altruisme, une fleur dont ses
compagnons sont dpourvus: a, c'est la France. Son passage par le
rgiment ne lui fera que mieux comprendre jusqu' quel point il diffre
des Prussiens et quels liens l'attachent  la vraie mre. De plus, il
aura t pour les autres un beau spectacle et des plus utiles, il leur
aura dcouvert ce que vaut l'me franaise, de quelles vertus elle est
forme. Ingnieuse, serre et d'une belle noblesse patriotique, la
seconde partie du livre de M. Barrs nous meut. J'aurais voulu, en mme
temps, donner mon sentiment sur le _Prjug des races_, dans lequel M.
Finot soutient une thse qui n'est pas prcisment celle de: _Au service
de l'Allemagne_; mais je rserve l'oeuvre si nourrie de M. Finot pour
l'article que je me promets de consacrer  la philosophie.
                                                               E. LEDRAIN.


LES THTRES

Le Palais-Royal nous a donn cette semaine _Chambre  part_, trois actes
de M. Pierre Veber, qui sortent un peu de son rpertoire habituel: c'est
l'histoire de deux poux qui s'adorent en croyant se dtester et
reviennent  l'amour en passant par le divorce, et elle nous est conte
sans bouffonnerie, avec plutt quelque esprit d'observation et quelque
dlicatesse. Bien interprte par l'ordinaire troupe du Palais-Royal,
elle a russi. Elle tait prcde d'un agrable proverbe de MM. Bilhaud
et Hennequin: le _Gant_.

A la Gat, M. Coquelin a repris le _Matre de forges_. Il n'y joue
qu'un rle de second plan, celui de Moulinet, mais il est  peine utile
de dire qu'il y est parfait de bonhomie naturelle. Mlle Jane Hading
triomphe, comme il y a vingt ans, dans le rle de la belle Claire de
Beaulieu. L'criture de cette pice a un peu vieilli, mais l'intrigue
en est toujours fort mouvante.

Aux Varits, MM. Georges Feydeau et Maurice Desvallires nous ont
offert, accompagne d'une pimpante musique de M. Louis Varney, une
ferie en douze tableaux, _l'Age d'or_, spectacle kalidoscopique qui
divertit les yeux sans fatiguer l'esprit.


FIANAILLES SPORTIVES

Le monde sportif a appris ces jours derniers--sans autrement s'en
tonner, car c'est un monde o l'on ne s'tonne de rien--les fianailles
officielles de deux personnalits bien connues sur les hippodromes:
Percy Woodland, le clbre jockey d'obstacles, et Mlle milienne Andr,
qui a eu la fantaisie de faire courir des pur sang aprs avoir prsent
des lapins blancs, gentiment dresss, sur la scne d'un music-hall. Mlle
Andr s'appelait alors Mlle d'Alenon. Le code des courses, peu galant,
l'a dpossde de son pseudonyme. Peu importe, puisqu'elle sera dans
quelques jours, trs lgalement Mrs Woodland.

[Illustration: Le jockey Woodland et Mlle milienne Andr.]

[Illustration: L'abattoir de Saint-Denis de la Runion aprs le passage
du dernier cyclone.--_Phot. E. Chardon._]


ENCORE UN CYCLONE A LA RUNION

L'le de la Runion, cruellement prouve par le terrible cyclone du
21-22 mars 1904, vient, cette anne, exactement  la mme date, d'tre 
nouveau ravage par un ouragan. Les plantations ont beaucoup souffert
(les pertes sont values  15% environ) et le pays, qui esprait se
relever un peu avec la perspective d'une bonne rcolte, est de nouveau
dans la consternation.

La voie ferre entre la pointe des Galets et Saint-Paul est en bonne
partie dtruite et les travaux de reconstruction dureront au moins deux
mois.

L'abattoir de Saint-Denis n'est plus qu'une ruine ainsi que l'indique
notre photographie prise le lendemain du sinistre. Cette malheureuse
colonie, si prouve par ces flaux successifs, projette, dit-on, de
contracter en France un emprunt pour la construction d'usines centrales
perfectionnes qui permettraient  ses cultivateurs et  ses industriels
d'extraire toute la quintessence des sucres contenus dans les cannes.


FIANAILLES PRINCIRES

Le mois dernier, Paris comptait parmi ses htes de marque le duc Arthur
de Connaught, frre du roi d'Angleterre et la duchesse, sa femme,
accompagns de leurs filles, les princesses Marguerite et Victoria.
Aprs un change de visites, le prsident de la Rpublique et Mme Loubet
offrirent, en leur honneur,  l'lyse, un djeuner auquel ils avaient
galement convi le prince Gustave-Adolphe, duc de Scanie, fils an du
prince royal de Sude. Or, la runion de ces personnages  la table
prsidentielle ne rsultait pas d'une simple concidence, et c'est  bon
escient qu'elle avait t mnage La princesse Marguerite, fille ane
du duc de Connaught, doit, en effet, pouser prochainement le prince
Gustave-Adolphe. La fiance est ne le 15 janvier 1882 et le fianc le
11 novembre de la mme anne.

[Illustration: Deux fiancs de sang royal: la princesse Marguerite de
Connaught et le prince Gustave-Adolphe de Sude.--_Phot. Reutlinger_.]

[Maquette du tombeau dfinitif de S. S. Lon XIII, dans la basilique de
Saint-Jean de Latran,  Rome.--Phot Ch. Abeniacar.]


LE TOMBEAU DU PAPE LON XIII

Le 25 juillet 1903, le triple cercueil contenant le corps de Lon XIII
fut transport  la chapelle du choeur des chanoines de Saint-Pierre de
Rome et hiss au-dessus de la porte, toujours close, dans une niche
masque en temps ordinaire par un sarcophage trs simple en bois peint
imitant le marbre. C'est l qu'il est d'usage de dposer provisoirement
les restes du pape, en attendant la construction de la spulture
dfinitive dont il a lui-mme dsign le lieu. Lon XIII a fait choix de
la basilique de Saint-Jean de Latran, et, pour recevoir sa dpouille
mortelle, le statuaire Jules Talodini a t charg d'excuter un tombeau
monumental. Une commission de cardinaux vient d'approuver la maquette
qui promet une oeuvre sculpturale de grand caractre conue dans le got
de la Renaissance.


PLERINS MUSULMANS AU LAZARET DE MATIFOU

Le plerinage traditionnel des musulmans  la Mecque fut toujours, on le
sait, le sujet de srieuses proccupations au point de vue sanitaire;
car on a lieu de redouter qu' la suite de ce dplacement en masse les
croyants ne rapportent en Occident les maladies pidmiques contractes
l-bas. La peste ayant, cette anne, svi en Arabie, on a redoubl de
vigilance et de prcautions, notamment dans notre grande colonie
mditerranenne, et,  leur retour de la ville sainte, les plerins
algriens, dbarqus au lazaret du cap Matifou, taient, comme l'atteste
la photographie reproduite ici, soumis  une visite mdicale des plus
rigoureuses.

[Illustration: EN REVENANT DE LA MECQUE.--Au lazaret du cap Matifou:
examen mdical des musulmans algriens revenant du plerinage de la
Mecque.]

[Illustration: PHILANTHROPIE, par Henriot.]

[Illustration: Supplment. Avec ce numro, L'ILLUSTRATION THTRALE,
Contenant L'ARMATURE]

[Note du transcripteur: Les supplments ont, pour la plupart, t perdus;
ils ne sont d'ailleurs pas contenus dans les ditions relies de 26
numros.]





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or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
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Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
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     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
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     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
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     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

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1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
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1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
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liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

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is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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