Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Croquis Hollandais, by Various

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Title: Le Tour du Monde; Croquis Hollandais
       Journal des voyages et des voyageurs; 2e Sem. 1905

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: September 14, 2009 [EBook #29985]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CROQUIS HOLLANDAIS ***




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                    LE TOUR DU MONDE




                         PARIS
                IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
                  20, rue du Dragon, 20




                NOUVELLE SRIE--11e ANNE
                       2e SEMESTRE




                    LE TOUR DU MONDE

                         JOURNAL
              DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS




                     Le Tour du Monde
             a t fond par douard Charton
                         en 1860




                         PARIS
              LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
             79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
         LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
                          1905

Droits de traduction et de reproduction rservs.




TABLE DES MATIRES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_

  I. De Paris  Srnagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay 
     Lahore. -- Premiers prparatifs. -- En _tonga_ de
     Rawal-Pindi  Srnagar. -- Les Kachmiris et les matres du
     Kachmir. -- Retour  la vie nomade.                             1

  II. La Valle heureuse en _dounga_. -- Bateliers et
     batelires. -- De Baramoula  Srnagar. -- La capitale du
     Kachmir. -- Un peu d'conomie politique. -- En amont de
     Srnagar.                                                      13

  III. Sous la tente. -- Les petites valles du Sud-Est. --
     Histoires de voleurs et contes de fes. -- Les ruines de
     Martand. -- De Brahmanes en Moullas.                           25

     IV. Le plerinage d'Amarnth. -- La valle du Lidar. -- Les
     plerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacre.
     -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles.           37

  V. Le plerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funbre et
     hydrothrapie religieuse. -- Les temples de Vangth. --
     Frissons d'automne. -- Les adieux  Srnagar.                  49


SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.

  I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso.
     -- La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. --
     Villes et villages abandonns. -- O est donc Betti? --
     Arrive  Dioubasso.                                           61

  II. Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La
     mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De
     Mop  Betti. -- Bnie, roi de Betti, et sa capitale. --
     Retour  Petit-Alp.                                          73

  III. Rapports et rsultats de la mission. -- Valeur
     conomique de la cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
     Supriorit de la faune.                                       85

  IV. La fivre jaune  Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
     Retour en France.                                              90


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_

  I. L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots
     d'histoire. -- Dbarquement  Porto-Ferraio. -- Une ville
     d'opra. -- La teste di Napoleone et le Palais imprial.
     -- La bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre 
     Napolon III, aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur.
     -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un
     enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
     blanches. Dans la paix des limbes. -- Les diffrentes routes
     de l'le.                                                      97

  II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
     temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
     Giove. -- Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la
     Madone et la Sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de
     l'infini. Bastia, Signor!. Vision sublime. -- La cte
     orientale de l'le. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
     de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer.             109

  III. Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux
     Mulini. -- L'Empereur  la gorge de Monserrat. -- San
     Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
     aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
     le miroir de la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates
     sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
     L'ancien Muse de San Martino. Essai de reconstitution par
     le propritaire actuel. Le lit de Madame Mre. -- O il faut
     chercher  Elbe les vraies reliques impriales. Apollon
     gardant ses troupeaux. ventail et bijoux de la princesse
     Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
     la signorina Squarci. -- L'glise de l'archiconfrrie du
     Trs-Saint-Sacrement. La Pieta de l'Empereur. Les
     broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
     Porto-Ferraio.                                                121


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes._

  I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et
     l'Oronte; excursions  Daphn et  Soueidieh. -- La route
     d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu
     d'Alep.                                                       133

  II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
     Premire rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
     Souvenirs des Htens. -- Excursion  Resapha. -- Comment
     atteindre Ras-el-An? Comment le quitter? -- Enfin  Orfa!    145

  III. -- Sjour  Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de
     l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos  Alep.
     -- Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
     Conclusion pessimiste.                                        157


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_

      qui les Nouvelles-Hbrides: France, Angleterre ou
     Australie? Le condominium anglo-franais de 1887. --
     L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des les. --
     L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
     Nouvelles-Hbrides. -- Leur avenir.                           169


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_

  I. -- Moscou. -- Une dception. -- Le Kreml, acropole
     sacre. -- Les glises, les palais: deux poques.             182

  II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
     moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
     Kreml et la ville.                                            193

  III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
     L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. --  bord du
     _Sviatoslav_. -- Une visite  Kazan. -- La sainte mre
     Volga.                                                       205

  IV. -- De Samara  Tomsk. -- La vie du train. -- Les
     passagers et l'quipage: les soires. -- Dans le steppe:
     l'effort des hommes. -- Les migrants.                        217

  V. -- Tomsk. -- La mle des races. -- Anciens et nouveaux
     fonctionnaires. -- L'Universit de Tomsk. -- Le rle de
     l'tat dans l'oeuvre de colonisation.                         229

  VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
     Grande-Russie. -- Conclusion.                                 241


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_

     La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
     d'histoire et de gographie. -- La cathdrale de
     Saint-Laurent. -- L'glise Sainte-Marie-des-Anges. --
     Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
     Procds employs pour le transfert des fresques.             253


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_

  I. -- Woo-Sung. -- Au dbarcadre. -- La Concession
     franaise. -- La Cit chinoise. -- Retour  notre
     concession. -- La police municipale et la prison. -- La
     cangue et le bambou. -- Les excutions. -- Le corps de
     volontaires. -- meutes. -- Les conseils municipaux.          265

  II. -- L'tablissement des jsuites de Zi-ka-oue. --
     Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
     d'opium. -- Le charnier des enfants trouvs. -- Le
     fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
     Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
     Fou-tchou-road. -- Statistique.                              277


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_

     Le problme de la civilisation des ngres. -- L'Institut
     Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
     L'cole professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
     Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des ngres et la
     casuistique de la Constitution.                               289


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan_.

  I. -- Arrive  Astrabad. -- Ancienne importance de la
     ville. -- Le pays des Turkomans:  travers le steppe et les
     Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosque;
     son commerce. -- Le dsert de Lout. -- Sur la route de
     Kirman.                                                       301

  II. -- La province de Kirman. -- Gographie: la flore, la
     faune; l'administration, l'arme. -- Histoire: invasions et
     dvastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
     province. -- Une saison sur le plateau de Sardou.             313

  III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la cte du golfe
     Arabique. -- Histoire et gographie du Makran. -- Le Sarhad.  325

  IV. -- Dlimitation  la frontire perso-baloutche. -- De
     Kirman  la ville-frontire de Kouak. -- La Commission de
     dlimitation. -- Question de prsance. -- L'oeuvre de la
     Commission. -- De Kouak  Klat.                              337

  V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
     Comparaison du Seistan et de l'gypte. -- Excursions dans le
     Helmand. -- Retour par Yezd  Kirman.                         349


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_

     De Sagon  Pnm-penh et  Compong-Chuang. --  la rame sur
     le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Rap.
     -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Dcadence de la
     civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
     -- Oudong-la-Superbe, capitale du pre de Norodom. -- Le
     palais de Norodom  Pnm-penh. -- Pourquoi la France ne
     devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor.        361


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_

  I. -- De Budapest  Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
     valle du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march
     de Targu Jiul. -- Le monastre de Tismana.                    373

  II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion  Bistritza. --
     Romnicu et le dfil de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
      Campolung. -- Dfil de Dimboviciora.                       385

  III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
     Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa,
     promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la
     Couronne.                                                     397


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._

  I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
     -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march.
     -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
     aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits
     enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais.           410

  II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
     djeuner dcevant. -- Le pre Kick.                           421

  III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
     La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
     Hollande. -- Une nuit  Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
     jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
     l'eau.                                                        423

  IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
     Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le
     fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu
     des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
     filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. --
     Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. --
     Houille locale.                                               433


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_

     Lgende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos  travers les
     dynasties,  l'poque chrtienne. -- Ses monuments et leur
     spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs.         445


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_

  I. -- De Tachkent  Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
     En tarentass. -- Tchimkent. -- Aouli-Ata. -- Tokmak. -- Les
     gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
     chef kirghize.                                                457

  II. -- La valle de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
     traverse du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
     valle dserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
     Troupeaux de chevaux. -- La valle de Kachkateur. -- En vue
     du Khan-Tengri.                                               469

  III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
     valle d'Inghiltchik. -- Le tchiou mouz. -- Un chef
     kirghize. -- Les gorges d'Attialo. -- L'aoul d'Oustchiar.
     -- Arrts par les rochers.                                   481

  IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaende. --
     En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaende. -- Bloqus
     par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la valle
     de l'Irtach. -- Chez le kaltch. -- Cuisine de Kirghize. --
     Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize.   493

  V. -- L'heure du retour. -- La valle d'Irtach. -- Nous
     retrouvons la douane. -- Arrive  Prjevalsk. -- La
     dispersion.                                                   505

  VI. -- Les Khirghizes. -- L'origine de la race. -- Kazaks et
     Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
     khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
     -- Mariages khirghizes. -- Conclusion.                        507


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_

     Premire escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
     l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
     vie vgtative des Feroens. -- La pche aux dauphins. -- La
     pche aux baleines. -- Excursions diverses  travers
     l'Archipel.                                                   517


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_

     Accs difficile de Pondichry par mer. -- Ville blanche et
     ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les htels
     de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
     les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
     L'avenir de Pondichry. -- Le march. -- Les coles. -- La
     fivre de la politique.                                       529


UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_

  I. -- Gographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
     Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois.      541

  II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
     Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
     Astrologie. -- L'criture. -- L'art. -- Le vtement et la
     parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
     posie.                                                       553


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_

     Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
     -- La fort de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
     Le Bou Hedma. -- Un groupe mgalithique. -- Renseignements
     indignes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
     plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
     Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
     -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
     Sidi Abd el-Aziz.                                             565


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_

  I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
     _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses potes. -- La
     Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
     hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
     palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolde. --
     Un souvenir de l'inondation du Tage.                          577

  II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
     Les pupilles de l'vque Siliceo. -- Santo Tom et l'oeuvre
     du Greco. -- La mosque de Tolde et la reine Constance. --
     Juan Guaz, premier architecte de la Cathdrale. -- Ses
     transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
     -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
     est son excutrice testamentaire. -- Ximns. -- Le rite
     mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannire d'Isabelle
      la bataille de Toro.                                        589

  III. -- Entre d'Isabelle et de Ferdinand, d'aprs les
     chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hpital de Santa
     Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
     portraits fameux de l'Universit. -- L'ange et la peste. --
     Sainte-Locadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
     couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes.           601

  IV. -- Les cigarrales. -- Le pont San Martino et son
     architecte. -- Dvouement conjugal. -- L'inscription de
     l'Htel de Ville. -- Cordoue, l'Athnes de l'Occident. -- Sa
     mosque. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
     Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
     -- Doa Maria de Pardes. -- L'industrie des cuirs repousss
     et dors.                                                     613




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--35e LIV.         N 35.--2 Septembre 1905.

[Illustration:  la kermesse (page 419).]




CROQUIS HOLLANDAIS

Par M. LUD. GEORGES HAMN.

_Photographies de l'auteur._


[Illustration: Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon
aloi (page 413).]

Tout pays a son caractre particulier, c'est indubitable; or, la
Hollande, tant par la forme de son territoire que par le costume de
ses paysans, est peut-tre la contre d'Europe actuellement la plus
pittoresque.

Fumeurs de pipes, farandoles de kermesses, batellerie lente, ponts
gigantesques, moulins bringueballants, calmes contemplations des
bourgeois devant les _glass beer_, dhanchements des _boerin_ portant
 la ville les produits des mtairies familiales, attelages de chiens
guillerets, canaux ternels peupls de canards, villages proprets,
logis coquets, pcheurs singuliers, cieux capricieux, terres
marcageuses,... valent vraiment la peine qu'on se drange, et l'on
ressuscite tout  son aise, sans fermer les yeux, les paysages si
caresss par le pinceau de Ruysdal, et les trognes des buveurs de
bire dessins par les Tniers.

Aller en Hollande, du reste, n'est rien.... On prend le matin un
express  la gare du Nord, et le soir on se trouve attabl dans une
_koffiehuis_, parmi le calme profond des pturages et le son des
carillons.

La Belgique tant traverse d'une haleine, ce qui n'est point
difficile, vu sa maigre tendue, on descend  Roosendal,
gare-frontire, o il est d'usage de reprendre quelque force, et l'on
monte dans un train lent, de triste mine, en route pour la Zlande,
les les aux appellations baroques, sillonnes de rigoles, de canaux,
de rivires, de ruisseaux, de bateaux, et peuples de femmes aux bras
nus.

Mais que l'on se dise bien ceci: la Hollande, pays d'une platitude
dsesprante, ne fournit point de sensations violentes,
d'enthousiasmes communicatifs, ni de ravissements intrieurs. La
Hollande, fief de la quitude, est un endroit o l'on plonge pour
ainsi dire dans la batitude.


     I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages. -- Les
     _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march, -- Le
     village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons aubergistes. --
     Une soire locale. -- Les sabots des petits enfants. -- La
     kermesse. -- La pit du Hollandais.

Aprs avoir ctoy des marcages monotones, des cultures humides,
travers des ponts, le train lent stoppe  Goes, puis  Middelburg,
capitale de l'le Walcheren.

Il faisait gris, le matin o j'y parvins. En Hollande, les nuages
n'ont pas de clochers pour les arrter, pas plus que d'arbres,
collines ou bergres. Ils arrivent de tous les cts, blancs, roses,
noirs, mauves, oranges ou rouges, selon l'heure et le vent, pousss
par le zphir. Ils dgringolent en averses foudroyantes, puis se
sauvent par hordes compactes, essayant de se raccrocher quelque part;
mais les moulins qui virent et tournent sans hol, ont l'air de s'en
moquer, tels les baigneurs qui plongent dans l'eau quand on les
appelle.

 nuages hollandais, que de tracas vous m'avez causs!.... Dois-je
vous en garder rancune?... Je ne sais, car vous ne manquez pas
d'allure, et la Hollande sans nuages serait un dsert affreux, et les
nuages, l'eau, ont, depuis belle lurette, nou ensemble amiti, pour
le grand bien des paysages:

Il faisait donc gris, quand je dbarquai  Middelburg.

Middelburg, n'est-ce pas? est un type achev de ville hollandaise,
mi-citadine, mi-paysanne. Avec Goes et Wemildengen, elle est peut-tre
la plus intressante de celles o j'ai pass.

[Illustration: Des boerin bien prises en leurs justins marchent en
roulant, un joug sur les paules.]

[Illustration: Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle
lave sa demeure de haut en bas (page 418).]

C'tait le matin.  tout instant, je rencontrais des marachers ou
marachres, les uns en voitures basses, tranes par des petits
chevaux poilus, les autres poussant des charrettes charges de
lgumes, beurre, oeufs ou lait.

Trip, trep, trip, trep.... Cela trottait sans hte (on ne se presse
jamais en Hollande)  petit trot mou, vite arrt.

Des _boerin_ (jeunes filles), bien prises en leurs justins, les
hanches bouffantes de grosses jupes, marchaient en roulant, un joug
sur les paules, offrant  leurs clients le lait ou le beurre
priodiques, en des seaux bleus ou verts  couvercles, d'une propret
mticuleuse.

Le type n'est pas trs joli, je veux dire pas trs fin, car la beaut
est extrmement discutable et l'on voit tous les jours des gens se
pmer devant les chairs de Rubens, lequel, comme on le sait, ne
peignit gure que des Flamands obses.

Ces demoiselles, par contre, n'ont pas de timidit. Plus d'une,
arrivant les mains  la ceinture, les paules agites d'un mouvement
sec, s'arrtait devant mon regard, se campait d'un air coquet et me
faisait signe qu'une pice de monnaie serait pour elle un excellent
bnfice. Si j'essayais de la croquer  l'improviste, elle poussait un
cri de colre, et me tournait le dos avec ostentation.

En d'autres lieux,  Marken par exemple, cet impt sur l'tranger est
devenu presque un droit, voire un abus ridicule....

Middelburg!... ville proprette, aux rues toutes pareilles. Alentour,
des canaux o flottent des trains de bois. Deux ou trois moulins
colossaux dominent les toits. Quelques vieux monuments de style. Des
carillons chanteurs sonnent les heures, s'grnent tout  coup sur le
silence ouat des voies quasi dsertes, presque veuves de boutiques.

On se promne peu, en Hollande; on ne flne point. On vit chez soi,
bien enferm dans sa maison close, nette, claire et ordonne. Pas de
maisons de rapport  cinq, six ou dix tages. Chaque famille a son
logis, son _htel_, o ne pntrent que des gens connus, dont on est
sr.

Aussi comme on l'aime, ce home, comme on se complat  l'orner,  le
laver,  le peindre,  le gratter! C'est un talage de soins qui
rjouit l'oeil, tant on le sent inn dans les moeurs locales.

[Illustration: Emplettes familiales.]

[Illustration: Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec
leurs grosses jupes (page 413).]

Les rues paves de briques ne reclent aucune immondice. Les fentres
garnies de stores ne montrent point de visages curieux se penchant
avec grce ou ddain sur le passant. On ne voit point de mnagres
tenant conciliabule  perte de vue sous des portes cochres qui
n'existent point, ou  des carrefours frquents. Les enfants
eux-mmes sont juste assez bruyants pour indiquer que la ville n'est
pas peuple de spectres.... Seuls, vous dvisagent les _espions_,
miroirs fixs extrieurement aux fentres, et sur lesquels la dame du
logis, assise confortablement  l'abri de son _horrikje_, chssis vert
en forme de trfle, contemple durant des heures ce qui luit, marche,
flotte ou passe,  la faon des poissons  travers l'eau d'un
bocal....

Ah! cette torpeur amicale des logis hollandais, par une aprs-midi
grise de septembre!

Le dtective au poing, j'arpentais les moindres ruelles, poussant mon
indiscrtion familire partout o je pouvais. J'errais le long des
quais sonores, o le rouge des toits se mariait au brun des trains de
bois flottants, au roux des arbres pressentant l'automne. Je longeais
les berges du grand canal; des jeunes filles y faisaient des signaux
aux mtayers d'en face, encadrs par l'horizon plat o tournait un
moulin.

J'eus tt fait de connatre par le menu le court ddale des voies,
lesquelles ramnent sans cesse  la Place principale, o se dresse
l'Htel de Ville aux mille ciselures, o se tient le March
hebdomadaire, et o stoppe le tramway de Flessingue, cit maritime,
port de relche pour les steamers nomades.

Le faubourg qui en prend le chemin conduit  un pont. Ce pont s'ouvre
par le milieu,  la faon d'une double trappe, pour laisser passage
aux chalands mats. L'opration dure un bon quart d'heure, pendant
lequel les rares personnes ayant besoin de passer l'eau ne font
entendre aucun murmure d'ennui. L'clusier, tel un mandataire soucieux
de sa responsabilit, s'accoude au garde-fou, silencieux: il attend le
bon plaisir du batelier dont le chaland vogue avec la lenteur
solennelle des tortues aeules.

Cet clusier en vrit formait  lui seul un pome de Hollande. Roux
en le dcor roux, la pipe visse aux gencives, il rayonnait d'une
philosophie sereine,--la philosophie des corps neutres se mouvant par
intervalles, pour un but imprcis. En lui revivaient les gnrations
mortes des Nerlandais teints, aux gestes mesurs, taciturnes et
rveurs, qui mirent des sicles de patience  opposer leur passivit
ttue  la passivit revche de la mer sournoise.

[Illustration: Jeune mtayre de middelburg.]

Voil bien, en effet, le caractre du Hollandais. Entour d'eau,
luttant contre l'eau, nourri par l'eau, il a pris de l'eau la
pesanteur molle, avanant sans bruit, avec sa surface colore,
receleuse de mondes bizarres.

Le visage glabre, rond ou expressif, les cheveux coups  la mode de
Louis XI, la main paisse, les jambes perdues en un pantalon large, le
Hollandais rit peu ou point, ne crie jamais, ne discute pas, semble
reflter en son oeil srieux un monde de penses ou de songeries
nbuleuses.

Roux en le dcor roux, l'clusier symboliste fumait sa pipe,
insoucieux de la contemplation o me plongeait son image. Quand le
bateau fut pass, il tourna une manivelle de fer, et le passage fut
rtabli.

Ce coin de ville tait encore plus silencieux que le reste. Une mre
songeuse promenant son petit garon emmitoufl d'un chle, formait le
seul tre humain visible des parages, au bruit cliquetant du haut
moulin proche.

Le lendemain tait un jeudi, jour de grand march  Middelburg. Le
soleil ne disait pas compltement non  mes supplications, et
rosissait les nuages coureurs venus des ocans. Je djeunai rapidement
d'oeufs et de jambon, je me rafrachis avec du th, et je gagnai la
Grand'Place, sige des ngoces.

Trois ou quatre boutiques volantes, un afflux de mtayers ou mtayres
et de voitures  bches blanches, indiquaient par l des vellits de
_business_; mais je cherchais partout, en vain, les remous de foule,
prcurseurs de gestes mercantiles.

En Zlande, il n'y a ni culture ni industrie. Par consquent, il ne
saurait s'taler, comme chez nous, de ces amas de lgumes, d'oeufs,
fruits ou fleurs, autour desquels se pressent les mnagres.

[Illustration: Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march
conduit  un pont (page 411).]

En Zlande, le paysan ne produit gure que du lait, du beurre, de la
betterave et de la pomme de terre. Le lait et le beurre sont ports
aux clients par les _boerin_, ainsi que nous l'avons indiqu. La
betterave s'en va aux usines par les bateaux.

Le terme de _march_, appliqu  la runion hebdomadaire que je vis l
et qui se perptue, serait donc assez impropre. Sous le prtexte de
vendre quelques vagues kilogrammes de beurre, les braves gens viennent
 la ville faire leur petit tour hebdomadaire, pour y rencontrer des
connaissances, prsider  quelques emplettes, fumer des pipes devant
l'Htel de Ville, et rver, les mains dans les poches, en une salle de
billard, devant un _glass beer_ de haute taille, au bruit sec des
billes manies par des joueurs silencieux.

Quel calme! Ce peuple, nourri de fcules et de graisse, n'a pas de
nerfs. Large, lourd, gros sans obsit, ne connaissant point la
misre, il rappelle ces bonzes chinois accroupis en des chaises de
rotin, qui tournent, yeux bats, les pouces sur leur ventre, en une
contemplation ravie, insoucieuse des heures.

Les hommes se groupent  un angle de la Place, afin de se confier
leurs impressions sur le cours des bestiaux ou des betteraves, la
sant de leurs enfants. En quelques mtres carrs, il y a l une
runion de types  faire frmir d'allgresse les descendants des
Tniers, Van Ostade ou Potter, les bons peintres dfunts.

[Illustration: Une mre, songeuse, promenait son petit garon (page
412).]

Des groupes d'Anciens, en culottes courtes, bas chins et chapeaux
marmites, le visage ras, encadr de touffes chenues, reportent
l'esprit  des sicles en arrire.

Ces Anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi,
contrastant avec l'paisseur des jeunes, et montrant que la vieillesse
attend surtout les individus aux muscles secs.

De cette lourdeur gnrale, il serait malsant de dduire une
intelligence borne. Le Hollandais est instruit; il lit peu, mais
retient beaucoup. Sa bonhomie, ses faons massives ne sont souvent
qu'un vtement: il faudrait, avant de s'y fier, expliquer le sourire
imperceptible qui plisse parfois son oeil rond et bleu, sa lvre molle
sans rides. Il a ce qu'on appelle le courage _contre les choses_,
compos de bon sens et de calcul. La lutte sculaire entreprise contre
la mer et les fleuves dvastateurs, lui a donn une grande
persvrance, une patience sans bornes, vritable force d'inertie. Il
est actif; mais son activit, peu turbulente, se manifeste par un
travail silencieux, soutenu, rgulier.

conome, il reste simple, mme dans l'opulence, et ne manifeste sa
vanit qu'aux grandes occasions, souscriptions publiques, noces ou
kermesses.

Quand le paysan hollandais marie sa fille, par exemple, il donne un
repas considrable... Autrefois, les ftes d'pousailles taient
entres dans les moeurs  un point tel qu'une loi dut intervenir pour
fixer le nombre des violons, la valeur des cadeaux, le prix du
couvert.

Par deux ou trois, les mtayers stationnent en des entretiens
minutieux, prononcs  voix neutre, cependant que la fume des cigares
argente leurs yeux, ou bien,  pas lents, ils vont vers l'estaminet,
et continuent leurs confidences, assis le long du mur.

L'estaminet, ou plutt la salle de _billjard_, ressemble de loin  nos
auberges ou  nos cafs. Tout l'espace est pris par le billard norme,
perc aux quatre angles. Dans un coin, une table ronde, couverte d'un
tapis  ramages, avec ce qu'il faut pour crire, des chaises bien
alignes, sont les seuls meubles rservs aux clients sages.

On pourrait donc croire, quand on entre l, pntrer au domicile d'un
particulier qui vous offrira le verre de l'amiti, les coudes sur le
bois.

Sur la Place, dcidment, il n'y a que des hommes. O vont donc les
femmes?... J'avise un trio de mnagres qui s'loignent, panier au
bras, et je les suis. Elles m'amnent bientt  une vaste cour,
entoure d'un clotre, au milieu duquel un vieil ormeau jette son
ombre.

C'est le prau des _laren_. Elles sont l, galement calmes, lentes,
minutieuses, avec leurs grosses jupes, leurs tabliers et leurs chles
vivement colors, leurs coiffures blanches, ornes de clinquailles.
Les unes ont pos leurs paniers sur des trteaux prpars, ou sur le
sol  ct des feuilles tombes, et attendent avec une patience
infinie qu'une acheteuse vienne les dbarrasser de leur onctueuse
marchandise; les autres stationnent, tournent, errent et stationnent
encore, quasi muettes, le regard un peu vague, comme si elles
n'taient pas certaines de fouler une terre ferme.

--Vous voulez du beurre?

--Nous voulons du beurre.

--Vous avez du fromage?

--Nous avons du fromage; voyez sa tendresse.

Ces questions, ces rponses bruissent doucement avec le bruit du vent
dans les branches du vieil arbre, et quelques femmes se dcrivent
posment entre elles la faon dont elles ont fabriqu ce produit
dlectable avec le lait de tel jour, tir d'une vache dtermine.

Insignifiantes, mafflues, seraient les dames hollandaises, sans leurs
costumes bigarrs, ainsi que celles vtues  la moderne, qui n'ont ni
grce ni langueur. Avec les atours du pays, elles se dtachent ainsi
que personnes spciales sur ce fond archaque, s'ternisent en des
attitudes droites, comme si elles voulaient, toujours et partout, se
lguer en peinture.

Leurs bras nus, durcis par la bise, supportent des corbeilles
recouvertes de rouge, de bleu ou de jaune; et, comme c'est encore
l't, elles portent sur la tte des chapeaux en forme de pots de
fleurs renverss, garnis de pompons.

Dessous l'ormeau aux branches brunes, leurs chles  ramages se
dcoupent frachement, penchs vers les paniers ouverts que gardent
des _boerin_ dont la jeunesse, comme toutes les jeunesses, ne manque
pas de charme, malgr la raideur des corsages colls aux bustes 
angles droits.

[Illustration: Une famille hollandaise au march de middelburg.]

Leurs pieds peu presss d'tre passs foulent la brique dont est pav
le parvis vieillot, et c'est le seul bruit qui s'lve, tout ouat,
dans le silence gnral.... Les dames hollandaises, l'on dirait,
semblent porter avec elles constamment des secrets prcieux qu'il ne
leur faut se rvler qu'ensemble, derrire un mur peint en barres
sombres et claires,  l'abri des crans verts dont se parent leurs
fentres. Leurs prunelles humides refltent les grands pturages o
paissent les gnisses qu'on va traire souvent; leurs fronts troits,
bien serrs dans la dentelle, poursuivent videmment la chanson
biquotidienne du lait s'gouttant goutte  goutte, avec des bulles,
dans du lait, et leurs mains ne sauraient se dpartir de ces gestes de
harpiste, dont elles caressent les pis blancs.

Ont-elles la douceur du liquide mammaire?... Ne nous htons point de
conclure. En Zlande, en Frise ou en Grningue, il y a des brunes et
des blondes, des rousses et des chtain; et si l'abondance des
nourritures molles a enduit leurs nerfs d'un fourreau lymphatique,
elles ne diffrent point, sans aucun doute, comme sentiments, des
autres descendantes d've.

Et voil les rflexions inspires par un grand march de
Middelburg.... Singulier march en vrit, o l'on marche avec rien,
du bout de l'orteil, en des flneries sempiternelles.

Un septuagnaire, appuy sur son petit-fils, me sourit bonassement.
Lui est le pass, avec son costume d'image flamande; l'enfant est le
prsent, l'avenir, avec sa casquette trique, sa veste carre. Je
fais un signe. Le petit veut arrter l'aeul au bord de ce danger
qu'est mon instrument _ramasseur de figures_, mais l'Ancien s'arrte,
et prend une pose noble, ainsi qu'un seigneur qui aime qu'on l'admire.

Une trombe d'eau balaie soudain le ciel, les rues, les toits en
escaliers. Pendant une heure, elle ruisselle, gicle, clabousse,
ramenant aux salles de _billjard_ les mtayers calmes; puis le soleil
reluit, et l'on se prpare  regagner le logis.

Les grandes voitures en forme de nacelles, recouvertes de bches
blanches, sortent de tous cts, se rangent devant les seuils
hospitaliers. Les fillettes ravies de leur promenade, les mnagres
contentes de leurs achats et de leurs bavardages, les boers
satisfaits de leurs flneries, bien rassasies de bire et de genivre,
y montent tour  tour.

[Illustration: Le march de middelburg: considrations sur la grosseur
des betteraves.]

--Tott werziens!... Goedag! (Au revoir!... Bonjour!)

Les chevaux secouent les oreilles, lvent des jambes molles et partent
trip, trep, trip, trep, tranquillement par les routes troites, bien
paves, avec le minimum de bruit, vers les curies....

La ville, un instant mouvemente, reprend sa somnolence familire. Le
soleil descend. Les canaux s'irisent de lueurs profondes. Dans le
crpuscule venu, des bateaux passent, silencieux, les voiles hautes,
avec un lger clapotis. Les moulins sombres paraphent le couchant de
signes muets, fuyants comme les minutes. Derrire les stores baisss
des logis, des lumires ples apparaissent. Silence, silence,
silence.... Middelburg, ville de Zlande, en l'le Walcheren,
disparat sous la nuit....

Zoutelande, village perdu derrire les dunes, prs de la mer. Un grand
moulin le signale. Le soir tombe. Le long des chemins rocailleux,
bords de ruisseaux, le vent fait rage, annonant les flots proches.
Au pied mme des montagnes de sable, une rue principale, nette comme
un vestibule d'htel, avec un pav brun et des maisons claires,
peintes et laves. Une seule auberge, de laquelle je heurte l'huis.
Autour du billard, quatre ou cinq hommes en culottes courtes s'agitent
gravement. L'hte: un petit vieillard rond et rjoui; l'htesse: une
large quadragnaire,  la mine entendue. Elle se carre, les poings aux
hanches, et entame en flamand un long discours. Je souris et esquisse
un signe de dtresse. Au moyen du Lexique exhib de ma sacoche, je lui
donne  comprendre qu'il me faut une chambre et de la nourriture. Elle
met un doigt sur son front: Compris! et s'en va. Elle revient
quelques instants aprs avec sa fille, galement large, et recommence
un discours. Je reprsente  la fille mon truchement, et toutes deux
opinent du bonnet, disant: Compris! Hlas!... La fille va chercher
le pre, lequel acquiesce  tout ce que j'indique, rit d'un air
bienheureux, et hoche la tte  la faon des bonshommes de porcelaine.
Dsespr, j'ouvre la bouche, y plonge l'index, en mastiquant, et je
me penche sur une table en fermant les yeux.

Ils joignent les mains, ravis, se regardent. Comme il est drle tout
de mme, cet homme-l! Compris, compris, font-ils, attendant
peut-tre que je mime autre chose; mais je prtends ne pas avoir
devant moi des Cafres ou des Berbres, et je m'assois dignement, la
langue tire, preuve vidente que je boirais bien.

[Illustration: Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux
marmites (page 413).]

On m'apporte du lait. Le crpuscule s'appesantit. Esprant qu'on va me
griller quelque chose, je sors. Le vent s'engouffre, bouriffe mes
cheveux. Il n'y a personne dehors. Je monte sur la dune: c'est  ne
pas tenir debout. La mer dferle contre les pieux plants le long des
grosses pierres destines  rabattre le sable. Au large, un steamer
d'Anvers lutte contre la houle, en fumant obliquement.

Brrr! il fait frais. Je suis bien tent de chanter la gloire des
Zlandais, du haut de mon promontoire; mais le moulin qui tourne en
cadence  l'extrmit du village, semble me faire la nique avec ses
grands bras fuyants.

Je rentre au Roode Leeuw, logement en koffiehuis. Les joueurs de
billard sont partis. Le patron fume sa pipe auprs du fourneau, tandis
que la fille ple des pommes de terre.

La bourgeoise me donne  examiner son pouce, et me montre la porte
d'une pice voisine. Je me rends  cette invitation premptoire et je
trouve sur une nappe un verre de lait, deux oeufs et du fromage...
menu frugal des cnobites de la Gaule, au temps des Barbares.

L'estomac creus par un aprs-midi de prgrinations, je rclame
bruyamment la suite. Il n'y a pas de suite. La dame me regarde avec
consternation, et compose un nouveau discours, auquel je n'entends
rien.

--Brood en melk (pain et lait), lief moeder (jolie maman), lui
montrai-je sur mon Lexique, d'un geste impratif.

--Begrijpen (Compris)!

Hlas! je dus me rconforter de tartines beurres, arroses de bire
et de lait.

Quand j'eus apais ma fringale, je rejoignis la famille, prs du
fourneau o ronronnait une bouillotte. La fille pelait toujours ses
tubercules, et la mre, le cou pench, se grattait mthodiquement la
nuque, tandis que le pre, batement enfonc dans un fauteuil de bois,
soufflait des ronds brumeux de sa pipe robuste.

[Illustration: Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit
bonassement (page 414).]

[Illustration: Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe (page
411).]

 soire hollandaise, en cette auberge bien close, reluisante de
propret, je te vois encore! L'horloge peinte scandait les minutes de
son balancier rouge. Les murs tapisss de plaques en faence  fleurs
bleues, donnaient,  la lueur de la lampe, une illusion de marbre
encadrant d'un miroir opaque les meubles massifs d'acajou brun.

_Pietje_ (Perrette) est une excellente _boerinnetje_ (jeune fille), et
ses parents, de mme, sont tout bonasses. Le langage des yeux, trs
expressif, remplace avantageusement celui des langues, et nous
saisissons bientt les penses mutuelles que nous cherchons 
exprimer.

Ce silence, ce calme, irritent cependant, au bout d'une heure, mes
nerfs de Franais actif. Le vieux est tellement bat qu'il m'agace, et
les grattages de la mre deviennent contagieux. Je profite du moment
o la fille a termin sa sculpture, et je montre le plafond d'un geste
nergique.

La mre relve la tte et sourit. C'est son affaire. Elle laisse son
tricot, et me conduit  une chelle, derrire la cuisine, dresse son
index, et me remet le flambeau, en prononant un discours compliqu.

--C'est bon, c'est bon, rpondis-je, lief moeder, je souhaite une
bonne nuit,  toi,  ton poux rond,  ta jeune fille,  toute ta
maisonne!...

Je grimpe  l'chelle et je pntre dans une manire de grenier o se
rsume la richesse lgumineuse de la famille:  droite, un tas de
pommes de terre;  gauche, une pyramide de carottes; devant, un
monticule d'oignons; autre part, des pois et des ustensiles; entre
deux poutres, enfin, une alcve de planches brutes recle une
paillasse, deux draps et une couverture.

Je croise les bras, rempli d'indignation....., mais je rflchis qu'en
un village perdu, sous les dunes, en une le, il ne faut pas tre
difficile, et j'imite Napolon qui se couchait tout habill, par
crainte des surprises.

Le vent courait sur le toit, raflant les tuiles avec des hans
nergiques; mais, rassrn par la pense qu'il devrait briser le
toit, avant de s'en prendre  moi, je fermai les yeux et sombrai dans
le sommeil....

Au matin, un soleil superbe se coula par la lucarne et m'aurola le
front. Je m'empressai de descendre et de gagner le chemin, lequel,
chose tonnante, retentissait d'un bruit de sabots anormal.

Ce choc de bois sur la pierre me rappelait positivement la cadence des
Bretons, aux mmes heures, en leur vieux bourgs.

--Cela n'est cependant pas possible, me disais-je, que les gars de
Gumen ou les filles de Fouesnant aient pass la mer pendant la nuit
pour me jouer cette aubade! Ce sont peut-tre les Trpasss de mon
pays qui veulent me surprendre et m'empcher de me faire naturaliser
Hollandais. Ils n'avaient pourtant rien  craindre  cet gard....

Au bas de l'chelle, les femmes me sourirent; le patron, toujours
assis batement, lana une grosse bouffe en roulant ses yeux
bleus.... Le chemin tait tout simplement rempli de marmots qui
attendaient l'heure de l'cole en courant de-ci, de-l.

tonnants, ces enfants! En d'autres pays, leurs pareils font un
vacarme diabolique, crient, trpignent, se poursuivent, jouent au
cheval chapp,  la corde, au voleur, au pendu..... Ici, ils
trottent. Les garons, les mains dans les poches, la casquette sur
l'oreille, se bousculent mollement. Les filles, vtues comme les
grandes personnes, de jupes bouffantes et de gros chles, sautent en
joignant leurs menottes entre elles, courent en faisant pouf pouf,
leurs petits pieds perdus dans des sabots gants, leurs minces bras
nus dcoupant une ligne frle.

Le spectacle tait d'une fracheur exceptionnelle. Un clair soleil de
septembre, une rue pave, nette comme une nef, des huis (maisons)
roses, brunes, blanches aux toits roux, des fillettes vtues de bleu
s'agitant avec une grce trs locale, pouf, pouf.... On regrette
vraiment,  certains instants, de ne pouvoir transporter d'un coup de
pinceau, sur une toile, la gamme de toutes les nuances dont se compose
une scne de ce genre.

Les enfants m'aperurent et prirent leur vol comme des oiseaux
effarouchs, devant mon geste pour les photographier. Je les suivis.
Ils rirent, tournrent des murs, se cachrent, rapparurent, et j'eus
bientt l'illusion d'tre un loup poursuivant des agneaux.

Clic clac, je les saisissais au jug, au moment o je tombais sur eux,
en quelque recoin o ils se cachaient. Les filles joignaient les
mains, ainsi que gibier vaincu demandant grce; les garons, au
contraire, me bravaient.

[Illustration: Le village de zoutelande.]

Ce petit monde, aux vives couleurs, ne tarda pas  me laisser seul
dans Zoutelande, pour entrer au parvis scolastique.

Je fis le tour du village. Pas une me. Portes closes. Fentres
mystrieuses. Silence. Nul lavoir rsonnant de battoirs sonores.
Aucune mnagre conversant avec une voisine, ou travaillant dans son
courtil. Par intervalles, une femme sort avec des seaux d'eau et un
immense balai; elle lave sa demeure du haut en bas, gravement, monte
jusqu'au toit pour essuyer les tuiles, et referme sa porte, derrire
laquelle on la devine, lavant encore, essuyant toujours, fourbissant
sans cesse, grattant et ornant.

On a beaucoup parl de la propret hollandaise. Elle n'est pas un
mythe. Ce peuple a l'orgueil de la nettet. Vivant au milieu de l'eau,
sous un ciel pluvieux, gratifi de vents tourbillonnants, il emploie
l'un et l'autre  emporter les immondices, la poussire et le mauvais
sort.

La pauvret, en ces parages, semble inconnue; si elle existe, elle est
si propre qu'on ne la voit pas. Chaque famille se lgue, de gnration
 gnration, les meubles massifs autour desquels on coule sans
secousse une vie pesante.

[Illustration: Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes
de bches blanches (page 414).]

L'humidit ambiante, le rtrcissement forc des routes terrestres, le
manque d'agriculture, d'industrie, sont pour beaucoup dans ces moeurs.
Puis la Hollande est un pays de bourgeois, de bateliers et de
courtiers, toutes situations sociales o le confort se trouve
d'habitude.

Le moindre mtayer vous impose par son vtement, sa faence et son
huis reluisante. Il donne l'impression d'un homme sr de lui, de son
pass, de son prsent, de son avenir, nullement inquit par un impt
progressif, une politique effarante ou une nervosit de mauvais
augure.

Par nature, le Hollandais est rserv et taciturne; par habitude, il
aime le travail, les affaires, la vie de famille.

Religieux, il l'est sans excs. Le culte rform, auquel il
appartient, n'invite point aux manifestations dvotieuses, et n'admet
aucun luxe d'icnes ou de statuettes, ainsi que l'on en voit en
d'autres contres.

Les temples n'offrent que des murs nus ou blanchis. Il s'y rend le
dimanche, pour couter le prche. Point de ftes gracieuses,
symboliques ou remmoratives. On va  la _kerk_ (glise) parce que
cela doit tre ainsi, et qu'il faut faire ce qui doit tre fait, selon
la tradition.

La Bible est un monument national, identifiant la Rforme au
patriotisme, sentiment profondment ancr dans le coeur des
Nerlandais; et quand Louis XIV, matre d'Utrecht, fit brler sur la
Grande Place tous les exemplaires qu'on en put trouver, il et pu se
vanter sans forfanterie d'avoir livr aux flammes la Hollande
intellectuelle de ce temps-l. La libert de conscience cependant est
partout respecte, et ce, depuis des temps immmoriaux. Les sectes
religieuses sont innombrables, et toutes vivent en bonne intelligence.
Catholiques, protestants, juifs, musulmans, jouissent exactement des
mmes droits et prrogatives.

Les moeurs sont rigides. Jamais, dans les campagnes, on n'entend
parler d'aventures passionnelles. Le jeune homme qui a remarqu une
jeune fille, s'arrange pour obtenir le mariage, si toutefois les
intrts se conviennent; tout est calme parmi les _polders_
(pturages), mme les sentiments.

Cette rserve disparat une fois l'an, pour se transformer en orgie, 
l'occasion des _kermesses_.

Pendant les jours qui sont consacrs  ces ftes nationales, le boer
met dehors tout ce qu'il doit rprimer en temps ordinaire,
c'est--dire les vilains cts de sa nature; il danse comme un chaland
sur une mer dmonte, fume comme un steamer d'Anvers, et boit comme le
_Helder_, aux jours d'inondation. Durant trois jours et trois nuits,
en certaines villes particulirement, il ne quitte plus les
koffiehuis. Vautr sur les tables, accroupi sur le sol, assomm par
l'ivresse, gris par la musique, il se rvle un tre nouveau, de
gestes extravagants, de verbe strident; et l'on ne saurait dire
vraiment  quoi le comparer, si ce n'est  Bacchus lui-mme, en ses
grands jours d'expansion. La toile de Rubens, au Louvre, si crue en
son ralisme, serait encore symbolique, si un croquis d'observation
pouvait tre un symbole pour une race picurienne.

L'orgie, cependant, il faut le reconnatre, varie selon les contres,
et tend de plus en plus  se transformer en ftes familiales. C'est
tant pis pour le pittoresque.

Les kermesses ont pour les jeunes gens une importance d'autant plus
grande, qu'elles forment pour eux une rare occasion de s'agiter, de
_sortir_. En ce pays marcageux, o la vraie campagne n'existe point,
on ne peut aller, comme chez nous, se promener, le dimanche, le long
de chemins verdoyants, parmi des prs fleuris.

De temps  autre, on prend bien le bateau pour aller  Rotterdam ou 
Zieriksee, mais ces excursions passagres ne valent pas un jour de
_hermis_, au chef-lieu du district. L, on se sent chez soi, ou  peu
prs, et l'on peut  son aise sans crainte d'abandon, absorber les
muids de bire noire, manger des crpes de froment, des oignons,
concombres ou citrons confits dans le vinaigre, assaisonns d'oeufs
durs....

Quant aux filles  marier, leur moi est indispensable. Longtemps 
l'avance, elles prparent la coiffure aux ailes rondes qui donnera 
leurs yeux une importance incisive, le collier de corail, le chle de
velours bleu de roi, les plaques d'or qui cercleront leurs fronts,
ainsi que des papillons, et tous les petits accessoires de toutes les
couleurs qui blouiront les garons nonchalants.

Ces bijoux sont l'orgueil de la _boerin_. Le rve de chacune est d'en
possder de magnifiques, en or vritable, afin que le vent, les
agitant, les fasse bruire finement, ainsi qu'un bourdon de libellule.

 Zoutelande, on raconte qu'une demoiselle de ferme, trs belle, mais
peu fortune, par suite de l'avarice paternelle, grillait d'une envie
mortelle d'galer sur ce point ses compagnes de kermesse, afin d'tre,
comme elles, prie  danser,  rire et  manger des _baskets_, par les
prtendants, qui fuient la pauvret.

En allant au march de Middelburg, pour vendre le lait et le beurre de
la maison, elle ruminait ce souci obsdant, et se dsolait d'tre
ainsi ddaigne, malgr sa gentillesse.

--Je veux briller, songeait-elle; car je vaux toutes les autres.

Tout en marchant, le torse bien cambr, roulant sous le joug de frne
brun, elle regardait mlancoliquement l'eau des ruisseaux qui
refltaient le soleil, et se disait que si cette eau tait du lait,
elle aurait promptement de quoi acheter les plus beaux bijoux des
orfvres de Schoonhoven.

Puis elle sourit, s'arrta, ouvrit ses seaux peints, considra qu'ils
n'taient pas pleins, y ajouta un peu de cette eau moire de reflets
coureurs, et continua son chemin.

Au lieu de vendre huit litres de lait, elle en vendit ainsi douze
chaque jour et mit de ct, en une cachette, le produit de sa ruse.

Elle fit si bien, qu'elle amassa bientt un pcule honnte, et put
faire l'emplette des _strikken_ tant convoites. Elle ne se tenait pas
de joie et ne put rsister, au retour de la ville, au dsir de mettre
 ses tempes les prcieuses antennes, pour se regarder dans l'eau.

Hlas! comme elle se penchait pour apercevoir son minois, les boucles,
mal assujetties, se dtachrent et churent avec un bruit sec au milieu
du courant.

Reneetje, assise sur l'herbe, pleine de rage, de dpit, de chagrin,
pleurait toutes les larmes de son corps, quand le vent glissa  son
oreille ces mots raisonnables:

Ce qui vient de l'eau doit retourner  l'eau.

On ne dit pas si la jeune personne accepta cette consolation.

  (_ suivre._)                         Lud. Georges HAMN.

[Illustration: Aussi comme on l'aime, ce home (page 411).]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--36e LIV.         N 36.--9 Septembre 1905.

[Illustration: Les filles de l'htelier de Wemeldingen (page 429).]




CROQUIS HOLLANDAIS[1]

         [Note 1: _Suite. Voyez page 409._]

Par M. LUD. GEORGES HAMN.

_Photographies de l'auteur._

     II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
     djeuner dcevant. -- Le pre Kick.


[Illustration: Il se campe prs de son cheval (page 422).]

Aussitt marie, aprs les normes rjouissances de la noce, la
_boerin_ remet au tiroir les menus brimborions dont elle tait si
coquette. L'usage veut en effet qu'elle prenne l'allure grave,
srieuse, des femmes qui n'ont plus de conqute  faire, ayant trouv
compagnon: elles garderont cela pour leurs filles, lorsque celles-ci,
 leur tour, selon le perptuel recommencement, aguicheront les
_boers_.

Et voil... Depuis longtemps dj je me promne dans Zoutelande,
coutant la brise me raconter ces joyeux devis, entre deux souffles
donns au grand moulin proche.

Un mtayer, dans sa charrette en forme de nacelle, attele d'un grand
cheval hirsute, part pour les champs; bruit soudain dans le silence.

Autre part, je rencontre,  l'ore du village, un couple minuscule,
compos d'un petit garon et d'une petite fille. La petite fille, trs
goguenarde, trs maman, gourmande le petit garon, d'une voix de
basse-taille, et veut le retenir sur le chemin de Westkapelle, o le
tmraire Guillaume veut s'engager. Elle le tire de toutes ses forces
par un pan de sa veste, et l'on reconnat en elle la future
_vronwtje_, retenant son poux qui veut s'en aller courir le canal...,
souci adorable.

Un galop sonore... Qu'est-ce que c'est?... Un homme aux yeux bleus,
dans une figure rjouie, revient des cultures avec ses deux chevaux,
sa femme et ses servantes. Il salue, puis saute  terre, de plus en
plus rjoui, montre ses btes, fort en point, dsigne mon instrument,
pose une main sur sa poitrine et l'autre aux naseaux des animaux, et
donne  entendre que le tableau doit tre d'une beaut remarquable.

Avec un sourire, j'excute trois pas en arrire, deux  droite, un 
gauche, murmure une approbation, et lche le dclic de mon obturateur.

--Atchoum! ternue le cheval numro un.

Le cavalier, dcidment au summum de la satisfaction, me communique
des impressions, hlas! incomprhensibles, et repart avec un geste de:
 tout  l'heure, attendez-moi!

Intrigu, je contemple l'glise, nue et triste, le champ verdoyant o
l'on enterre les morts sans apparat ni signes funraires (ce qui vient
de la terre doit retourner  la terre, sans plus... la philosophie
hollandaise est en ce sens), et je me prpare  grimper sur la dune,
quand de nouveau un triple galop rsonne: j'aperois mon cavalier
rjoui, amenant trois coursiers nouveaux. Il parle; il descend. Il se
campe prs de l'un et dclare qu'il me faut continuer mon jeu de
massacre.

--Tu abuses! mon cher, rplique-je en dialecte de France.

Et pour m'en dbarrasser, je lui tourne la tte vers le large, et je
feins de le saisir.

Par trois fois, pour les trois chevaux, je ritrai la farce; puis je
reus une adresse, calligraphie au crayon, en mme temps qu'une
dmonstration de satisfaction absolue.

--Tot, werziens, tot, tot... (Au revoir,  la prochaine!)

Je montai sur la dune. Les enfants sortis de l'cole sabotaient en
choeur, plouf, plouf, toc, toc.... Il tait ncessaire de les attirer
par quelque chose d'insolite. Brandissant ma casquette, je me mis 
courir avec des mouvements de bras, le visage tourn vers la mer,
comme si j'tais tmoin d'un spectacle extraordinaire.

Cette extravagance aiguisa les curiosits. Par tous les sentiers, les
marmots se juchrent, les uns tirant les autres, s'embourbant dans le
sable. Je courus  la grve, jusqu'au bord des vagues. Ils me
suivirent. L, je sortis soudain de ma poche une poigne de _cents_.
Ils se rurent en avant. Je ramassai le billon. Une partie se sauva,
effare; le reste, compos de filles, se tint en rond, tendant leurs
frles bras nus.

[Illustration: Je rencontre  l'ore du village un couple minuscule
(page 421).]

--Houp! criai-je; dansez, devant moi!

L'une entonna une chanson, et les voil parties, bleues et roses sur
le ciel mauve, devant l'horizon glauque, fraches dans la fracheur
matinale.

Aprs cinq minutes de _travail_, les petiotes m'entourrent, et je
dposai dans les paumes roses les picettes attendues. Puis elles
prirent leur vol comme des bergeronnettes, me rappelant qu'il tait
l'heure du djeuner.

Sur la dune, l'htesse me cherchait. Les poings aux hanches, elle
entama un grand discours en montrant sa bouche, ses dents et son
estomac, organes opulents. Je l'accompagnai dans la petite salle aux
murs de faence  fleurs bleues, o une serviette crue impeccable
supportait une srie de plats en porcelaine blanche  couvercles, d'un
aspect engageant. L'hte, bat, souffla une abondante fume de
nicotine, et se dandina en m'apportant un _glass beer_ (verre de
bire). Solennellement, le palais dj excit, j'ouvris le premier
plat: un bifteck raccorni nageait dans la margarine... J'ouvris le
second: des carottes tamises... J'ouvris le troisime: des pommes de
terre bouillies... J'ouvris le quatrime: des hachures de choux
fleurant l'essence d'hliotrope blanc.....

L'htesse souriait divinement, remplie de fiert. Dsol, j'gouttai
le bifteck, et le dvorai en silence,  grand renfort de bire, de
lait, d'oeufs et de tartines beurres...  cuisine hollandaise! que de
tracas tu m'as occasionns! Tu n'as d'gale, je crois bien, que le
pablas espagnol, le jambon allemand ou le couscous arabe.

[Illustration: La campagne hollandaise.]

[Illustration: Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du
molen (page 425).]

Comme j'allumais un cigare pour attnuer la tristesse de ce festin
misrable, un Ancien entra cans. Cet Ancien,  la vrit, avait un
air plus ancien que tous les Anciens que j'eusse encore rencontrs. Il
s'assit prs du comptoir, se fit servir un important _bols_, et
s'absorba, en face du patron bat, en une somnolence vague, coupe de
paroles molles. J'avais sous les yeux une pure toile de Tniers, et
j'en savourais la survie. La rendre par des mots, j'en suis incapable.
Aucun mot ne saurait traduire le calme profond de ces deux vieux
sirotant leur liqueur en fumant, assis, comme pour l'ternit, en des
fauteuils de bois  dossiers raides. La bouillotte de cuivre reluisait
 ct; le soleil,  travers l'cran vert de la fentre, donnant une
lumire de vitrail, se rverbrait aux faences du mur, et l'horloge,
avec une sage hte, poussait de son balancier rouge les minutes,
au-dessus de ces macrobites savourant la lenteur de l'heure.

Au bout d'un temps long, court, moyen, qu'importe! le pre Kick vida
son verre jusqu'au fond, secoua la cendre de son cigare, et sortit. Il
monta vers la mer par un sentier clos de barrires vertes, le dos
tourn aux tuiles jaunes des toits.

Qu'allait-il faire par l? Nul ne le saura sans doute... Sur la dune,
il regarda l'ocan, les mains dans ses poches, l'air indiffrent; il
me montra un steamer dont la fume courbe striait l'horizon, puis
s'absorba  nouveau dans une contemplation muette, singulire.

Et il symbolisait ainsi  merveille, le pre Kick, les gnrations de
Nerlandais, liens tenaces, qui, patiemment, volrent  la mer la
terre actuelle, avanant de sicle en sicle les jalons de pierre ou
de bois, les digues normes et les jetes sans fin, matresses de
l'embrun.

Dans le regard dont il scrutait l'tendue mouvante, le pre Kick
semblait dire: Je te tiens, ma fille, et mes enfants te tiennent!


     III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. -- La
     culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
     Hollande. -- Une nuit  Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq jeunes
     filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur l'eau.

Une partie de la Hollande, comme l'on sait, est situe fort au-dessous
du niveau de la mer, et mme des rivires, ce qui explique les travaux
de toute nature, insignifiants en apparence, colossaux aprs examen,
dont les indignes ont couvert le pays.

Avant la naissance du Rhin, les Pays-Bas taient une mer. Un beau
jour, les Ardennes, battues en brche par les lacs emprisonns dans
leur giron, cdrent sous leur force irrsistible, et s'ouvrirent
devant les eaux, projetant leurs parois miettes  des distances
prodigieuses. Le Rhin, nouveau cours d'eau, dessina alors la
Nerlande, selon son bon plaisir, avec l'aide de la Meuse et de
l'Escaut.

Apportant avec lui des alluvions incessantes, il fit reculer peu  peu
l'ocan, jusqu' ce que celui-ci prt sa revanche et trouvt pour
l'arrter une race d'hommes advenus. Le Rhin, affaibli par ses
confluents, serait mort parmi les sables, si le gnie de ces lutteurs
ne lui et port aide.

La force d'immobilit de la mer oppose  la force des eaux courantes,
la tendance des fleuves  ensabler leurs embouchures, la violence des
vents, l'abondance des pluies, des dgels, firent ensuite refluer et
dborder les trois fleuves, qui laissrent peu  peu dans le pays des
marais, des lacs, qu'il fallut drainer, couler, endiguer.

L'histoire des inondations hollandaises, par suite, est longue et
lamentable; sans les Hollandais, la Hollande n'existerait pas; sans
leur vigilance incessante, elle deviendrait bientt un dsert
aquatique.

De Middelburg en Zlande, jusqu' Amsterdam et Hoorn, la terre, plate
 l'infini, est coupe de canaux innombrables, de ponts, de ruisseaux,
de marcages et de prairies spongieuses o les animaux enfoncent
parfois jusqu'au jarret.

Qu'on imagine un damier invraisemblable, stri en tous sens de routes
liquides o se refltent des nuages incessants, des maisons colores,
en bois souvent, des moulins et des troupeaux.

D'troits chemins pavs de briques ctoient les grands canaux, et
relient les villes et villages.

Peu ou point de labour. Le pturage suffit presque  nourrir
l'habitant de lait onctueux, de fromage et de biftecks.

[Illustration: Par tous les sentiers des marmots se juchrent (page
422).]

L'eau souveraine, l'eau envahissante, l'eau montante ou descendante
selon la lune, panouit  perte de vue ses rseaux flous o voguent
sans cesse des barques, des chalands, des vapeurs, des canards.

La prairie, d'un vert tendre, prodigieux, s'tale aux abords, s'en va
vers l'horizon gris, seme de toits en forme de pyramides, anime de
vaches et de taureaux nonchalants, d'une quitude sans bornes, humant
les brises parfumes de gramens clos, et promenant leur langue sur le
velours des herbes molles.

C'est monotone; et cette monotonie, reposante comme un lavis lger,
engendre des impressions de calme serein dont le reflet s'aperoit
partout, dans les tres et dans les choses.

Les nvross, ceux dont les chagrins exacerbants, les rvoltes
bouillonnantes bouleversent le coeur, devraient retrouver, en errant
le long de ces mille miroirs sans rides, au milieu de ces tapis
naturels illimits, la quitude premire.

Voici quelques croquis. Aprs une grosse pluie, sur la route de
Monnekendam, une huis rouge, entoure d'une ceinture d'arbres
rabougris; le chemin droule son ruban sem de flaques claires,
prenant du bleu de ciel. D'autres logis, plus loin; deux moulins
virent par saccades, s'arrtent une seconde, partent, tourbillonnent,
s'arrtent et tournent encore, rompant le grand silence de leur rythme
ail.

Ah! les moulins!.... Leur nombre droute l'esprit. Jamais on ne
pourrait croire qu'il y en a tant. Ils servent  tout:  presser des
graines olagineuses,  battre le chanvre,  scier le bois,  broyer
le sable,  pomper l'eau. Le moindre souffle de vent qui passe sur le
pays doit payer tribut  l'industrie, stationner un moment, s'enrouler
aux mille vergues qui paraphent le ciel de leurs croix impatientes.

Grands, petits, ronds, carrs, il y en a de toutes les tailles, de
toutes les formes, depuis l'infime moulin de polder s'agitant
dsesprment, rageusement, jusqu' la tour imposante du moulin de
page, aux murs recouverts de lige.

Ces moulins ont une raison d'exister capitale: les digues, les cluses
leves contre les eaux _extrieures_, fleuves et mer, n'auraient
point suffi  rendre la Hollande habitable, si le pays n'et trouv
encore l'art de se dbarrasser des eaux _intrieures_, formes par les
pluies, les crues, les sources ou l'extraction de la tourbe. Manquant
de machines, on mit le vent  contribution, et l'on s'en trouva bien.

[Illustration: Le pre Kick symbolisait les gnrations des
nerlandais dfunts (page 423).]

En 1850, on comptait que 30000 hectares de terre, y compris le fameux
lac de Harlem, avaient t ainsi repris  l'ocan et rendus  la
culture.

La grosse difficult consistait  maintenir l'quilibre entre les
intrts particuliers de ces polders et les intrts gnraux du
systme hydraulique auquel le pays doit son existence. La rpartition
des eaux doit suivre une harmonie, sous peine des plus graves dangers.
Mais on y obvia par la cration d'coles d'ingnieurs, o l'on forma
la petite arme charge de dfendre le territoire contre son ennemie
sculaire. S'il est en effet facile d'ouvrir une cluse, de consolider
une digue, d'asscher un marais, il faut beaucoup de science et
d'observation pour prsider  l'harmonieuse rpartition des eaux.

Autre croquis.  Westkapelle, deux femmes reviennent du _molen_, dont
les lucarnes simulent deux gros yeux, au-dessus d'une porte nasale.
L'une s'appelle Keetje; elle est marie  Jocker, le propritaire du
moulin; l'autre est sa belle-soeur, Yande Eserke, dont l'poux
s'occupe de culture. Toutes deux s'tonnent que le bateau de Rotterdam
n'ait pas encore amen les sacs de grain dont on serait press, si
l'on devait tre press de quelque chose....

La culture, quand il y a culture, se rsume aux pommes de terre,
choux, carottes et betteraves. Peu de bl, froment ou avoine; un peu
de chanvre, et c'est tout. Voil videmment une des raisons pour
lesquelles on ne mange pas de pain, et pourquoi l'on se nourrit de
farineux, lait et beurre.

Les champs labours prsentent un aspect boueux, gras, argileux; aux
poques pluvieuses, les charrettes y enfoncent jusqu'au moyeu. Cette
terre serait impropre aux semis varis de nos contres plus meubles.

La betterave, en Zlande, se cultive sur une vaste tendue. Quand
vient l'automne, on voit de tous cts des chariots trans par des
chevaux robustes l'amener aux embarcadres par vritables montagnes.
Imposantes et magiques, ces montagnes s'lvent vers le ciel, telles
une manne pandue soudainement, trie sans trve et dnombre par des
groupes peu presss; et leurs redondances coniques, ventrues ou
bossues, semblent encore des symboles pour la race qui les pse.

Les chalands, seuls transports possibles en ces contres humides,
viennent les prendre, afin de les mener aux usines calmes o la vapeur
les transforme.

Sur les canaux aux mille croisements, ces chalands s'en vont. Tout le
jour il en passe, et l'on se demande purilement comment les bateliers
peuvent ne jamais se perdre  ces carrefours mouvants qui tous se
ressemblent.... Mais le vent, qui les guide, ne les trompe point, et
ils parviennent sans tracas aux ports viss, o ils troquent leur
cargaison soigneusement empile contre des florins trbuchants ou des
marchandises d'change.

Les chalands qui glissent, avec les moulins qui tournent, forment la
seule animation des paysages trop verts.

Derrire les berges artificielles, leves pour prserver ceux-ci,
leurs mts orns de banderoles s'avancent doucement, et cela est trs
curieux de considrer ces btons ou ces voiles, s'en aller ainsi
au-dessus des herbes,  la faon de grands cierges noirs.

  Par l'eau tremblante du canal,
  Tournant leurs coques vers l'aval
      Muets, les chalands glissent...
      Les nnuphars se plissent,
      Des zbrures s'esquissent....

  Sur la berge nue, ahuris
  Des nes tirent, rabougris,
      D'un pas lent, d'un pas sage,
      Dans le vert paysage
      Du chemin de halage.

   droite,  gauche, les polders
  Indfinis, forment des mers
      O les seuls signes d'hommes
      Sont les grands vols de gnomes
      Des moulins agronomes.

  Avec leurs bras, presque rageurs,
  Ils font la nique aux voyageurs,
      Bondissent en cadence,
      Retombent en silence,
      En un rythme de danse....

  Et graves, nonchalants, des boeufs
  Guident les vaches autour d'eux,
      Allant en robes brunes
      Sur les ciels des lagunes
      Tondre l'herbe une  une....

  Par l'eau tremblante du canal,
  Les chalands fondent vers l'aval,
      Suivis des sarabandes
      De canards qui truandent,
      Plongent sous les Hollandes....

La Hollande est le pays o l'on entend le moins de bruit. Tout glisse
sur l'eau.

Il y a des bateaux pour chaque espce de transport; il y en a donc
pour les passagers. Ce sont de bons petits vapeurs, munis de cabines
et de _roofs_, qui vont sans secousse  travers les mandres
aquatiques.

Quand la traverse est longue, chacun s'tablit comme chez soi, fume
avec componction, ou continue ses affaires, de faon  _mnager
l'toffe dont la vie est faite_. On crit, on mange, on dort. Les
femmes cousent, tricotent, se confient des secrets. De tel port  tel
autre, il y a pour elles la longueur d'un demi-bas, d'un tablier ou
d'un rcit intime.

On longe des sites un peu monotones, c'est vrai; mais quel repos,
quelle batitude, dans le silence gnral, de suivre des yeux la forme
des nuages, et de l'oreille le bruissement de l'eau fendue par la
proue! C'est la fte des profondeurs, des fluides et des brumes, de la
brise, de la lumire et des sillages.

La moindre varit prend un relief singulier, et l'on admire un moulin
coquet, une ferme rouge, un boeuf paisible, un garon pench,
remorquant sa barque, aid de son chien.

[Illustration: Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues (page
428).]

Au printemps, les nnuphars, les iris, piquent de blanc la moire
glauque des ondes. Au crpuscule, le soleil des beaux soirs y jette
toute la somme de ses rayons, et l'on prend l'illusion de voguer sur
de l'or, de la pourpre ou du saphir. Si l'on veut _voir_ la Hollande,
il faut monter sur les bateaux, de prfrence aux chemins de fer. Les
traverses, les escales, font pntrer au coeur mme de la terre
hollandaise et laissent des impressions qui sont la joie des yeux.

Ce mode de roulage, du reste, rpond si bien  la nature du pays,
qu'il semble tre le seul commode. Le plus grand nombre des services
excuts ailleurs par charrette, se pratiquent ici au moyen de
bateaux. Le jardinier conduit sa barque charge de lgumes, de fruits
ou de fleurs, de mme qu'en France on conduit son ne ou sa voiture.

 Amsterdam, les dmnagements se font par eau. Le lait, les fleurs,
le bois, etc., viennent de mme, et tel canal runit le march de
l'un, tel canal runit le march de l'autre.

Aprs avoir refoul, chass, endigu l'eau, le Hollandais se plat 
la rpandre partout,  la guider  travers les tranches, les fosss;
il en fait la clture de ses champs, de ses prairies, les barrires
qui gardent ses troupeaux, sans qu'il ait besoin de chiens ni de
bergers.

[Illustration: L'une entonna une chanson (page 422).]

Il n'y a d'exception que pour les moutons, quadrupdes un peu sots,
qui se noieraient sans le faire exprs, le nez trop occup  chercher
leur pture. On en rencontre quelquefois le long des canaux, broutant
avec ardeur, gards par leur propritaire, vtu d'une houppelande
rousse.

 Wemeldingen, au-dessous de Goes, ce spectacle se retrouve, tmoin ce
croquis rapide qui me rappelle une de mes plus hollandaises sensations
de Hollande: ciel de soir d'un gris lger, canal jauntre, chaland
lent, moulins raides, polder brun, animaux blancs aux croupes molles,
vieil homme contemplatif, silence.... Le chien lui-mme, quand une
brebis dpasse la limite, n'aboie pas, et se contente de mettre son
museau aux pattes de la rfractaire.

Wemeldingen est un bourg vieillot, gardien d'cluses, avanc sur le
fleuve. J'y parvins par une matine pluvieuse o le ciel furibond
avait vid ses cataractes. J'avais quitt Zoutelande pour me rendre 
Westkapelle o se trouve la fameuse digue qui n'a d'gale que celle du
Helder. Cette digue, longue de plusieurs milliers de mtres, forme de
pierres normes et de pieux solides, reprsente un travail tonnant,
quand l'on songe qu'il n'existe ni carrire ni fort dans la rgion.
Un moulin colossal la domine, non loin des maisons aux toits rouges.
Tout cela n'a pas d'apparence, c'est--dire ne frappe pas l'esprit au
premier abord: la nature se charge en effet d'attnuer cette preuve
d'nergie humaine, en comblant les interstices de gazon; mais la
nature ne peut empcher la mer de dferler sans trve et de faire
songer, quand on se retourne vers la plaine basse,  ce qu'elle a d
abandonner.

De Westkapelle  Veere, la route bien pave n'est pas dmesure. 
Veere, il y a un vieux manoir transform en htel, situ au bord mme
du flot. Une tour ronde forme le corps du logis et sert de salle
commune, au premier tage. De hautes fentres  embrasures profondes
permettent de suivre la lutte des brumes contre les nues et des
rayons contre les ombres.

Au jour tombant, des couleurs subtiles parent le vide impalpable, au
milieu duquel des reflets glissent; puis, quand la nuit est venue, des
fanaux dansants luisent, se dessinent, approchent, rougeoient,
disparaissent, et l'on n'entend ni bruit de rames, ni frlement de
voiles, ni chanson de gabier, et l'on imagine des vaisseaux-fantmes,
guids par des vieux enferms, cherchant au fil de l'eau les trsors
dont on parle.

 Veere, je pris, le lendemain, le vapeur matinal et je dbarquai 
Zieriksee, sous une pluie fine, dsesprante, une pluie de Hollande,
qui se changea bientt en hallebardes, descendant du firmament par
tourbillons indompts.

Accroupi sous mon caoutchouc, j'essuyai stoquement la bourrasque,
considrant les chariots enfoncs dans les champs marcageux, enlevs
par les efforts brusques de reins hippiques, souills de boue grasse.

Bref, le ciel se rassrna; j'enfourchai ma machine et je foulai par
le pays, l'oeil attentif, la moustache au vent.

Je parcourus des kilomtres nombreux, je traversai des ponts 
guillotine, des remblais, des pturages, des cultures, des villages
tous pareils, et je parvins  Wemeldingen, au moment o mon estomac
criait famine.

Wemeldingen a une rue principale, plante d'ormes taills en boule.
Guid par les gestes d'une petite fille, j'arrivai  l'unique
_logement_ de l'endroit.

[Illustration: Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.]

L'htelier, un grand homme sec, au profil de mdaille, me reut avec
amnit. Il prvint sa femme. Celle-ci renona  me comprendre, et
appela ses filles. Cinq jeunes personnes fraches, rieuses, roses,
apparurent et m'entourrent de leurs bras nus, de leurs coiffes aux
ailes rondes. Je saisis une feuille de papier et je dessinai un boeuf,
puis un pain, une baratte et divers ingrdients, symboles des
nourritures que je dsirais absorber. Elles joignirent leurs mains,
riant trs fort, et parlrent toutes ensemble en agitant leurs doigts
menus, pour m'expliquer des foules de mystres.

[Illustration: Famille hollandaise en voyage.]

[Illustration: Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit (page
424).]

Je tirai mon Lexique. (_Sensation._)

--Lief boerin.... Jolies jeunes filles.

Elles se trmoussrent. La mre les fit mettre en rang, les compta de
l'index, et se frappa le sein.

--C'est moi qui leur ai donn la vie.

--Mes compliments... Ravissantes... J'ai faim!

Elles se prcipitrent. L'une apporta du lait, l'autre du rosbif, une
autre du pain, une dernire du fromage. La cinquime, fort jolie,
telle Marthe, resta quite, m'aidant  me retrouver dans le labyrinthe
de mes phrases obscurment nerlandaises.

Comme un pacha, je m'attablai, servi par ces houris charmantes, dont
la fracheur sereine me reposait. Je dvorais des dents les
victuailles, et des yeux leurs joues. En vrit, je ne fus jamais
l'objet d'attentions pareilles, mme chez mes pays, o pourtant les
jeunes filles sont aimables.

Quand je fus rassasi, j'allumai une cigarette, et j'entrepris de
tirer la bonne aventure  ces jeunesses. Ce fut rjouissant. Penches
sur moi, elles me grisaient, et se grisaient peut-tre, d'un fin arme
de linge blanc, de teint frais; tandis que, le sourcil en querre,
telle la sybille de Cumes, je considrais d'un oeil profond les lignes
de leurs paumes.

Je voulus ensuite savoir leurs ges. Les mains se levrent; et, comme
les marmots qui comptent sur leurs doigts pour faire une addition,
elles numrrent les printemps dont elles taient nanties.

Je dsirai les entendre chanter une chanson hollandaise. Elles se
prirent par la taille, reculrent, jusqu'au fond de la salle, et
marchrent vers moi en fredonnant un petit air: _tra la la_.... Puis
elle se penchrent tout  coup en riant aux clats, et se sauvrent
lestement. Le pre, assis entre ses verres et ses plateaux, au
comptoir, fumait batement une vieille pipe, et souriait avec malice.

--O sont-elles passes?... interrogeai-je en pitre allemand.

--L-haut, rpliqua-t-il, en montrant le plafond.

--Je voudrais bien les portraiturer.

--Attendez-un moment.

Au bas de l'escalier, cinq paires de mules noires ornes de perles,
attestaient une fuite prcipite. Malgr mon dsir, je n'osai grimper
au harem, et je me mis  griller du ptun.

Un quart d'heure s'coula de la sorte, puis j'entendis derrire la
porte des murmures touffs. J'ouvris. Les trois anes se tenaient
l, pares de leurs plus beaux atours.

--Et les deux autres?

Elles hochrent la tte, montrrent leurs coiffures, haussrent les
paules, et je crus comprendre qu'une affaire de coquetterie les
empchait de descendre.

--Nous voil, nous, mimrent-elles.

Je les suivis dans le jardin, o il y avait une barrire verte, garnie
de roses trmires, le long d'un petit chemin. Le soleil, par
intervalles, dchirait les nues lourdes qui chevauchaient par hordes
au plein du firmament, clairant d'une lumire soudain jaune le violet
des horizons, et les coiffes aux ailes rondes o luisaient des yeux
vifs, semblaient devant moi remplir tout l'espace d'un langage
minutieux. Les jeunes filles riaient, les mains ballantes. Je les pris
tour  tour par le petit doigt et les conduisis  la porte du clos, et
je m'accoudai afin de leur dbiter en vieux franais un compliment
subtil, dont elles ne comprirent que le bruit, assez agrable, car il
tait dit en vers de Ronsard:

  Donc, si vous me croyez, mignonnes,
  Tandis que votre ge fleuronne
  En sa plus frache nouveaut,
  Cueillez, cueillez votre jeunesse,
  Comme  cette fleur la vieillesse
  Fera ternir votre beaut.

Puis je fixai le jeu de leur trois minois, gravement satisfaits, et
j'allai me promener, aprs avoir mis l'index sur les papillons d'or
qui retenaient leurs cheveux.

Je poussai le long du grand canal. Les cluses, ouvertes  tout
instant, laissaient passer des chalands lents, qui hissaient leurs
voiles en ciseaux et s'loignaient, encadrs de vert, devant l'cran
du ciel instable. De gros nuages s'enfuyaient toujours. Des chariots,
prs de l, dversaient des monceaux de betteraves. Un vieil homme
gardait des moutons sur la pente des remblais. Du silence toujours,...
puis la nuit.

Dans la salle de billard, je me revois ensuite, pris par l'ambiance,
assis dans un coin, fumant des cigarettes, ayant en face de moi,
assises, tricotant avec un bruit sec, deux de mes jeunes filles. Nous
nous sourions par moment, le regard aiguis par des mondes de choses
inexprimables. Je savoure la blancheur de leurs coiffes ajoures, la
fracheur de leur teint, la souplesse de leurs bras nus se dtachant
sur le velours des corsages.... Et ce flirt muet, en cette
_koffiehuis_ de bourg perdu, parmi la bue des cigares, le choc des
billes manies par des joueurs graves, auprs de _glass beer_
colossaux, de chromos fanes, incite encore l'esprit  se parer
d'illusion.

[Illustration: Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont
enlevs par de forts chevaux (page 425).]

Je pense que je suis l'un des _boers_ attabls cans, et que je viens
faire ma cour  Reneetje Korstanje, fille de Frans Korstanje,
l'htelier de Wemeldingen. Reneetje a eu seize ans  la dernire
kermesse, et je l'ai remarque parmi les autres,  cause de ses yeux
vert et or, semblables aux nuances des polders. Je l'ai prie 
danser, je lui ait fait manger des _baskets_, et j'ai pass  son
petit doigt un anneau d'argent choisi  l'ventaire d'un colporteur.
Le lendemain, je suis venu frapper  la fentre, et j'ai annonc mes
intentions au pre. Les soeurs anes ont t un peu jalouses, car
elles attendent avec impatience l'heure de devenir femmes; mais ce
sont de bons coeurs, et elles m'ont souri sans malice, tudiant mes
manires pour voir comment un galant se comporte.

Je possde trois bateaux, et je fais campagne entre Goes et les villes
des les, jusqu' Rotterdam. Je passe tous les deux ou trois jours 
Wemeldingen, et cela sera trs commode, car je trouverai pour
m'attendre, une jolie mnagre. La noce doit se clbrer dans un
mois; on fera une bombance srieuse; nous aurons des violons, des
rubans, du genivre, du boeuf et de la bire noire.

[Illustration: La digue de Westkapelle (page 428).]

Reneetje tricote toujours. En Hollande, on ne tricote pas comme en
France, du bout des doigts. Les travailleuses ont  la ceinture un
tui en bois cisel; elles y adaptent une aiguille, et la laine se
transforme en mailles avec une rapidit dconcertante, accompagne
d'un ronflement continu.... Reneetje tricote. J'esquisse son portrait.
Elle s'arrte par moment, pour reposer ses phalanges, et regarde
candidement, sans hardiesse ni timidit, le Monsieur franais dont la
barbe l'impressionne.

L'ane, une belle blonde, survient, et me fait signe de la suivre.
Elle me conduit  une salle, et me montre la table o s'alignent cinq
plats de porcelaine  couvercles, du lait, du th et du beurre.

Je soulve en tremblant ces couvercles trompeurs, et je dfaille 
l'odeur parfume qu'exhalent les douceurs confectionnes  mon
intention. Mais il faut tre brave, car,  tout instant, la porte
s'entrouvre, et l'un des cinq minois vient jeter un coup d'oeil sur
mes oprations. Je me sens environn de regards.... Srement qu'aux
serrures,  la fentre, ils luisent, pour me forcer  avaler ces
choses-l. Je cherche  me rsigner, mais je suffoque et je me
contente de manger le bifteck, la bouillie et le pain, dont le got
est rationnel.

La soire s'coule pesamment. Un jeune instituteur, sachant des bribes
de franais, d'anglais et d'allemand, m'a entretenu de ses projets
d'avenir, de sa libre pense et de sa famille.  onze heures, les
clients se lvent et sortent. Seul, un petit vieux tout rond, dont
j'avais remarqu l'entrain au billard, demeure assis, ronflant
sereinement.

L'aubergiste le secoue; peine perdue. On lui crie  l'oreille; il ne
bouge pas. On le met debout; il ouvre des paupires molles, et manque
de s'crouler. On le dirige vers la porte; mais il fait trois pas et
s'tale sur le plancher, comme frapp de mort. Son crne blanc, orn
de mches jaunes, heurte le parquet brutalement, et il demeure raide,
retomb dans le sommeil....

Les cinq _boerin_ s'effraient sincrement, et joignent les mains. Le
pre, ennuy  cause de la police, inonde d'eau le visage ple du
pochard, tandis que la mre me confie des histoires certainement
intressantes, mais dont je ne saisis pas le moindre sens.

Bref, l'htelier prend un parti hroque: il saisit les jambes du
vieux, et me montre la tte. Nous le hissons sur le billard, o il
continue  dormir avec dlices, ainsi qu'en un lit de plume. Dehors,
la pluie tombe, tombe, plic, ploc, plac, avec un bruit doux. Un coup
bref rsonne  la porte. Une voix prononce une demande. On ouvre. Un
jeune _boer_, vtu du chapeau rond, de la veste aux agrafes de mtal,
entre. L'ane des filles se dtourne en rougissant. Il regarde son
oncle, car c'est le neveu, parat-il, qui vient ainsi chercher
l'ivrogne deux soirs sur trois; il hoche la tte avec commisration,
le charge sur ses paules et s'en va accompagn d'un rai de lumire
qui sort de la _koffiehuis_, s'allonge sur la route, sous les ormes
taills en boule, vers l'ombre, vers l'eau, vers la mer, vers
l'inconnu, vers les tnbres. Et chacun, silencieux, coute un temps
les pas de l'_Ange Gardien_ qui emporte, comme un mort, le vieillard,
prochain trpass.

Le lendemain, aprs une ample distribution de poignes de main  toute
la maisonne, allg de quelques florins, je montais sur le premier
vapeur de passage, et je voguais sur les canaux serpentins, entre des
bordures de moulins, de pturages et de digues, vers le Noord-Holland.

Ce vapeur, en vrit, avait un air familial  ravir, et je sentis, en
mettant le pied sur le roof, que j'allais pouvoir y dormir  ma guise
sans crainte d'interruption. Le capitaine, sentencieux et sec,
m'invita, pour viter la brise frachissante,  descendre  la cabine.
Sa femme, jeune blonde aux yeux bleus,  qui des boucles frises, un
petit tablier ros donnaient une allure enfantine, y tait assise,
caressant un chat minuscule. Elle se leva sur un signe de son mari,
elle entra dans une exigu cuisine dissimule derrire un panneau,
apporta des rafrachissements, et, tandis que la fume des cigarettes
mettait  ses prunelles candides un bleu plus attnu, vaporeux comme
l'me de sa race, je me laissai aller mollement au va-et-vient du
bateau.

Sur le soir, au moment o les fanaux s'allumaient, des docks
apparurent, ainsi que des ponts, des mts enchevtrs; des carillons
sonnrent; glissant comme une libellule au pied de choses gantes, le
petit vapeur salua Rotterdam de sa sirne indolente....

  (_ suivre._)                         Lud. Georges HAMN.

[Illustration: Les cluses ouvertes.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--37e LIV.         N 37.--16 Septembre 1905.

[Illustration: Les petits garons rdent par bandes  grand bruit de
sabots sonores.... (page 434.)]




CROQUIS HOLLANDAIS[2]

          [Note 2: <i>Suite. Voyez pages 409 et 421.</i>]

Par M. LUD. GEORGES HAMN.

_Photographies de l'auteur._

     IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. -- Les
     marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le fils du
     pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu des eaux. --
     Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes filles. -- Perspective.
     -- La tourbe et les tourbires. -- Produit national. -- Les
     tourbires hautes et basses. -- Houille locale.


[Illustration: Jeune mre  Marken.]

Quand on veut voir des pcheurs, ce n'est point en Zlande, malgr le
mouvement de Vlissingen, qu'il faut s'attarder. Prendre le bateau,
faire escale  Kortgene,  Stavenisse,  Zierikzee, passer Rotterdam,
la Haye, Harlem, Amsterdam, et s'en aller tout doucement  Volendam,
sur les bords du Zuiderzee, c'est la bonne manire.

Volendam est situ  16 kilomtres d'Amsterdam, par la route. C'est un
rendez-vous de peintres de tous pays, qui se sont empars de ce petit
port, et en ont fait un de leurs fiefs de productions.

Costumes, gens et maisons s'accordent du reste pour flatter un oeil
d'artiste, pris de pittoresque.

Les logis, construits  la dbandade, le long de la jete, contournent
des lacs, des mers infrieures, des canaux, des mares, des ruisseaux,
sur lesquels ils assoient leurs pilotis. Par l'eau grasse, appesantie
de dtritus, d'excrments, de dchets varis, des canards bruyants,
impudents et rapaces, plongent avec dlices, voguent et s'brouent, 
peine drangs par les pirogues qui mnent au bourg prochain les
ngociants locaux.

Au del, l'horizon gris, plat, brumeux, s'orne de moulins aux croix
agiles, et de rubans d'argent qui sont des affluents.

Aux jours de lessive, des linges et vtements multicolores flottent
partout, drapent les maisons, ornent les bordures de pieux, se
gonflent avec des frissonnements de drapeaux.

Volendam n'est vraiment complet que par un ciel orageux, en un jour de
lessive. Tout le monde est dehors.  l'encontre des villes terriennes,
o l'on ne sort que par ncessit, on flne ici avec bonheur, 
l'instar de tous les ports de pche; on mne, entre deux
embarquements, la bonne vie quite, chre aux rentiers solides; on
s'assoit en rond; on sabote, les talons veules, ramen par la cloche
du magasin des cries sonnant le ralliement.

Vtu d'un pantalon dmesur, d'une veste, d'un foulard et d'une toque
de fourrure, le pcheur de Volendam a une allure personnelle qu'on ne
saurait dcrire. Il tient du Russe, du Lapon et du Mongol, et se
montre hollandais par les mille dtails de ses attitudes, de ses
gestes, de ses paroles.

En dehors des moments o il croise dans le golfe, promenant ses filets
sur les vagues peu mchantes, ses occupations sont peu varies. Sa
lenteur est une habitude. Il flne, et c'est tout dire. Il n'a point,
comme en d'autres contres, de menus soucis de jardinage, de rcolte
ou d'industrie, et la femme sufft aux soins mnagers.

Il flne donc, tout en prparant sans hte ses appts ou ses
carrelets; il s'accroupit au soleil avec des amis, pour fumer
batement, semblant peser de tout son poids massif sur ces jetes de
briques et ces quais de bois poss entirement sur la mer par des
anctres disparus.

Il agit pourtant, mais avec calme, et gote voluptueusement le repos
des heures mortes.

Ce croquis le symbolise: Sur un fond de barques amarres et de remous
onduleux, o se refltent des nuages coureurs, Frans, tendu  la
proue de son bateau, se laisse balancer mollement, ainsi qu'en un
berceau, attendant qu'on lui apporte des paniers pour dcharger le
poisson couleur d'argent qui scintille au fond des cales.... Les mains
dans ses poches, la pipe aux lvres, il est vraiment bien assis, et
l'on ne sait pas quand finira cette batitude.

Quelques marins cependant, en trs petit nombre, se montrent plus
guillerets, se font envoyer des lgumes et des denres de la ville
prochaine, et promnent tranquillement des voitures  bras, charges
de ces choses, pour approvisionner les mnagres....

Les enfants rdent par bandes,  grand bruit de sabots sonores, mais
sans cris, comme en Zlande. Les petites filles sont coiffes du
casque en dentelle,  forme de salade renverse; les petits garons,
de mme que leurs pres, ont la large culotte, la veste trique et le
bonnet de loutre.

Ici, c'est le rgal des yeux. Quand ils s'enfilent par bandes sur les
planches des jetes, ou trottent gaillardement, leurs figures rondes
panouies de contentement, on se trouve, ma foi! fort intress, et
l'on ressent un dsir aigu de les emporter avec soi, les marmots de
Volendam, pour les montrer au pays, ainsi que bibelots rares.

[Illustration: Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le
rendez-vous des peintres de tous les pays.]

Il y a des couples ravissants, tout pareils aux personnages de vieux
tableaux, qui amnent le sourire, tant ils respirent la bonne humeur,
la sant et le calme.

Les femmes s'agitent beaucoup,  Volendam, comparativement aux autres
lieux. Elles sont moins claquemures en leurs logis, et se livrent
davantage aux mouvements extrieurs. Les unes lavent leur linge
domestique dans l'eau marine, au bord des bateaux rangs par hordes;
d'autres les tendent sur les poteaux disponibles, cependant que le
vent souffle.

 l'encontre de nos femmes de pcheurs qui baguenaudent durant des
heures, le tricot aux doigts, celles-ci cependant ne sortent que par
besoin. O iraient-elles baguenauder?... De tous les cts, il n'y a
que de l'eau, des mares et des ruisseaux.  part la jete, les deux
routes de Edam et Monnekendam, tout n'est que lagune, cloaque ou
marcage.

[Illustration: Avec leurs figures rondes, panouies de contentement,
les petites filles de Volendam font plaisir  voir....]

Les canards, parqus par milliers en des enclos de bois, assourdissent
de leurs cris saccads, et la vie locale se concentre sur le mle, o
les hommes dambulent autour du btiment des cries.

Sont-ce donc l les descendants des fameux marins nerlandais qui
remplirent jadis le monde de leurs exploits, lorsqu'ils se dclaraient
les _balais de la mer_, et qu'ils rsistaient aux flottes de France et
d'Albion?...

Mon Dieu! oui, ce sont eux, et leur apathie apparente cache sans doute
une force de rsistance tonnante. N'est-ce pas par eux que la
Nerlande s'est forme, a grandi, a vcu?... Ce pays plat, humide,
manquait de bl, de pierre, de bois; ils lui ont procur ces choses
ncessaires  son existence par l'change de butins maritimes. Ils ont
joui de la mer et de ses richesses et _en jouissent_,  la faon d'un
vaste grenier rempli de rserves.

Selon la nature des poissons qui frquentent les parages de chaque
port, la pche se divise en plusieurs branches. Le hareng, toutefois,
par son abondance et par son renom pass, semble bien tre, avec la
tourbe et la tulipe, un produit national.

Les Hollandais distinguent trois espces de harengs: le hareng _pec_
ou _caqu_ (caquer un hareng, c'est l'ouvrir avec un couteau et
l'taler par couches dans des barils sur du sel); le _steur haring_,
pch sur les ctes d'Angleterre en automne; le _pan haring_, hareng
frais qu'on pche dans le Zuiderzee, et qui sert de nourriture aux
classes pauvres.

Cette dernire catgorie est la plus intressante, car elle est la
grande ressource des pcheurs de Volendam, des autres ports du
littoral, des habitants des les d'Urk et de Marken.

Le port de Flessingue s'occupa le premier de la pche au hareng dans
les vieux temps passs, aux environs du XIIe sicle. En 1380, un homme
de la Zlande, nomm Guillaume Benkelozoon, inventa l'art de prparer
et de conserver le hareng dans le sel, donnant ainsi une impulsion
considrable  l'industrie locale; cette dcouverte fut le point de
dpart du dveloppement de la richesse publique, et permit  la nation
batave de payer les normes impts ncessits par l'entretien des
travaux instaurs contre la mer.

 Hoorn, en 1416, enfin, se fabriqua le premier grand filet, dont
l'utilit s'ajouta  celle des salaisons pour dvelopper  l'infini le
rendement des flots.

Ces filets, vritables perviers marins, font songer malgr soi aux
milliards de poissons dvors depuis cinq sicles par les nations
voisines, et l'on comprend comment la Hollande, malgr la pauvret de
son sol, a pu devenir un pays riche, solide et serein.

L'emballement pour la pche au hareng subit alors une progression
dmesure. Des historiens en pleurent d'aise et donnent des
statistiques merveilleuses, d'aprs lesquelles il rsulterait que la
population entire s'occupa de prendre, saler et vendre du hareng....
Des dits intitulaient cette manne _le Prou de la Rpublique
Batave_.... Des primes d'encouragement enfin, fort leves, taient
donnes  la Confrrie des Pcheurs de Hareng, au dtriment des autres
branches de la pche. Nul autre que le Hollandais de naissance ne
pouvait s'occuper du travail du caquage.... Bref, des rglements
minutieux protgeaient de toutes faons cette trop intressante
industrie.

Le hareng nerlandais dfia ainsi pendant longtemps les concurrences
trangres, et fit plus pour la grandeur du pays que les meilleurs
canons.

Vinrent les guerres de l'Empire. La Grande-Bretagne, toujours 
l'afft des bons dbouchs commerciaux, proclama la libert des
pcheries, dtruisit le systme des primes et porta ainsi, en vendant
le hareng moins cher, un coup funeste aux _buizen_ de Hollande.

Immobiliss dans leur opulence, ceux-ci n'eurent point l'esprit de
suivre le mouvement, et virent peu  peu s'teindre leurs dbouchs.
Les affaires baissrent mme si bien, que le Gouvernement dut  son
tour abolir les primes.

Aujourd'hui la pche au hareng n'a plus d'importance nationale, et si
elle est encore pour le pcheur une source honnte de revenus, elle ne
fait plus le sujet des proccupations gnrales.

Le vrai pcheur de hareng passe  terre le moins de temps possible. La
mer pour lui est tout, sa fiance, son pouse, son berceau. Muni de sa
bible et de sa pipe, il irait au bout du monde, et dcouvrirait des
terres nouvelles, s'il en existait encore de nouvelles. On parle avec
orgueil,  Volendam, d'un patron, Hans Ouderke,  qui on avait dit un
jour dans une salle de billard: Il faut que tu ailles aux Indes. Le
brave homme quipa son dogger les jours suivants et y alla.... Une
autre fois, il trouva la route de Californie, sans autre indication
que sa boussole.

Quand le pcheur ne rentre pas au logis, on le considre comme perdu,
et sa femme peut, aprs trois annes rvolues, convoler en nouvelles
noces. Autrefois, la loi ordonnait un intervalle de dix annes; comme
les moeurs en souffraient, on adoucit la convention.

Le fils du pcheur devient pcheur. Ds l'ge de quinze ans, il
connat  fond le mtier de tirer des bordes, de hisser la voile et
d'agiter le gouvernail.

[Illustration: Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent
partout (page 433).]

Trs indpendant, trs religieux, trs attach  ses coutumes, il suit
l'exemple de son pre, qui lui-mme imita le sien. En mer, il ne boit
jamais;  terre, il boit relativement peu, sauf aux jours de kermesse,
qui sont de vritables orgies animales. En ces jours, les aubergistes
enlvent les meubles de leurs salles, et ne laissent qu'une table, des
chaises et des brocs. Jour et nuit, vautr en une torpeur inquitante,
secou de crises actives durant lesquelles il danse avec frnsie, le
marin s'absorbe un peu trop dans l'ivresse et le sommeil.

Il se marie jeune.

La pche des ctes comprend la chasse au poisson frais de diverses
sortes, et celle du hareng destin  tre fum. Cette pche est faite
par des barques appeles _flibots_, analogues  celles de nos
sardiniers.

Un flibot ordinaire cote de trois  cinq mille florins. Il appartient
soit  un patron, soit  un armateur. L'quipage reoit un grand filet
et des cordages; il doit se procurer le reste, et pourvoir  son
ravitaillement. Les frais de rparation du navire se partagent
galement: ce qui est au-dessus du _klamp_, c'est--dire hors de
l'eau, concerne l'quipage, et la partie submerge l'armateur ou
patron..., en vertu de ce principe que la premire se dtriore par
ngligence, et que la seconde s'use naturellement. La voilure est
paye par le propritaire.

[Illustration: Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque
en dentelle,  forme de salade renverse (page 434).]

La pche au poisson frais ne ncessite que des excursions assez
courtes. Aussitt de retour, les matelots dbarquent leur butin et le
vendent sur la grve mme, aux marchands de la rgion, ou le portent 
la crie, s'il en existe une. Le poisson est ensuite dirig sur les
villes voisines dans des voitures atteles de chiens robustes qui font
leur service avec un entrain remarquable. (Cet entrain nous a fait
plus d'une fois sourire de la sensiblerie de nos compatriotes qui
dfendent d'utiliser ces braves toutous.)

La pche au poisson frais cesse  la fin des beaux jours et fait place
 celle du hareng jusqu'en dcembre.

Ensuite, c'est le chmage forc; et, comme le pcheur est rarement
ais, il s'ensuit des misres profondes que les Autorits sont
obliges de secourir.

Le Zuiderzee, comme l'on sait, forme un vritable bassin de la mer du
Nord. La masse de ses eaux occupe un espace de 54 lieues carres, et
s'avance sur les provinces de la Frise, de la Gueldre, d'Utrecht et du
Noord-Holland, qu'elles divisrent jadis par de terribles coups de
ressac, jetant sur toutes les ctes la mort et la destruction.

Au large, les les d'Urk et de Marken forment les derniers vestiges
des terrains engloutis.

Marken, la plus grande, est situe en face de la ville de Monnekendam.
En une heure, avec un bon vent, une barque y conduit.

Cette heure met des sicles entre les habitants de l'le et ceux du
continent. La diffrence des costumes et des moeurs est mme si
grande,  si peu de distance, qu'on a expliqu diversement son
origine. Certains soutiennent que les indignes sont les descendants
des _Marsatti_ dont Pline et Tacite font mention. Ils occupaient alors
un coin de terre prs du lac Flevo. Un raz de mare spara ce coin de
la Grande Terre,  la fin du XIIIe sicle.

La sparation, d'abord, n'avait qu'une largeur insignifiante, un
simple pont de bois suffisait  la franchir; mais peu  peu l'embrun
mangea d'autres terres, des champs, des polders, et les paysans
durent, pour vivre, devenir pcheurs....

Je pris le bateau pour cette le vers cinq heures du soir,  la jete
de Monnekendam. Deux jeunes garons vtus,  la mode de nos Bretons,
de culottes bouffantes s'arrtant aux genoux, de vestes de coutil et
de chapeaux ronds, chargeaient de menues denres. Ces jeunes garons,
 la vrit, se sont institus, avec leur pre, patrons passeurs, et
font un service quotidien rgulier entre l'le et le continent.

Avec une agilit surprenante pour des Hollandais, ils excutrent les
diffrentes manoeuvres d'appareillage, hissrent la grande voile
brune, assujettirent les cordages; le bateau oscilla, s'inclina vers
l'ouest, et s'en alla vers le large.

L'an des matelots avait pris la barre, et se tenait droit,
considrant la ville qui fuyait, en son dcor roux.

Une brume rampait sur l'eau, signe de crpuscule prochain; le carillon
du beffroi chantait l'heure en sons clairs, assourdis par le clapotis
des vagues fendues par la proue, et ce moment, quasi solennel, avait
un je ne sais quoi de mystrieux, comme si nous nous en allions vers
une terre inconnue.

Peu  peu, nous ne fmes plus entours que d'eau et de brumes. L'un
des garons sifflait une mlodie. Les cordes du mt grinaient sous la
brise frachissante..., puis des ombres apparurent, d'abord
imprcises: c'taient des pignons et d'autres mts sortant de la mer,
sans rocher ni dune, comme un radeau trs long,  demi submerg,
Marken, tout simplement.

Le bateau stoppa le long de la cale et s'amarra. Je sautai  terre. Il
y avait l deux ou trois hommes vtus comme mes pilotes, et des jeunes
filles aux longues tresses libres, accoudes  un parapet. Un grand
silence enveloppait ce petit port perdu au milieu des tendues
mouvantes. Certainement je devais y jeter une note fcheuse par mon
allure peu en harmonie avec ces logis de bois construits sur pilotis,
ces personnages particuliers.

Les filles me regardaient. Dans l'ombre du soir venant, leurs yeux aux
longs cils, entre les boucles retombantes de leurs cheveux, avaient
des profondeurs d'ocan; et quand elles inclinaient la tte gravement,
 mon passage, je pouvais croire avoir devant moi des desses
nautiques, tant chantes par les bardes. Je me htai de dposer mon
mince bagage  l'unique _logement_, et je pris les venelles paves de
briques qui conduisent aux sept bourgades, tertres artificiels, forms
d'argile et de tourbe, o se dressent les maisons des habitants.

La mer, comme il arrive souvent, avait inond, la veille, les maigres
pturages sems de canelets, qui entourent ces tertres, entre les
digues, de sorte que je marchais au milieu de l'eau et que les maisons
sortaient rellement de l'eau, sans aucun horizon de terre. De grandes
herbes, en quelques endroits, abritaient des canards jacassants,
frissonnaient sous le vent, augmentant la mlancolie intense de ce
paysage.

[Illustration: Deux pcheurs accroupis au soleil,  Volendam (page
434).]

J'errai ainsi pendant une heure, jusqu' la nuit, me remplissant les
yeux de ces mille sensations impossibles  rendre, formes d'imprvu,
d'inconnu, de colorations nuances..., salu toujours par ces femmes
aux regards profonds, qui parlaient sans parole..., puis je rentrai 
l'auberge, o une servante joviale, norme et bigarre, me servit un
dner robuste.

Le lendemain, l'eau s'tait retire et je pus observer l'le, puisque
c'est une le, sous son aspect gnral.

Le port est la partie la plus solide de Marken. Construit de toutes
pices avec de la pierre et du bois, il abrite une centaine de bateaux
arms pour la pche.

Les maisons goudronnes couvertes de tuiles, sont construites en
planches et posent leurs fondements sur un lit de tourbe. Les
intrieurs sont renomms: la propret la plus minutieuse agrmente les
moindres recoins, donne aux faences peintes un air hospitalier, et
pare de reflets pareils aux miroirs les cuivres des bassines. C'est
l'orgueil de chaque famille, et je voyais  tout instant des jeunes
filles m'appelant du doigt pour admirer la belle ordonnance de leurs
logis. Ces signes, accompagns de sourires, n'taient, hlas! que des
demandes dguises d'argent, et je dus borner mes visites, sous peine
d'y laisser mon pcule.

[Illustration: Une lessive consciencieuse.]

La plupart des maisons n'ont qu'une seule pice o l'on dort, cuisine
et travaille; beaucoup n'ont pas de plafond, et communiquent avec le
grenier directement. Quelques-unes non plus n'ont pas de chemine;
devant la fentre principale, s'lve une plaque de pierre ou de fer,
entoure d'une range de briques; une ouverture perce dans le toit
laisse passer la fume qui se rpand dans le grenier, sche les filets
et les provisions.

Des plats et des vases en vieille faence ornent le moindre logis. Ce
got des cristaux, des rideaux et des couvertures de lit  ramages est
un trait particulier du caractre hollandais et s'panouit  Marken,
mettant en relief la mdiocrit des existences.

Le sol de l'le est une argile assez fconde. Il produit du foin et
des joncs dont les habitants exportent une grande quantit. Le foin
est vendu et sert en partie  nourrir les quelques vaches locales.

Enfin, comme les puits ne produisent qu'une eau saumtre, les
habitants sont obligs d'user d'eau pluviale pour abreuver leurs btes
et prparer leurs aliments.

Ils sont du reste fort peu avancs en science conomique. Ils vivent
de la pche et passent le reste du temps  des travaux insignifiants,
intressants pour eux seuls. Ils n'ont point de commerce: pommes de
terre, lgumes, picerie, tourbe, boisson, tout leur est apport de
Monnekendam, de Hoorn ou d'Amsterdam.

Les habitants de Marken ne se marient qu'entre eux. On raconte
qu'autrefois, manquant de femmes, ils armrent leurs bateaux et firent
une razzia de filles du ct de Edam; mais l'histoire ne peut tre
affirme.

On se marie d'habitude entre vingt-quatre et vingt-huit ans, en
accordant surtout les ges et les inclinations.

[Illustration: Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type
expressif.... (page 434).]

Les filles, en gnral, sont lourdes et vulgaires; mais on trouve des
adolescentes d'un type expressif qui font oublier les autres par leur
grce demi-sauvage. Elles ne sont point timides et rient volontiers.

Dans mes promenades, je fus plus d'une fois entour de leurs personnes
bigarres; elles m'acculaient  quelque paroi, me frlaient de leurs
boucles en tendant les bras pour me retenir, et me murmuraient des
questions sans doute saugrenues, car elles montraient leurs dents,
pleines de ravissement. Je leur rpondais en anglais, en allemand, en
arabe, et je pinais leurs coudes. Ayant pris une fois le menton d'une
jolie fille, deux autres tonnes crirent et ameutrent des mres de
famille. Je l'embrassai rapidement, par surprise. Jamais je n'ai
entendu pareils glapissements. Elles m'entouraient, brandissaient
leurs bras nus, les mches au vent, la jupe gonfle, et prenaient sans
doute le ciel  tmoin de ma tmrit. L'embrasse, surtout, roulait
des pupilles fulgurantes: elle devait demander au Seigneur un
chtiment exemplaire, un clat de foudre peut-tre, ou un enlizement.

Je montai en consquence sur un baril et je les haranguai:

--Femmes de Marken, criai-je, je suis venu cans vous demander
l'hospitalit. Ma qualit d'tranger me donne donc le droit de goter
 vos fruits et surtout aux pches de vos joues.... Je rclame le
silence et vous promets de vous faire des cadeaux.... Zim boum boum!

--Zim boum boum, rptrent les jeunesses enthousiasmes, sans
comprendre un seul mot.

Comme elles m'empchaient toujours de passer, je crus comprendre
qu'elles attendaient le _Droit de Passage_. Je brandis mon dtective,
 la faon d'un tomahaw, je poussai un cri et je sautai sur la digue.
L, je braquai l'instrument et la foule se sauva comme harengs
poursuivis par les _buizen_, laissant mes trois jeunes personnes  ma
volont, figes en des poses raides.

[Illustration: Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur
logis... (page 434).]

--Je vois, jeunes filles, continuai-je (quel dlice de pouvoir parler
sans se faire comprendre!!!), que mes offres gnreuses ont t reues
avec honneur. Tournez donc l'oeil vers moi, et me baillez des
sourires.

Quand j'eus remu des _stuivers_ en ma poche, elles dressrent
l'oreille, et m'accompagnrent au soleil o je fixai pour l'avenir
leurs traits singuliers. Aprs quoi, je mis une poigne de cents dans
leurs mains, et elles s'clipsrent enchantes.

Les petites filles sont parfois charmantes. Lorsqu'elles vont 
l'cole avec les garons, droulant leur thorie multicolore sur le
vert des polders, bras dessus, bras dessous, on se sent rempli de
plaisir, ainsi que devant un tableau plein de fraches couleurs et de
visages gracieux. Certaines, au lieu de jupes, portent les larges
culottes de leurs frres, ce qui leur donne une allure baroque.

Les jours de noces, de fianailles ou de kermesse, c'est une dbauche
de couleurs dont rien n'approche. Toute la gamme des botes
d'aquarelle s'panouit sur les robes, les bonnets brods, et l'on
cligne des yeux sans savoir o les reposer.

Mais ces jours sont l'exception. D'habitude, l'le est assez morne, et
la vie s'y coule en de menus travaux, toujours pareils.

Les hommes pchent ou bien halent des bachots remplis de provisions ou
de tourbe, rparent des filets, repeignent leurs murs; les femmes
nettoient les logis, lavent le linge, promnent leurs marmots, aident
au dchargement des bateaux.

Le long des canaux, on les voit souvent se promener gravement, assises
en des barques, d'o elles sortent pour soulever les ponts  chevilles
qui barrent le courant aux nombreux carrefours.

En hiver, la moiti de l'le est submerge, et c'est en bateau que les
habitants communiquent entre eux, abordent l'glise, l'cole, le
cimetire, le tertre le plus lev de l'le.

On se demande  cet gard pourquoi les digues sont si basses; en les
levant, on viterait ces fcheuses inondations. Mais les hommes
comptents dclarent que le terrain, peu solide, ne supporterait pas
un poids plus considrable.

L'habitude est une seconde nature. Dire aux gens de Marken qu'ils sont
mal installs serait peine perdue: ils s'y trouvent bien, et c'est
tant mieux.

Sous l'afflux des touristes qui, depuis trois ans, envahissent leurs
bourgades, en t, ils commencent mme  se considrer comme des
curiosits extraordinaires et poursuivent peut-tre le rve chimrique
d'tre entretenus, nourris et blanchis par les deniers des trangers.
Ils vendent dj leurs costumes et ne tarderont pas  les remplacer
par des chapeaux et des pantalons modernes...

L'le de Marken, aprs tout, conservera toujours sa situation peu
encombrante, par rapport au continent, ses maisons assises dans l'eau
sale, ses venelles paves s'en allant sous la brume vers la brume,
son tertre nourri de morts et ses quatre animaux  cornes, vautrs
dans des pturages spongieux...  moins que, par un jour pareil 
celui o la mer en colre dvora la Grande Terre, elle ne sombre  son
tour au milieu d'une bourrasque par mille mtres au fond du Zuiderzee.

Cette fin, en somme, serait pour un lieu exil du Pass parmi les
Modernes une conclusion naturelle et convenable; et l'on aurait enfin,
peut-tre, l'explication de cette attirance singulire que renferment
les yeux des filles de Marken, le soir, quand elles inclinent la tte
en levant le doigt, ainsi que les fantmes d'un monde termin, sortis
un moment de leurs tombeaux pour venir vous saluer....

Le Hollandais, incontestablement, est moins imaginatif que le
Franais. Raliste dans le sens du mot, il value et ne rve point.
Aussi, dans la tourbe qu'il extrait journellement de l'eau, il ne se
dit point qu'il relve les restes de ses parents et amis, afin de leur
reprendre la chaleur qu'ils avaient de leur vivant; il voit l un
combustible intressant; il s'en sert et il a raison, de mme qu'
rencontre de notre sensiblerie parfois draisonnable, il utilise ses
chiens  de pratiques charrois.

Parler de la Hollande sans parler de la tourbe, serait enlever au pays
l'un de ses caractres les plus curieux.

Gologiquement, le sol est assez pauvre; il ne contient ni houille, ni
fer, ni minerai d'autre sorte. Les forts sont peu nombreuses et l'on
dut, pour construire les digues et les maisons, recourir aux pins de
Norvge et aux arbres d'Allemagne, amens par le Rhin.

Pour se chauffer, il ne fallait point songer  s'approvisionner ainsi;
la ruine s'en serait suivie. On utilisa la tourbe.

La tourbe est une sorte de terre molle, noirtre, que l'on trouve sous
des couches d'argile ou de sable, soit en creusant des canaux, soit en
construisant des logis. En certains endroits, elle se rvle par la
nature inconsistante du sol. La terre lastique, comme gonfle d'eau,
cde sous le pied, puis se relve aussitt. Les habitants disent
alors: Voil une terre qui sent.

[Illustration: Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a
une allure personnelle (page 434).]

L'extraction de la tourbe est un art connu depuis les temps les plus
reculs. Pline et Tacite en parlent, l'un en soupirant de voir un
peuple rduit  brler sa propre terre, l'autre avec admiration pour
cette sagacit.

La tourbe fournit du travail  des milliers d'individus. C'est un
combustible assez maigre, il faut l'avouer, triste et encombrant; il
blanchit plutt qu'il ne flambe, en produisant une paisse fume.

On la trouve un peu partout en Hollande. Il suffit de creuser un peu
pour la dcouvrir.

Quand le propritaire d'une lande a rsolu de convertir son champ en
un atelier d'exploitation, il fait creuser des tranches parallles,
afin de dlivrer la terre de l'eau dont elle est imprgne. Ces
tranches, d'abord superficielles, deviennent de plus en plus
profondes, jusqu' l'puisement.

Il faut de six  huit ans pour obtenir l'puisement et diriger ces
eaux, au moyen de fosss et d'cluses, vers le canal prochain.

On attaque ensuite la tourbe avec des bches spciales; on la coupe
par mottes qu'on met  scher comme des briques, les unes sur les
autres, en les tournant selon le vent.

Il n'est pas rare de trouver au fond des tourbires des arbres fort
bien conservs, restes d'anciennes forts, dtruites par les
inondations ou les raz de mare. On les emploie suivant leur valeur,
le plus souvent  des besoins de chauffage ou de fondations.

Les couches de terre qui servaient de couverture  la tourbe sont
ramenes, herses, et deviennent la base de la terre labourable sur
laquelle on smera des pommes de terre ou du bl.

Ceci se passe dans les tourbires _hautes_. Dans les tourbires
_basses_, on va plus vite et l'on ne se donne point la peine de
drainer l'eau. On attaque directement le sol. Une fois l'herbe et
l'argile enleves, c'est--dire aprs avoir relev deux  trois pieds
d'paisseur de terre arable, on met  nu la couche de tourbe sature
d'eau, sorte de bouillie grasse. Les ouvriers, munis de grosses
bottes, enlvent alors le futur combustible,  vue de nez, sans voir
ce qu'ils font, grce  l'habitude. Ils piquent les glbes et les
jettent dans des barques grossires. La tourbe est alors d'une couleur
brune, mle de racines et de branches pourries. Dcharge dans des
auges de bois, elle est mle et travaille, crase au moyen de
pilons, dbarrasse des pierres et racines, triture comme pte de
farine et jete en meule sur un lit de roseaux. Quand elle commence 
scher, on la divise par mottes, et on la met en pyramides.

[Illustration: Un commencement d'idylle  Marken.]

Trois mois sont ncessaires environ pour la dessiccation complte. La
tourbe est alors charge sur des chalands et conduite aux marchs
divers o elle trouve acqureurs.

La qualit des tourbes varie singulirement. Il y en a de plus ou
moins riches en matires ligneuses, de poreuses et de compactes, de
lourdes et de lgres. Les mnagres reconnaissent rapidement  la
couleur et  la forme les proprits de ce combustible. Il y a une
varit pour la cuisine, une autre pour les foyers, une troisime pour
les fabriques. En gnral, on prfre le produit des tourbires basses
 celui des tourbires hautes. Les boulangers cuisent leur pain avec
des glbes peu denses qui prennent aisment feu. La tourbe sert encore
 alimenter des fours  chaux, des brasseries, des tuileries, etc.

Compare  la houille, la tourbe perd moiti en tant que matire
calorifique; mais, toutes proportions gardes, elle cote moins cher.

Son principal dfaut est son volume encombrant. Elle occupe trois ou
quatre fois plus d'espace que la houille. On a cherch  la comprimer
et on y a russi; mais le jeu, comme l'on dit, ne valait point la
chandelle: les frais dpassaient la valeur de la marchandise, sans lui
donner plus de qualits.

Pour les steamers et les grosses industries, on dut donc l'abandonner
au profit du charbon.

Quoi qu'il en soit, la tourbe a t pendant des sicles le presque
unique moyen de chauffage des habitants. Le charbon de tourbe donna
mme naissance  l'habitude toute nationale du _chauffe-pieds_.
Pendant l'hiver, les dames hollandaises, dans leur appartement ou au
temple, ont sous leurs robes des _stoven_ (chaufferettes), ce qui,
dit-on, contribue  jaunir le teint de certaines. Ceux qui avancent
cette chose sont des gens srieux, bien assis en leurs chaises de
rotin ou leurs fauteuils de paille, ayant aux lvres une pipe
confortable,  leur porte, un glass beer avec triple faux-col de
mousse. Ils n'avanceraient certainement pas une chose pareille s'ils
ne s'en taient absolument convaincus  la suite de remarques
progressives et intimes, accumules avec componction, et l'on serait
mal venu de se montrer sceptique en telle conjoncture. La fume de
tourbe fait jaunir le teint des dames hollandaises, de mme que la
fume de bois sec donne aux jambons cette surface brune si apprcie
des gourmets. Ce n'est donc point pour diminuer leur rputation, au
contraire.

Les cendres, en outre, servent d'engrais; la suie nettoie le fer et
l'tain; la fume conserve les viandes sales et les harengs, forme du
noir animal, de l'encre ou du vernis; enfin elle assoit les fondements
des maisons.

Pour cela, on pose les briques et autres maonneries sur une premire
construction de morceaux de terre combustible disposs en forme de
pyramide. Cette tourbe se gonfle sous l'eau et compose ainsi une base
inbranlable que l'humidit ne dtruit plus. Aprs des sicles,
lorsque la maison est tombe de vieillesse, on retrouve la substance
tourbeuse aussi bien conserve que le premier jour, et encore propre
au chauffage.

Il rsulte, en somme, que la tourbe est le produit de l'volution
lente de vgtaux accumuls, joncs, roseaux et mousses, morts,
entasss les uns sur les autres, et dsagrgs par l'humidit.

Les provinces qui doivent le plus  l'existence de la tourbe sont la
Frise, la Groningue, la Drenthe, l'Overyssel.

Lorsque la tourbire est exploite, il reste malheureusement beaucoup
d'eau qu'il faut enlever  grand renfort de moulins et de fosss.
Comme l'entretien de ces moulins est assez considrable, il ne faut
plus s'tonner si en Hollande le prix des vivres est assez lev...
Malgr cela, un vieux pote, nomm Vondel, enthousiasm de la vogue
obtenue par la tourbe, crivait en tte d'un de ses ouvrages ce vers
grandiloquent: Heureux le pays o l'enfant brle sa mre!

     CONCLUSION.--Tout cela dmontre qu'il n'y a point que de l'eau en
     Hollande, comme pourraient le faire croire aux quidams mal
     instruits des aperus fantaisistes. La Hollande, coupe de mille
     canaux, borde d'les, de golfes, d'estuaires, renferme vraiment
     beaucoup d'eau, mais cette eau souveraine, envahissante, eau
     montante ou descendante, qui panouit  perte de vue ses rseaux
     flous o voguent sans cesse des barques, des chalands, des
     vapeurs, des canards, est la source inpuisable des richesses
     bataves, et l'on voudrait trouver un mot magnifique, entour de
     syllabes mtalliques, pour dsigner cette chose incolore, fluide,
     nuance de toutes les nuances des nuages, des moulins, des
     polders, qui fait de la Hollande le plus aquatique des pays
     aquatiques et le plus curieux des pays plats.

                                        Lud. Georges HAMN.

[Illustration: Les petites filles sont charmantes.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.


       *       *       *       *       *


TABLE DES GRAVURES ET CARTES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_


  En rickshaw sur la route du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      1

  L'lphant du touriste  Djapour.                                 1

  Petit sanctuaire latral dans l'un des temples djans du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      2

  Pont de cordes sur le Djhilam, prs de Garhi. (Dessin de Massias,
    d'aprs une photographie.)                                       3

  Les Karvas ou plateaux alluviaux forms par les rosions du
    Djhilam. (D'aprs une photographie.)                             4

  Ekkas et Tongas sur la route du Kachmir: vue prise au relais
    de Rampour. (D'aprs une photographie Jadu Kissen,  Delhi.)     5

  Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam  Ouri. (D'aprs une
    photographie.)                                                   6

  Shr-Garhi ou la Maison du Lion, palais du Mahrdja  Srnagar.
    (Photographie Bourne et Sheperd,  Calcutta.)                    7

  L'entre du Tchinar-Bgh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
    Srnagar; au premier plan une dounga, au fond le sommet du
    Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)          7

  Ruines du temple de Brankoutri. (D'aprs une photographie.)        8

  Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
     Delhi.)                                                        9

  Le quai de la Rsidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            10

  La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam  Baramoula.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            11

  Nos tentes  Lahore. (D'aprs une photographie.)                  12

  Dounga ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
    et Shepherd,  Calcutta.)                                       13

  Vichnou port par Garouda, idole vnre prs du temple de
    Vidja-Broer (hauteur 1m 40.)                                    13

  Enfants de bateliers jouant  cache-cache dans le creux d'un
    vieux platane. (D'aprs une photographie.)                      14

  Batelires du Kachmir dcortiquant du riz, prs d'une range de
    peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd,  Calcutta.)       15

  Campement prs de Palhallan: tentes et doungas. (D'aprs une
    photographie.)                                                  16

  Troisime pont de Srnagar et mosque de Shah Hamadan; au fond,
    le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)    17

  Le temple inond de Pandrethan. (D'aprs une photographie.)       18

  Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  19

  Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthn.
    (D'aprs une photographie.)                                     20

  Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, 
    Delhi.)                                                         21

  Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din,  Vidjabroer. (D'aprs une
    photographie.)                                                  22

  Le temple de Panyech:  gauche, un brahmane;  droite, un
    musulman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                  23

  Temple hindou moderne  Vidjabroer. (D'aprs une photographie.)   24

  Brahmanes en visite au Naga ou source sacre de Valtongou.
    (D'aprs une photographie.)                                     25

  Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosque,
     Houtamourou, prs de Bhavan.                                  25

  Temple ruin,  Khotair. (D'aprs une photographie.)              26

  Naga ou source sacre de Kothair. (D'aprs une photographie.)     27

  Ver-Ng: le bungalow au-dessus de la source. (D'aprs une
    photographie.)                                                  28

  Temple rustique de Voutanr. (D'aprs une photographie.)          29

  Autel du temple de Voutanr et accessoires du culte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  30

  Noce musulmane,  Rozlou: les musiciens et le fianc. (D'aprs
    une photographie.)                                              31

  Sacrifice bhramanique,  Bhavan. (D'aprs une photographie.)      31

  Intrieur de temple de Martand: le repos des coolies employs au
    dblaiement. (D'aprs une photographie.)                        32

  Ruines de Martand: faade postrieure et vue latrale du temple.
    (D'aprs des photographies.)                                    33

  Place du campement sous les platanes,  Bhavan. (D'aprs une
    photographie.)                                                  34

  La Ziarat de Zan-oud-Din,  Eichmakam. (Photographie Bourne et
    Shepherd,  Calcutta.)                                          35

  Naga ou source sacre de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
    (D'aprs une photographie.)                                     36

  Maisons de bois,  Palgm. (Photographie Bourne et Shepherd, 
    Calcutta.)                                                      37

  Palanquin et porteurs.                                            37

  Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
    miraculeuse. (D'aprs une photographie.)                        38

  Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la valle du Lidar
    au-dessus de Palgm, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          39

  Valle d'Amarnth: vue prise de la grotte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  40

  Pondjtarni et le camp des plerins: au fond, la passe du
    Mahgounas. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                41

  Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
    Zodji-Pl. (D'aprs une photographie.)                          42

  Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac ecra-Nag.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            43

  Grotte d'Amarnth. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)           43

  Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'aprs une
    photographie.)                                                  44

  Campement de Goudjars  Astan-Marg. (D'aprs une photographie.)   45

  Le bain des plerins  Amarnath. (D'aprs une photographie.)      46

  Plerins d'Amarnth: le Sdhou de Patiala; par derrire, des
    brahmanes, et  droite, des musulmans du Kachmir. (D'aprs une
    photographie.)                                                  47

  Mosque de village au Kachmir. (D'aprs une photographie.)        48

  Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
     Calcutta.)                                                    49

  Mendiant musulman. (D'aprs une photographie.)                    49

  Le Brahma Sr et le camp des plerins au pied de l'Haramouk.
    (D'aprs une photographie.)                                     50

  Lac Gangbal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
    Kissen,  Delhi.)                                               51

  Le Noun-Kl, au pied de l'Haramouk, et le bain des plerins.
    (D'aprs une photographie.)                                     52

  Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs houkas (pipes) et leur
    hangri (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)   53

  Temples ruins  Vangth. (D'aprs une photographie.)             54

  Mla ou foire religieuse  Hazarat-Bal. (En haut, photographie
    par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen,  Delhi.)       55

  La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srnagar. (D'aprs
    une photographie.)                                              56

  Nishat-Bgh et le bord oriental du lac de Srnagar. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          57

  Le canal de Mar  Sridagar. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  58

  La mosque de Shah Hamadan  Srnagar (rive droite). (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          59

  Spcimens de l'art du Kachmir. (D'aprs une photographie.)        60


SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.


  La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement de force
    pour la mise  l'eau d'une pirogue. (D'aprs une photographie.) 61

  Le fminisme  Adoko: un mdecin concurrent de l'auteur.
    (D'aprs une photographie.)                                     61

  Travail et Maternit ou Comment vivent les femmes de
    Petit-Alp. (D'aprs une photographie.)                       62

   Motso: soins maternels. (D'aprs une photographie.)            63

  Installation de notre campement dans une clairire dbroussaille.
    (D'aprs une photographie.)                                     64

  Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie, et une
    douzaine de grands mortiers destins  la prparation de l'huile
    de palme. (D'aprs une photographie.)                           65

  Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file indienne.
    (D'aprs une photographie.)                                     66

  Nous utilisons le ft renvers d'un arbre pour traverser la M.
    (D'aprs une photographie.)                                     67

  La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'aprs une
    photographie.)                                                  68

  Indignes coupant un acajou. (D'aprs une photographie.)          69

  La cte d'Ivoire.--Le pays Atti.                                 70

  Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les
    indignes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lave,
    d'aprs une photographie.)                                      71

  La rue principale de Grand-Alp. (D'aprs une photographie.)     72

  Les Trois Graces de Mop (pays Atti). (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Femme du pays Atti portant son enfant en groupe. (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Une clairire prs de Mop. (D'aprs une photographie.)           74

  La garnison de Mop se porte  notre rencontre. (D'aprs une
    photographie.)                                                  75

  Femme de Mop fabriquant son savon  base d'huile de palme et de
    cendres de peaux de bananes. (D'aprs une photographie.)        76

  Danse excute aux funrailles du prince hritier de Mop.
    (D'aprs une photographie.)                                     77

  Toilette et embaumement du dfunt. (D'aprs une photographie.)    78

  Jeune femme et jeune fille de Mop. (D'aprs une photographie.)   79

  Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso  Daboissu.
    (D'aprs une photographie.)                                     80

  Beni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de ses femmes
    et de ses hauts dignitaires. (D'aprs une photographie.)        81

  Chute du Mala-Mala, affluent du Como,  Malamalasso. (D'aprs
    une photographie.)                                              82

  La valle du Como  Malamalasso. (D'aprs une photographie.)     83

  Tam-tam de guerre  Mop. (D'aprs une photographie.)             84

  Piroguiers de la cte d'Ivoire pagayant. (D'aprs une
    photographie.)                                                  85

  Allou, le boy du docteur Lamy. (D'aprs une photographie.)        85

  La fort tropicale  la cte d'Ivoire. (D'aprs une
    photographie.)                                                  86

  Le dbitage des arbres. (D'aprs une photographie.)               87

  Les lianes sur la rive du Como. (D'aprs une photographie.)      88

  Les occupations les plus frquentes au village: discussions et
    farniente Atti. (D'aprs une photographie.)                    89

  Un incendie  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)           90

  La danse indigne est caractrise par des poses et des gestes
    qui rappellent une pantomime. (D'aprs une photographie.)       91

  Une inondation  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)        92

  Un campement sanitaire  Abidjean. (D'aprs une photographie.)    93

  Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine. (D'aprs une
    photographie.)                                                  94

  Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de fivre jaune.
    (D'aprs une photographie.)                                     95

  Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne. (D'aprs une
    photographie.)                                                  96


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_


  L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
    violtre.                                                       97

  Une jeune fille elboise, au regard nergique,  la peau d'une
    blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.                   97

  Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100).     98

  Porto-Ferraio:  l'entre du port, une vieille tour gnoise,
    trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.               99

  Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napolon
    pour se rendre  sa maison de campagne de San Martino.         100

  Porto-Ferraio: la porte de mer, o aborda Napolon.              101

  La teste de Napolon (page 100).                               102

  Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses faades
    scintillantes de clart (page 99).                             103

  Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un bleu
    sombre leur profil anguleux (page 99).                         103

  La faade extrieure du Palais des Mulini o habitait Napolon
     Porto-Ferraio (page 101).                                    104

  Le jardin imprial et la terrasse de la maison des Mulini
    (page 102).                                                    105

  La Via Napoleone, qui monte au Palais des Mulini.              106

  La salle du conseil  Porto-Ferraio, avec le portrait de la
    dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon,
    d'aprs le tableau de Grard.                                  107

  La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec ses
    volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire
    l'empereur (page 101).                                         107

  Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protge du
    soleil.                                                        108

  Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
    Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur.          109

  Un enfant elbois.                                                109

  Marciana Alta et ses ruelles troites.                           110

  Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du rivage et
    ses embarcations tires sur la grve.                          111

  Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
    Giove.                                                         112

  ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nues
    (page 111).                                                    113

  La Seda di Napoleone sur le Monte Giove o l'empereur
    s'asseyait pour dcouvrir la Corse.                            114

  La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithtre de
    rochers est entoure de sveltes cyprs (page 117).             115

  Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et cubiques ont
    l'air de dominos empils... (page 118).                        115

  J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nues.  116

  Une des trois chambres de l'ermitage.                            117

  L'ermitage du Marciana o l'empereur reut la visite de la
    comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.                        117

  Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille citadelle
    espagnole (page 117).                                          118

  La maison de Madame Mre  Marciana Alta.--Bastia, signor!--La
    chapelle de la Madone sur le Monte Giove.                      119

  Le coucher du soleil sur le Monte Giove.                         120

  Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.       121

  L'arrive de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        121

  Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc, bande
    orang-rouge et trois abeilles jadis dores.                   122

  La salle de bains de San Martino a conserv sa baignoire de
    pierre.                                                        123

  La chambre de Napolon  San Martino.                            123

  La cour de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        124

  Une femme du village de Marciana Alta.                           125

  Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
    reprsentant Napolon et Marie-Louise.                         126

  San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes 
    la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123).    126

  Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant Napolon sous la
    figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte.            127

  La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte avec ses
    peintures murales et son bassin  sec.                         127

  Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napolon
    aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque
    d'Ajaccio.                                                     128

  La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aeule
    portait  la cour des Mulini.                                  129

  ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy en
    souvenir d'elle  la signora Traditi, femme du maire de
    Porto-Ferraio.                                                 130

  Le lit de Madame Mre, qu'elle s'tait fait envoyer de Paris 
    l'le d'Elbe.                                                  130

  Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
    chauffait,  un petit brasero de terre jaune, ses mains
    osseuses.                                                      131

  L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la flottille
    impriale, le 26 fvrier 1815.                                 132


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes_.


  Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
    Ksar-el-Benat (page 142). (D'aprs une photographie.)          133

  Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page 140).    133

  Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les traces de
    vie antique a dict l'itinraire.                              134

  L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
    l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137).                  135

  Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses; parfois, au
    milieu, se creuse en foss. (D'aprs une photographie.)        136

  Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'aprs une
    photographie.)                                                 137

  Les crtes des collines sont couronnes de chapelles ruines
    (page 142).                                                    138

  Alep est une ville militaire. (D'aprs une photographie.)        139

  La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui l'avoisinent
    (page 143). (D'aprs une photographie.)                        139

  Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40 mtres.
    (D'aprs une photographie.)                                    140

  Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le Kasios. (D'aprs
    une photographie.)                                             141

   Alep une seule mosque peut presque passer pour une oeuvre
    d'art. (D'aprs une photographie.)                             142

  Tout alentour d'Alep la campagne est dserte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 143

  Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi.                       144

  Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une taupinire
    (page 147). (D'aprs une photographie.)                        145

  Stle Hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier ravalement
    (page 148).                                                    145

  glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au dehors.
    (D'aprs une photographie.)                                    146

  Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat  la forme des
    habitations. (D'aprs une photographie.)                       147

  La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations romaines
    et byzantines. (D'aprs une photographie.)                     148

  Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indfiniment
    (page 148). (D'aprs une photographie.)                        149

  Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page 146).
    (D'aprs une photographie.)                                    150

  Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans; sur leur personne,
    pas de haillons (page 152). (D'aprs une photographie.)        151

  Ras-el-An. Deux jours se passent, mlancoliques, en ngociations
    (page 155). (D'aprs une photographie.)                        152

  J'ai laiss ma tente hors les murs devant Orfa. (D'aprs une
    photographie.)                                                 153

  Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'aprs
    une photographie.)                                             154

  Vue gnrale d'Orfa. (D'aprs une photographie.)                 155

  Porte arabe  Rakka (page 152). (D'aprs une photographie.)      156

  Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports dans le
    bac  force de bras (page 159). (D'aprs une photographie.)    157

  Bdouin. (D'aprs une photographie.)                             157

  Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes debout.
    (D'aprs une photographie.)                                    158

  Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent dans la cour
    et devant la piscine (page 157). (D'aprs une photographie.)   159

  Pont byzantin et arabe (page 159). (D'aprs une photographie.)   160

  Mausole d'Alif, orn d'une frise de ttes sculptes (page 160).
    (D'aprs une photographie.)                                    161

  Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs de Cyrrhus.
    (D'aprs une photographie.)                                    162

  Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille (page 165).
    (D'aprs une photographie.)                                    163

  L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
    corps de lgionnaires romains (page 160). (D'aprs une
    photographie.)                                                 163

  Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a remplac les
    premires habitations (page 166).                              164

  Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166). (D'aprs une
    photographie.)                                                 165

  Pre Maronite (page 168). (D'aprs une photographie.)            166

  Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
    (D'aprs une photographie.)                                    167

  Trappe de Checkhl: premires habitations des trappistes
    (page 166). (D'aprs une photographie.)                        168


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_


  Indignes hbridais de l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat. (D'aprs
    une photographie.)                                             170

  Une case de l'le de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'aprs
    une photographie.)                                             171

  Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat, prsente
    une rade magnifique. (D'aprs une photographie.)               172

  C'est  Port-Vila ou Franceville, dans l'le Vat, que la France
    a un rsident. (D'aprs une photographie.)                     173

  Dieux indignes ou Tabous. (D'aprs une photographie.)           174

  Les indignes hbridais de l'le Mallicolo ont un costume et
    une physionomie moins sauvages que ceux de l'le Pentecte.
    (D'aprs des photographies.)                                   175

  Pirogues de l'le Vao. (D'aprs une photographie.)               176

  Indignes employs au service d'un bateau. (D'aprs une
    photographie.)                                                 177

  Un sous-bois dans l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 178

  Un banquet de Franais  Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La colonie franaise de Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La rivire de Luganville. (D'aprs une photographie.)            180


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_


  Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
    (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         181

  La reine des cloches Tsar Kolokol (page 180). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 181

  Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
    dans les rues de Moscou (page 183).                            182

  Les paysannes en plerinage arrives enfin  Moscou, la cit
    sainte (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  183

  Une chapelle o les passants entrent adorer les icnes
    (page 183). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         184

  La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se dcouvrir
    (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        185

  Une porte du Kreml (page 185). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    186

  Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
    entourent la cit sainte (page 185). (D'aprs une photographie
    de M. J. Cahen.)                                               187

  Deux villes dans le Kreml: celle du XVe sicle, celle d'Ivan,
    et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
    (page 190).                                                    188

  Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses crneaux, ses tours aux
    toits aigus (page 183). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    189

  Tout prs de l'Assomption, les deux glises-soeurs se dressent:
    les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 189

   l'extrmit de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
    de ses clochers (page 184). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    190

  Du haut de l'Ivan Vliki, la ville immense se dcouvre (page 190).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    191

  Un des isvotchiks qui nous mnent grand train  travers les rues
    de Moscou (page 182).                                          192

  Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchs moscovites,
    entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent l
    leurs produits (page 195). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        193

  L'isvotchik a revtu son long manteau bleu (page 194). (D'aprs
    une photographie de M. J. Cahen.)                              193

  Itinraire de Moscou  Tomsk.                                    194

   ct d'une picerie, une des petites boutiques o l'on vend le
    kvass, le cidre russe (page 195). (D'aprs une photographie de
    M. J. Cahen.)                                                  195

  Et des Tatars offraient des toffes tales sur leurs bras
    (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         196

  Patients, rsigns, les cochers attendent sous le soleil de midi
    (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         197

  Une cour du quartier ouvrier, avec l'icne protectrice (page 196).
    (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)                     198

  Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
    relie la vieille ville  la nouvelle, la citadelle au march
    (page 204). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         199

  Le march tincelait dans son fouillis (page 195). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  200

  Dj la grande industrie pntre: on rencontre  Moscou des
    ouvriers modernes (page 195). (D'aprs une photographie.)      201

  Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    202

  Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent,  tous les
    tages, autour de grandes cours (page 196). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  203

  Le char funbre tait blanc et dor (page 194). (D'aprs une
    photographie.)                                                 204

   Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
    Tcherkesses (page 208). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        205

  Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand chle
    (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        205

  Nous avons travers le grand pont qui mne  la foire (page 205).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    206

  Au dehors, la vie de chaque jour s'talait, ple-mle, 
    l'orientale (page 207). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        207

  Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    208

  Dans les rues, les petits marchands taient innombrables
    (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         209

  Dans une rue, c'taient des coffres de toutes dimensions, peints
    de couleurs vives (page 206). (D'aprs une photographie de M.
    J. Cahen.)                                                     210

  Prs de l'asile, nous sommes alls au march aux cloches
   (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)          211

  Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques taient pendues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         211

  Dans une autre rue, les charrons avaient accumul leurs roues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         212

  Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchs
    des dbarcadres ou des stations (page 215). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  213

  Le Kreml de Kazan. C'est l que sont les glises et les
    administrations (page 214). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    214

  Sur la berge, des tarantass taient ranges (page 216). (D'aprs
    une photographie de M. Thibeaux.)                             215

  Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
    (page 213). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        216

   presque toutes les gares il se forme spontanment un petit
    march (page 222). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  217

  Dans la plaine (page 221). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    217

  Un petit fumoir, vitr de tous cts, termine le train
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        218

  Les migrants taient l, ple-mle, parmi leurs misrables
    bagages (page 226). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        219

  Les petits garons du wagon-restaurant s'approvisionnent
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        220

  migrants prenant leur maigre repas pendant l'arrt de leur train
    (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)           221

  L'ameublement du wagon-restaurant tait simple, avec un bel air
    d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222

  Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibrien.
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                223

  L'glise, prs de la gare de Tchliabinsk, ne diffre des isbas
    neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
    du Guide du Transsibrien.)                                  224

  Un train de constructeurs tait remis l, avec son wagon-chapelle
    (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)          225

  Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
    la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)      226

  Un point d'migration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
    Koulomzine.)                                                   227

  Enfants d'migrants (page 228). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    228

  Un petit march dans une gare du Transsibrien. (Photographie de
    M. Legras.)                                                    229

  La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isol (page 230).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    229

  Nous sommes passs prs d'une glise  clochetons verts (page 230).
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                230

  Tomsk a group dans la valle ses maisons grises et ses toits
    verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)              231

  Aprs la dbcle de la Tome, prs de Tomsk (page 230). (D'aprs
    une photographie de M. Legras.)                                232

  Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
    (page 232). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        233

  La cathdrale de la Trinit  Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         234

  Tomsk: en revenant de l'glise (page 234). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 235

  Tomsk n'tait encore qu'un campement, sur la route de l'migration
    (page 231). (D'aprs une photographie.)                        236

  Une rue de Tomsk, dfinie seulement par les maisons qui la bordent
    (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)                    237

  Les cliniques de l'Universit de Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         238

  Les longs btiments blancs o s'abrite l'Universit (page 237).
    (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.)           239

  La voiture de l'icne stationnait parfois (page 230). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 240

  Flneurs  la gare de Petropavlosk (page 242). (D'aprs une
    photographie de M. Legras.)                                    241

  Dans les valles de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
    (page 245). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        241

  Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'aprs une
    photographie.)                                                 242

  Les rivires roulaient une eau claire (page 244). (D'aprs une
    photographie.)                                                 243

  La ligne suit la valle des rivires (page 243). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 244

  Comme toute l'activit commerciale semble frle en face des eaux
    puissantes de la Volga! (page 248.) (D'aprs une photographie
    de M. G. Cahen.)                                               245

  Bachkirs sculpteurs. (D'aprs une photographie de M. Paul
    Labb.)                                                        246

   la gare de Tchliabinsk, toujours des migrants (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. J. Legras.)                    247

  Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
    (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)                     248

  Joie nave de vivre, et mlancolie.--un petit march du sud
    (page 250). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)         249

  Un russe dans son vtement d'hiver (page 249). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  250

  Dans tous les villages russes, une activit humble, pauvre de
    moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  251

  L, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)         252


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_


  Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
    promenade. (Photographie Alinari.)                             253

  Porte de la cathdrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        253

  Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
    San Salvatore. (D'aprs une photographie.)                     254

  La ville de Lugano descend en amphithtre jusqu'aux rives de son
    lac. (Photographie Alinari.)                                   255

  Lugano: faubourg de Castagnola. (D'aprs une photographie.)      256

  La cathdrale de Saint-Laurent: sa faade est dcore de figures
    de prophtes et de mdaillons d'aptres (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        257

  Saint-Roch: dtail de la fresque de Luini  Sainte-Marie-des-Anges
    (Photographie Alinari.)                                        258

  La passion: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260). (Photographie Alinari)                             259

  Saint Sbastien: dtail de la grande fresque de Luini 
    Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.)                260

  La madone, l'enfant Jsus et Saint Jean, par Luini, glise
    Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.)     261

  La Scne: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260).                                                    262

  Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
    (Photographie Alinari.)                                        263

  Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
    (D'aprs une photographie.)                                    264


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_


  Les quais sont anims par la population grouillante des Chinois
    (page 266). (D'aprs une photographie.)                        265

  Acteurs du thtre chinois. (D'aprs une photographie.)          265

  Plan de Shangha.                                                266

  Shangha est sillonne de canaux qui,  mare basse, montrent
    une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hlne
    de Harven.)                                                    267

  Panorama de Shangha. (D'aprs une photographie.)                268

  Dans la ville chinoise, les camelots sont nombreux, qui dbitent
    en plein vent des marchandises ou des lgendes extraordinaires.
    (D'aprs une photographie.)                                    269

  Le poste de l'Ouest, un des quatre postes o s'abrite la milice
    de la Concession franaise (page 272). (D'aprs une
    photographie.)                                                 270

  La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
    chinoise de Shangha (page 268).                               271

  Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
    l'arrive du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
    Harven.)                                                       271

  Une maison de th dans la cit chinoise. (D'aprs une
    photographie.)                                                 272

  Les brouettes, qui transportent marchandises ou indignes, ne
    peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
    (page 270). (D'aprs une photographie.)                        273

  La prison de Shangha se prsente sous l'aspect d'une grande cage,
     forts barreaux de fer. (D'aprs une photographie.)           274

  Le parvis des temples dans la cit est toujours un lieu de
    runion trs frquent. (D'aprs une photographie.)            275

  Les murs de la cit chinoise, du ct de la Concession franaise.
    (D'aprs une photographie.)                                    276

  La navigation des sampans sur le Ouang-P. (D'aprs une
    photographie.)                                                 277

  Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'aprs une photographie.)   277

  Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
    (D'aprs une photographie.)                                    278

  Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
    apparence (page 282).                                          279

  Les jeunes Chinois flnent au soleil dans leur Cit.
    (Photographies de Mlle H. de Harven.)                          279

  Sur les quais du Yang-King-Pang s'lvent des btiments, banques
    ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'aprs une
    photographie.)                                                 280

  Le quai de la Concession franaise prsente,  toute heure du
    jour, la plus grande animation. (D'aprs une photographie.)    281

  Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entre de la pagode. (D'aprs
    une photographie.)                                             282

  L'omnibus du pauvre (wheel-barrow ou brouette) fait du deux 
    l'heure et cote quelques centimes seulement. (D'aprs une
    photographie.)                                                 283

  Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'aprs une
    photographie.)                                                 284

  Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
    chinois de Tou-Ka-Dou. (D'aprs une photographie.)             285

  Chinoises de Shangha. (D'aprs une photographie.)               286

  Village chinois aux environs de Shangha. (D'aprs une
    photographie.)                                                 287

  Le charnier des enfants trouvs (page 280). (D'aprs une
    photographie.)                                                 288


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_


  L'cole maternelle de Hampton accueille et occupe les ngrillons
    des deux sexes. (D'aprs une photographie.)                    289

  Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'aprs une
    photographie.)                                                 289

  Booker T. Washington, le leader de l'ducation des ngres aux
    tats-Unis, fondateur de l'cole de Tuskegee, en costume
    universitaire. (D'aprs une photographie.)                     290

  Institut Hampton: le cours de maonnerie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 291

  Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 292

  Institut Hampton: le cours d'lectricit. (D'aprs une
    photographie.)                                                 293

  Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 294

  Le salut au drapeau excut par les ngrillons de l'Institut
    Hampton. (D'aprs une photographie.)                           295

  Institut Hampton: le cours de chimie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 296

  Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'aprs
    une photographie.)                                             297

  Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 298

  Institut Hampton: le cours de botanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 299

  Institut Hampton: le cours de mcanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 300


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan._


  Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
    (D'aprs une photographie.)                                    301

  Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'aprs une
    photographie.)                                                 301

  Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
    d'Astrabad  Kirman.                                           302

  Les femmes persanes s'enveloppent la tte et le corps d'amples
    toffes. (D'aprs une photographie.)                           303

  Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravag, une rivire
    presque  sec; au fond, des constructions  l'aspect de fortins.
    (D'aprs une photographie.)                                    304

  Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
    visits de l'Asie. (D'aprs une photographie.)                 305

  La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'aprs une
    photographie.)                                                 306

  Enfants nomades de la Perse orientale. (D'aprs une
    photographie.)                                                 307

  Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 308

  Les prparatifs d'un campement dans le dsert de Lout. (D'aprs
    une photographie.)                                             309

  Le dsert de Lout n'est surpass, en aridit, par aucun autre de
    l'Asie. (D'aprs une photographie.)                            310

  Avant d'arriver  Kirman, nous avions  traverser la chane de
    Kouhpaia. (D'aprs une photographie.)                          311

  Rien n'gale la dsolation du dsert de Lout. (D'aprs une
    photographie.)                                                 312

  La communaut Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
    souhaiter la bienvenue. (D'aprs une photographie.)            313

  Un marchand de Kirman. (D'aprs une photographie.)               313

  Le dme de Djabalia, ruine des environs de Kirman, ancien
    sanctuaire ou ancien tombeau. (D'aprs une photographie.)      314

   Kirman: le jardin qui est lou par le Consulat, se trouve  un
    mille au del des remparts. (D'aprs une photographie.)        315

  Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 316

  Les gardes indignes du Consulat anglais de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 317

  La plus ancienne mosque de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
   (D'aprs une photographie.)                                     318

  Membres des cheikhis, secte qui en compte 7 000 dans la province
    de Kirman. (D'aprs une photographie.)                         319

  La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
    mosques de Kirman. (D'aprs une photographie.)                320

  Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
    terrain de plaisance occup par des jardins. (D'aprs une
    photographie.)                                                 321

  Les environs de Kirman comptent quelques maisons de th. (D'aprs
    une photographie.)                                             322

  Une tour de la mort, o les Zoroastriens exposent les cadavres.
    (D'aprs une photographie.)                                    323

  Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
    Kirman. (D'aprs une photographie.)                            324

  Le Farma Farma. (D'aprs une photographie.)                    325

  Indignes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 325

  Carte du Makran.                                                 326

  Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupes autour
    d'un fort. (D'aprs une photographie.)                         327

  Des forts abandonns rappellent l'ancienne puissance du
    Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)                     328

  Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 329

  La passe de Fanoch, faisant communiquer la valle du mme nom et
    la valle de Lachar. (D'aprs une photographie.)               330

  Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 331

  Une halte dans les montagnes du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 332

  Baloutches du district de Sarhad. (D'aprs une photographie.)    333

  Un fortin sur les frontires du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 334

  Dans les montagnes du Makran:  des collines d'argile succdent
    de rugueuses chanes calcaires. (D'aprs une photographie.)    335

  Bureau du tlgraphe sur la cte du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 336

  L'oasis de Djalsk, qui s'tend sur 10 kilomtres carrs, est
    remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
    (D'aprs une photographie.)                                    337

  Femme Parsi du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)        337

  Carte pour suivre les dlimitations de la frontire
    perso-baloutche.                                               338

  Nous campmes  Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
    palmeraie. (D'aprs une photographie.)                         339

  C'est  Kouak que les commissaires anglais et persans s'taient
    donn rendez-vous. (D'aprs une photographie.)                 340

  Le sanctuaire de Mahoun, notre premire tape sur la route de
    Kouak. (D'aprs une photographie.)                             341

  Cour intrieure du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une
    photographie.)                                                 342

  Le khan de Klat et sa cour. (D'aprs une photographie.)         343

  Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.)     344

  Dans la valle de Kalagan, prs de l'oasis de Djalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             345

  Oasis de Djalsk: Des difices en briques abritent les tombes
    d'une race de chefs disparue. (D'aprs une photographie.)      346

  Indignes de l'oasis de Pandjgour,  l'est de Kouak. (D'aprs
    une photographie.)                                             347

  Camp de la commission de dlimitation sur la frontire
    perso-baloutche. (D'aprs une photographie.)                   348

  Campement de la commission des frontires perso-baloutches.
    (D'aprs une photographie.)                                    349

  Parsi de Yezd. (D'aprs une photographie.)                       349

  Une sance d'arpentage dans le Seistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 350

  Les commissaires persans de la dlimitation des frontires
    perso-baloutches. (D'aprs une photographie.)                  351

  Le delta du Helmand.                                             352

  Sculptures sassanides de Perspolis. (D'aprs une photographie.) 352

  Un gouverneur persan et son tat-major. (D'aprs une
    photographie.)                                                 353

  La passe de Buzi. (D'aprs une photographie.)                    354

  Le Gypsies du sud-est persan.                                    355

  Sur la lagune du Helmand. (D'aprs une photographie.)            356

  Couple baloutche. (D'aprs une photographie.)                    357

  Vue de Yezd, par o nous passmes pour rentrer  Kirman. (D'aprs
    une photographie.)                                             358

  La colonne de Nadir s'lve comme un phare dans le dsert.
    (D'aprs une photographie.)                                    359

  Mosque de Yezd. (D'aprs une photographie.)                     360


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_


  Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
    votes un peuple de divinits de pierre.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 361

  Emblme dcoratif (art khmer). (D'aprs une photographie.)       361

  Porte d'entre de la cit royale d'Angkor-Tom, dans la fort.
    (D'aprs une photographie.)                                    362

  Ce grand village, c'est Siem-Rap, capitale de la province.
    (D'aprs une photographie)                                     363

  Une chausse de pierre s'avance au milieu des tangs. (D'aprs
    une photographie.)                                             364

  Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
    montagne sacre. (D'aprs une photographie.)                   365

  Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'aprs une
    photographie.)                                                 366

  La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomtres de tour;
    c'est un long clotre. (D'aprs une photographie.)             367

  Trois dmes hrissent superbement la masse formidable du temple
    d'Angkor-Wat. (D'aprs une photographie.)                      367

  Bas-relief du temple d'Angkor. (D'aprs une photographie.)       368

  La fort a envahi le second tage d'un palais khmer. (D'aprs
    une photographie.)                                             369

  Le gouverneur rquisitionne pour nous des charrettes  boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    370

  La jonque du deuxime roi, qui a, l'an dernier, succd  Norodom.
    (D'aprs une photographie.)                                    371

  Le palais du roi,  Oudong-la-Superbe. (D'aprs une
    photographie.)                                                 371

  Sculptures de l'art khmer. (D'aprs une photographie.)           372


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_


  La petite ville de Petrozeny n'est gure originale; elle a, de
    plus, un aspect malpropre. (D'aprs une photographie.)         373

  Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'aprs une
    photographie.)                                                 373

  Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de l'auteur.          374

  Vendeuses au march de Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)   375

  La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
     Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)                      376

  C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois nous voyons
    des buffles domestiques. (D'aprs une photographie.)           377

  Montagnard roumain endimanch. (Clich Anerlich.)                378

  Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation modeste.
    (D'aprs une photographie.)                                    379

  Nous croisons des paysans roumains. (D'aprs une photographie.)  379

  Costume national de gala, roumain. (Clich Cavallar.)            380

  Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
    conserv leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.)   381

  Un rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    382

  Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et svres, sous
    le linge blanc. (D'aprs une photographie.)                    383

  En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'aprs une
    photographie.)                                                 384

  Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes sont
    dcores de paillettes multicolores.                           385

  Dans le village de Slanic. (D'aprs une photographie.)           385

  Roumaine du dfil de la Tour-Rouge. (D'aprs une photographie.) 386

  La petite ville d'Horezu est charmante et anime. (D'aprs une
    photographie.)                                                 387

  La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche,
    scintillante sous ses coupoles dores. (D'aprs une
    photographie.)                                                 388

  Une ferme prs du monastre de Bistritza. (D'aprs une
    photographie.)                                                 389

  Entre de l'glise de Curtea. (D'aprs une photographie.)        390

  Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme costume
    que les moines. (D'aprs une photographie.)                    391

  Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de Curtea.
    (D'aprs une photographie.)                                    392

  Au march de Campolung. (D'aprs une photographie.)              393

  L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig
    d'un sjour  Campolung. (D'aprs une photographie.)           394

  Dans le dfil de Dimboviciora. (D'aprs des photographies.)     395

  Dans les jardins du monastre de Curtea.                         396

  Sinaa: le chteau royal, Castel Pels, sur la montagne du mme
    nom. (D'aprs une photographie.)                               397

  Un enfant des Carpathes. (D'aprs une photographie.)             397

  Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
    (D'aprs une photographie.)                                    398

  Vue intrieure des mines de sel de Slanic. (D'aprs une
    photographie.)                                                 399

  Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des plus
    potiques. (D'aprs une photographie.)                         400

  Un coin de Campina. (D'aprs une photographie.)                  401

  Les villas de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                402

  Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'glise du Spiritou
    Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
    L'glise mtropolitaine.--L'Universit.--Le palais Stourdza.
    -- Un vieux couvent. -- (D'aprs des photographies.)           403

  Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et les
    htels de la ville. (D'aprs une photographie.)                404

  Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa. (D'aprs
    une photographie.)                                             405

  Une demeure princire de Sinaa. (D'aprs une photographie.)     406

  Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour les habitants
    de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                         407

  Slanic: un wagon de sel. (D'aprs une photographie.)             408


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._


   la kermesse.                                                   409

  Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.      409

  Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant,
    un joug sur les paules.                                       410

  Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
    demeure de haut en bas.                                        410

  Emplettes familiales.                                            411

  Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs
    grosses jupes.                                                 411

  Jeune mtayre de Middelburg.                                    412

  Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit
     un pont.                                                     412

  Une mre, songeuse, promenait son petit garon.                  413

  Une famille hollandaise au march de Middelburg.                 414

  Le march de Middelburg: considrations sur la grosseur des
    betteraves.                                                    415

  Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.    416

  Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit
    bonassement.                                                   417

  Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe.                417

  Le village de Zoutelande.                                        418

  Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches
    blanches.                                                      419

  Aussi comme on l'aime, ce home.                                  420

  Les filles de l'htelier de Wemeldingen.                         421

  Il se campe prs de son cheval.                                  421

  Je rencontre  l'ore du village un couple minuscule.            422

  La campagne hollandaise.                                         423

  Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen.      423

  Par tous les sentiers, des marmots se juchrent.                 424

  Le pre Kick symbolisait les gnrations des Nerlandais
    dfunts.                                                       425

  Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.               426

  L'une entonna une chanson.                                       427

  Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.             428

  Famille hollandaise en voyage.                                   429

  Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit.                   429

  Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs
    par de forts chevaux.                                          430

  La digue de Westkapelle.                                         431

  Les cluses ouvertes.                                            432

  Les petits garons rdent par bandes,  grand bruit de sabots
    sonores....                                                    433

  Jeune mre  Marken.                                             433

  Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
    peintres de tous les pays.                                     434

  Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites
    filles de Volendam font plaisir  voir.                        435

  Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.  436

  Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle,
     forme de salade renverse.                                 437

  Deux pcheurs accroupis au soleil,  Volendam.                   438

  Une lessive consciencieuse.                                      439

  Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.    440

  Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis.    441

  Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure
    personnelle.                                                   442

  Un commencement d'idylle  Marken.                               443

  Les petites filles sont charmantes.                              444


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_


  Le lac sacr d'Osiris, situ au sud-est de son temple, qui a t
    dtruit. (D'aprs une photographie.)                           445

  Sti Ier prsentant des offrandes de pain, lgumes, etc. (D'aprs
    une photographie.)                                             445

  Une rue d'Abydos. (D'aprs une photographie.)                    446

  Maison d'Abydos habite par l'auteur, pendant les trois premires
    annes. (D'aprs une photographie.)                            447

  Le prtre-roi rendant hommage  Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.)          448

  Thot prsentant le signe de la vie aux narines du roi Sti Ier
    (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une
    photographie.)                                                 449

  Le dieu Thot purifiant le roi Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris, mur sud). (D'aprs une photographie.) 450

  Vue intrieure du temple de Ramss II. (D'aprs une
    photographie.)                                                 451

  Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Sti Ier.
    (D'aprs une photographie.)                                    451

  Temple de Sti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due 
    Ramss II. (D'aprs une photographie.)                         452

  Temple de Sti Ier, mur est, montrant des scnes diverses du
    culte. (D'aprs une photographie.)                             453

  Table des rois Sti Ier et Ramss II, faisant des offrandes aux
    rois leurs prdcesseurs. (D'aprs une photographie.)          454

  Vue gnrale du temple de Sti Ier, prise de l'entre. (D'aprs
    une photographie.)                                             455

  Procession des victimes amenes au sacrifice (temple de
    Ramss II). (D'aprs une photographie.)                        456


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_


  Le bazar de Tackhent s'tale dans un quartier vieux et ftide.
    (D'aprs une photographie.)                                    457

  Un Kozaque de Djarghess. (D'aprs une photographie.)             457

  Itinraire de Tachkent  Prjevalsk.                              458

  Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  459

  Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 460

  Un contrefort montagneux borde la rive droite du tchou.
    (D'aprs une photographie.)                                    461

  Le bazar de Prjevalsk, principale tape des caravaniers de
    Viernyi et de Kachgar. (D'aprs une photographie.)             462

  Couple russe de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)           463

  Arrive d'une caravane  Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  464

  Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'aprs une
    photographie.)                                                 465

  Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'aprs une
    photographie.)                                                 466

  Le monument de Prjevalsky,  Prjevalsk. (D'aprs une
    photographie.)                                                 467

  Des ttes humaines, grossirement sculptes, monuments funraires
    des Nestoriens... (D'aprs une photographie.)                  467

  Enfants kozaques sur des boeufs. (D'aprs une photographie.)     468

  Un de nos campements dans la montagne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 469

  Monte du col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)           469

  Dans la valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)         470

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         470

  La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indignes. (D'aprs
    une photographie.)                                             471

  Au sud du col s'levait une blanche pyramide de glace. (D'aprs
    une photographie.)                                             472

  La valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              473

  Le col de Karaguer, valle de Tomghent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 474

  Sur le col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)              475

  J'tais enchant des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
    (D'aprs une photographie.)                                    475

  Le plateau de Saridjass, peu tourment, est pourvu d'une herbe
    suffisante pour les chevaux. (D'aprs une photographie.)       476

  Nous passons  gu le Kizil-Sou. (D'aprs des photographies.)    477

  Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'aprs une photographie.)   478

  Entre de la valle de Kachkateur. (D'aprs une photographie.)   479

  Nous baptismes Kachkateur-Tao, la pointe de 4 250 mtres que
    nous avions escalade. (D'aprs une photographie.)             479

  La valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.)               480

  Des Kirghizes d'Oustchiar taient venus  notre rencontre.
    (D'aprs une photographie.)                                    481

  Kirghize joueur de flte. (D'aprs une photographie.)            481

  Le massif du Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              482

  Rgion des Monts Clestes.                                       482

  Les Kirghizes mnent au village une vie peu occupe. (D'aprs
    une photographie.)                                             483

  Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
    glace. (D'aprs une photographie.)                            484

  Valle suprieure d'Inghiltchik. (D'aprs une photographie.)     485

  Valle de Kaende: l'eau d'un lac s'coulait au milieu d'une
    prairie maille de fleurs. (D'aprs une photographie.)        486

  Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangrent, avec leurs
    enfants, sur notre passage. (D'aprs une photographie.)        487

  Le chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)                488

  Nous salumes la valle de Kaende comme un coin de la terre des
    Alpes. (D'aprs une photographie.)                             489

  Femmes maries de la valle de Kaende, avec leur progniture.
    (D'aprs une photographie.)                                    490

  L'lment mle de la colonie vint tout l'aprs-midi voisiner
    dans notre campement. (D'aprs une photographie.)              491

  Un aoul kirghize.                                              492

  Yeux brids, pommettes saillantes, nez pat, les femmes de
    Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'aprs une photographie.) 493

  Enfant kirghize. (D'aprs une photographie.)                     493

  Kirghize dressant un aigle. (D'aprs une photographie.)          494

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         494

  Nous rencontrmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
    troupeau. (D'aprs une photographie.)                          495

  Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'taient, pour
    nous recevoir, assembls sur une minence. (D'aprs une
    photographie.)                                                 496

  Le glacier de Kaende. (D'aprs une photographie.)                497

  L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.                            498

  Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'aprs des
    photographies.)                                                498

  Kirghizes de Kaende. (D'aprs une photographie.)                 499

  Le pic de Kaende s'lve  6 000 mtres. (D'aprs une
    photographie.)                                                 500

  La fille du chirta (chef) de Kaende, fiance au kaltch de la
    valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.)                   501

  Le kaltch (chef) de la valle d'Irtach, l'heureux fianc de
    la fille du chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)     502

  Le glacier de Kaende.                                            503

  Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'aprs
    des photographies.)                                            503

  Retour des champs. (D'aprs une photographie.)                   504

  Femmes kirghizes de la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Un chef de district dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
    pyramide. (D'aprs une photographie.)                          506

  Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Clestes,
    emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'aprs une
    photographie.)                                                 507

  La valle de Zououka, par o transitent les caravaniers de Viernyi
     Kachgar. (D'aprs une photographie.)                         508

  Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du mme nom,
    frquent par les nomades qui se rendent  Prjevalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             509

  Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'aprs une photographie.)  510

  talon kirghize de la valle d'Irtach et son cavalier. (D'aprs
    une photographie.)                                             511

  Vhicule kirghize employ dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 511

  Les roches plisses des environs de Slifkina, sur la route de
    Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)                         512

  Campement kirghize, prs de Slifkina. (D'aprs une
    photographie.)                                                 513

  Femme kirghize tannant une peau. (D'aprs une photographie.)     514

  Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'aprs une photographie.)   515

  Tombeau kirghize. (D'aprs une photographie.)                    516


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_


  L'espoir des Fero se rendant  l'cole. (D'aprs une
    photographie.)                                                 517

  Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
    (D'aprs une photographie.)                                    517

  Thorshavn apparut, construite en amphithtre au fond d'un petit
    golfe.                                                         518

  Les fermiers de Kirkeboe en habits de fte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 519

  Les poneys feroens et leurs caisses  transporter la tourbe.
    (D'aprs une photographie.)                                    520

  Les dnicheurs d'oiseaux se suspendent  des cordes armes d'un
    crampon. (D'aprs une photographie.)                           521

  Des lots isols, des falaises de basalte ruines par le heurt
    des vagues. (D'aprs des photographies.)                       522

  On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
    environ 6 mtres. (D'aprs une photographie.)                  523

  Les femmes feroennes prparent la laine.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 524

  On sale les morues. (D'aprs une photographie.)                  525

  Feroen en costume de travail. (D'aprs une photographie.)       526

  Les femmes portent une robe en flanelle tisse avec la laine
    qu'elles ont carde et file. (D'aprs une photographie.)      527

  Dj mlancolique!... (D'aprs une photographie.)                528


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_


  Groupe de Brahmanes lecteurs franais. (D'aprs une
    photographie.)                                                 529

  Musicien indien de Pondichry. (D'aprs une photographie.)       529

  Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
    compliqu. (D'aprs une photographie.)                         530

  La visite du march est toujours une distraction utile pour le
    voyageur. (D'aprs une photographie.)                          531

  Indienne en costume de fte. (D'aprs une photographie.)         532

  Groupe de Brahmanes franais. (D'aprs une photographie.)        533

  La pagode de Villenour,  quelques kilomtres de Pondichry.
    (D'aprs une photographie.)                                    534

  Intrieur de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 535

  La Fontaine aux Bayadres. (D'aprs une photographie.)           536

  Plusieurs rues de Pondichry sont larges et bien bties.
    (D'aprs une photographie.)                                    537

  tang de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.)     538

  Brahmanes franais attendant la clientle dans un bazar.
    (D'aprs une photographie.)                                    539

  La statue de Dupleix  Pondichry. (D'aprs une photographie.)   540


UNE PEUPLADE MALGACHE

LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_


  Les populations souhaitent la bienvenue  l'tranger. (D'aprs
    une photographie.)                                             541

  Femme d'Ankarimbelo. (D'aprs une photographie.)                 541

  Carte du pays des Tanala.                                        542

  Les femmes tanala sont sveltes, lances. (D'aprs une
    photographie.)                                                 543

  Panorama de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)             544

  Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'aprs une
    photographie.)                                                 545

  Un partisan tanala tirant  la cible  Fort-Carnot. (D'aprs
    une photographie.)                                             546

  Enfants tanala. (D'aprs une photographie.)                      547

  Les hommes, tous arms de la hache. (D'aprs une photographie.)  548

  Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creus, et recouverts
    d'un drap. (D'aprs une photographie.)                         549

  Le battage du riz. (D'aprs une photographie.)                   550

  Une halte de partisans dans la fort. (D'aprs une
    photographie.)                                                 551

  Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)  552

  Les Tanala au repos perdent toute leur lgance naturelle.
    (D'aprs une photographie.)                                    553

  Une jeune beaut tanala. (D'aprs une photographie.)             553

  Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste lgant et souple.
    (D'aprs une photographie.)                                    554

  Le chant du e manenina,  Iaborano. (D'aprs une
    photographie.)                                                 555

  La rue principale  Sahasinaka. (D'aprs une photographie.)      556

  La danse est excute par des hommes, quelquefois par des femmes.
    (D'aprs une photographie.)                                    557

  Un danseur botomaro. (D'aprs une photographie.)                 558

  La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degr.
    (D'aprs des photographies.)                                   559

  Tapant  coups redoubls sur un long bambou, les Tanala en tirent
    une musique trange. (D'aprs une photographie.)               560

  Femmes tanala tissant un lamba. (D'aprs une photographie.)      561

  Le village et le fort de Sahasinaka s'lvent sur les hauteurs
    qui bordent le Faraony. (D'aprs une photographie.)            562

  Un dtachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
    (D'aprs une photographie.)                                    563

  Profil et face de femmes tanala. (D'aprs une photographie.)     564


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_


  Les murailles de Sfax, vritable dcor d'opra.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Carte de la rgion du Bou Hedma (sud tunisien).                  566

  Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'aprs
    une photographie.)                                             567

  L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
    fivre. (D'aprs une photographie.)                            568

  Le cirque du Bou Hedma. (D'aprs une photographie.)              569

  L'oued Hadedj sort d'une troite crevasse de la montagne.
    (D'aprs une photographie.)                                    570

  Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'annes.
    (D'aprs une photographie.)                                    571

  Un puits dans le dfil de Touninn. (D'aprs une photographie.)  571

  Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sdentaires, qui
    cultivent oliviers et figuiers. (D'aprs une photographie.)    572

  De temps en temps la fort de gommiers se rvle par un arbre.
    (D'aprs une photographie.)                                    573

  Le village de Mech; dans l'arrire-plan, le Bou Hedma. (D'aprs
    une photographie.)                                             574

  Le Khrangat Touninn (dfile de Touninn), que traverse le chemin
    de Bir Saad  Sakket. (D'aprs une photographie.)              575

  Le puits de Bordj Saad. (D'aprs une photographie.)              576


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_


  Aprs avoir crois des boeufs superbes.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 577

  Femme castillane. (D'aprs une photographie.)                    577

  On chemine  travers l'inextricable rseau des ruelles
    silencieuses. (D aprs une photographie.)                      578

  La rue du Commerce,  Tolde. (D'aprs une photographie.)        579

  Un reprsentant de la foule innombrable des mendiants de Tolde.
    (D'aprs une photographie.)                                    580

  Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entres monumentales
    d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              581

  Porte du vieux palais de Tolde. (D'aprs une photographie.)     582

  Fire et isole comme un arc de triomphe, s'lve la merveilleuse
    Puerta del Sol. (Photographie Lacoste,  Madrid.)              583

  Dtail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'aprs une
    photographie.)                                                 584

  Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              585

  Madrilne. (D'aprs une photographie.)                           586

  La porte de Visagra, construction massive remontant  l'poque
    de Charles Quint. (Photographie Lacoste,  Madrid.)            587

  Tympan mudejar. (D'aprs une photographie.)                      588

  Des familles d'ouvriers ont tabli leurs demeures prs de
    murailles solides. (D'aprs une photographie.)                 589

  Castillane et Svillane. (D'aprs une photographie.)             589

  Isabelle de Portugal, par le Titien (Muse du Prado).
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              590

  Le palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)        591

  Statue polychrome du prophte lie, dans l'glise de Santo Tom
    (auteur inconnu). (D'aprs une photographie.)                  592

  Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)  593

  Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
     Madrid.)                                                     594

  La cathdrale de Tolde.                                         595

  Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (glise Santo Tom).
    (D'aprs une photographie.)                                    596

  Le couvent de Santo Tom conserve une tour en forme de minaret.
    (D'aprs une photographie.)                                    597

  Les vques Mendoza et Ximns. (D'aprs une photographie.)      598

  Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
    (D'aprs une photographie.)                                    599

  Prise de Melilla (cathdrale de Tolde). (D'aprs une
    photographie.)                                                 600

  C'est dans cette pauvre demeure que vcut Cervants pendant son
    sjour  Tolde. (D'aprs une photographie.)                   601

  Saint Franois d'Assise, par Alonzo Cano, cathdrale de Tolde.  601

  Porte des Lions. (Photographie Lacoste,  Madrid.)               602

  Le clotre de San Juan de los Reyes apparat comme le morceau le
    plus prcieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
    espagnole. (Photographie Lacoste,  Madrid.)                   603

  Ornements d'glise,  Madrid. (D'aprs une photographie.)        604

  Porte due au ciseau de Berruguete, dans le clotre de la
    cathdrale de Tolde. (Photographie Lacoste,  Madrid.)        605

  Une torea. (D'aprs une photographie.)                           606

  Vue intrieure de l'glise de San Juan de Los Reyes.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              607

  Une rue de Tolde. (D'aprs une photographie.)                   608

  Porte de l'hpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     609

  Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste,  Madrid.)         610

  Escalier de l'hpital de Santa Cruz. (D'aprs une photographie.) 611

  Dtail du plafond de la cathdrale. (D'aprs une photographie)   612

  Pont Saint-Martin  Tolde. (D'aprs une photographie.)          613

  Guitariste castillane. (D'aprs une photographie.)               613

  La Casa consistorial, htel de ville. (D'aprs une
    photographie.)                                                 614

  Le patio des Templiers. (D'aprs une photographie.)            615

  Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille lgre.
    (D'aprs une photographie.)                                    616

  Un coin de la Mosque de Cordoue. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     617

  Chapelle de San Fernando, de style mudejar, leve au
    centre de la Mosque de Cordoue. (D'aprs une photographie.)   618

  La mosque qui fait la clbrit de Cordoue, avec ses dix-neuf
    galeries hypostyles, orientes vers la Mecque. (Photographie
    Lacoste,  Madrid.)                                            619

  Dtail de la chapelle de San Fernando. (D'aprs une
    photographie.)                                                 620

  Vue extrieure de la Mosque de Cordoue, avec l'glise
    catholique leve en 1523, malgr les protestations des
    Cordouans. (D'aprs une photographie.)                         621

  Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.)       622

  Statue de doa Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
    (D'aprs une photographie.)                                    623

  Dtail d'une porte de la mosque. (D'aprs une photographie.)    624







End of Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Croquis Hollandais, by Various

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CROQUIS HOLLANDAIS ***

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Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
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Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
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page at http://pglaf.org

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     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


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